• Inde episode 2 : Le Golden Temple


    Mardi 23 novembre 2008
    Nous quittons l'hôtel à midi et nous nous rendons au Golden Temple. Nous pédalons presque les yeux fermés car tout le monde nous guide vers le site (c'est dire la réputation). Lorsque nous arrivons, nous ne demandons rien mais comme si nous étions attendu, un grand Sikh nous guide vers un dortoir, met tout le confort à notre disposition et nous propose d'aller manger. Free ! Tout est Free, gratuit, nous n'avons rien à payer ?! Il y a quand même des boites à dons un peu partout où nous pouvons glisser quelques billets. En sortant du dortoir, nous entendons un vacarme assourdissant. Si c'est un groupe de percussions, ils ne sont pas vraiment en rythme. En fait, ce sont des personnes, toutes volontaires, qui lavent la vaisselle métallique. Nous suivons des gens et nous faisons comme eux. Ils tendent les 2 mains ouvertes, nous faisons de même et nous recevons une assiette, un gobelet et une cuillère. Dans une immense salle, nous nous asseyons par terre, en rang d'oignons, sur de longs longs longs tapis de jute. A peine assis, déjà des gens passent avec des seaux en inox, pleins de délicieux plats qu'ils nous jettent dans l'assiette. Pour le pain, nous devons tendre nos 2 mains ouvertes et le gars nous jette 2 chapatis en disant « Pechatal Waeguru ». Après mangé, nous devons suivre le ‘'troupeau'' et faire comme eux. Finalement c'est simple et très bien organisé.

    Le temple est magnifique ! Dans une enceinte carrée, bordée de grands bâtiments blancs, un grand plan d'eau et au milieu le temple presque entièrement recouvert d'or. Nous rencontrons des Sikhs très gentils, comme ces travailleurs volontaires qui recouvrent le temple de feuilles d'or. Ils nous offrent du thé et nous guident dans le musée des Sikhs. Ils nous racontent l'histoire de leur religion, leurs coutumes, la persécution qu'ils ont subit et des histoires incroyables comme ce guru qui s'est battu pendant 5 km avec sa tête coupée tenue dans l'une de ses mains. Ou encore le guru qui est resté plusieurs jours sous l'eau et est revenu à la surface, vivant et frais comme un gardon. Nous nous lions d'amitié pour un autre jeune sikh qui est électricien mais qui donne beaucoup de son temps libre pour le temple. Il nous fait visiter l'infrastructure, l'énorme pompe à eau et les filtres industriels pour potabiliser l'eau. La machine à chapatis conçue par des sikhs permet de fournir 15 000 pains à l'heure. Elle remplace l'ancienne machine de conception pakistanaise qui fournissait entre 5 000 et 7 000 chapatis par heure et avec un démarrage au diesel. La nouvelle a un démarrage électrique et la cuisson est au gaz, « c'est plus performant, plus écologique, moins bruyant et moins polluant » nous dit il très fier. Comme tout est gratuit, nous demandons en contre partie, s'il est possible d'aider. « bien sur, voulez-vous aider pour la vaisselle ? ». Nous nous retrouvons en moins de deux à la plonge en train de laver des centaines de couverts. Après cela, il se fait tard, nous sommes un peu fatigués mais nous suivons notre ami dans le temple pour une messe quotidienne importante, le moment où le livre sacré quitte le temple pour aller passer la nuit dans une autre pièce. C'est très impressionnant de voir tous ces gens se baisser et nettoyer le sol avec les mains juste avant l'arrivée du livre sacré, puis à son passage tout le monde crie, tape des pieds, des mains. Après la messe nous retournons au dortoir ou nous passons une mauvaise nuit à coté d'une américaine enrôlée dans une secte. Elle passe la nuit à se balancer au dessus du lit et à réciter des prières. Elle dort très peu et à chaque fois dans n'importe quelles positions.

    Lundi 24 novembre 2008, Wagah border (frontière indo-pakistanaise), la cérémonie du drapeau.

    Alice : ''Aujourd'hui, nous allons à la frontière pour voir cette fameuse cérémonie du drapeau. Après avoir dit au revoir à Reto, un charmant suisse, nous prenons un Rickshaw pour la gare routière. Cahin caha sur une route défoncée nous arrivons sur le parking des bus. Wagah border? Quai 17. Le bus est là, nous nous installons. Sous de nombreuses fenêtre, les bus ont des traces de vomis formant des lignes parallèles. Cela nous en dit long sur la façon de conduire des chauffeurs. C'est parti, le bus est rempli, il roule doucement et des gens grimpent et descendent en route. Le vendeur de billet arrive tout de même à se faufiler et faire payer tout le monde. Il sert aussi d'indicateur pour démarrer, un coup de sifflet et le chauffeur sans regarder ni à gauche ni à droite commence à rouler. Des passagers sont dehors et s'accrochent comme ils peuvent pour ne pas tomber. 15 roupies pour 30 km soit 15 cts d'euro. A Atari, nous prenons un nouveau rickshaw pour atteindre la frontière. Une fois arrivés, nous sommes assaillis par les commerçants qui veulent nous goinfrer de cochonneries, chips, soda, bonbons,... ou alors vente de cartes postales, DVD,... cela n'arrête pas. Il y a déjà beaucoup d'indiens qui attendent que les portes s'ouvrent afin de vite s'installer pour avoir la meilleure place.

    Le portail s'ouvre, une file pour les hommes une pour les femmes et c'est la fouille corporelle pour tout le monde. Je dois aller derrière des rideaux et on me palpe, vérifie le sac. Ensuite les indiens courent pour être aux premières loges. Il y a de grandes tribunes en béton, depuis quand datent-elles? Depuis quand et pourquoi existe cette cérémonie? Ce sont des questions qui me passent par la tête.

    Un policier nous dirige vers la tribune spéciale touristes. Refouille. Il y a aussi des gradins pour les VIP (very important people).

    Coté indiens, les tribunes sont pleines mais les femmes sont quand même séparées des hommes. Coté pakistanais, seulement un sixième est rempli. Mais, oh surprise, les femmes ont des habits colorés, ne portent pas forcement le voile. Quel changement après l'Iran et les Emirats Arabes Unis (où les femmes du pays sont majoritairement habillées en noir et voilées de la tête aux pieds). Nous finissons par regretter de n'avoir pas pu traverser ce pays qui, ont en est presque sûr, n'est pas plus dangereux que l'Iran.

    La fête commence. Coté indien, des jeunes filles, deux par deux courent chacune avec un drapeau. Toutes celles qui veulent courir se présentent devant les soldats et se mettent en file ... indienne bien sûr. Après 15 minutes de course, s'enchainent 10 minutes de danse où il n'y a que les femmes qui se déhanchent, sautent, lèvent les bras en l'air.

    Du coté pakistanais, les femmes n'ont pas cette chance, est-ce pour montrer que l'Inde est un pays plus libre qu'il y a cette exhibition? Puis des slogans sont scandés de chaque coté, la foule répète ce que dit le chauffeur de tribunes.

    Avec une symétrie parfaite entre les deux pays, les soldats se mettent désormais en ligne et vont d'un drôle de pas vers la bordure. Stop ! Ils lèvent haut la jambe, tapent du pied. Ils reviennent devant chaque tribune, puis un à un, chaque soldat officie près du portail tout en marchant vraiment bizarrement et en poussant des cris de bêtes ou d'homme de cro-magnon. Les premiers vont défaire la corde du drapeau et revenir, les deuxièmes vont enrouler celle-ci et revenir, les 3èmes vont descendre les drapeaux à la même vitesse, les 4ème claironnent et les 5ème emportent le présent, bras tendus en levant haut les jambes. Les soldats se serrent la main, les drapeaux sont bien descendus à la même vitesse. Des hourrahs des deux cotés !!! A la fin, on pouvait apercevoir que les tribunes pakistanaises étaient pleines!

    Mon impression est bizarre, tout cela pour ça. Une sorte de compétition sans l'être. Du patriotisme? Cela m'a fait penser à la garde britannique. Toujours est-il que pendant le spectacle, des terroristes pakistanais ont tiré à vu sur n'importe qui dans un hôtel chic de Bombay, faisant de nombreux morts et entretenant ainsi une éternelle tension politique entre l'Inde et le Pakistan, deux pays dotés d'armes nucléaires''.

    Nous repartons à pieds jusqu' à la ville pour reprendre le bus. Un rickshaw à moteur s'arrête pour nous demander si nous sommes intéressés pour retourner à Amritsar. Il nous demande 200, puis 100, puis 50 pour nous deux. OK! On s'installe a l'arrière, assis sur une fesse, pliés en deux, nous sommes 9 dans ce rickshaw grand comme une voiture sans permis. Nous sommes poursuivis par un autre rickshaw qui se fait un point d'honneur à être derrière nous coûte que coûte. Cela fait rire tout le monde. Dans notre pot de yaourt à moteur toutefois nous rions un peu jaune car le chauffeur semble dormir à poing fermé. Sa tête balance de gauche à droite, d'avant en arrière.

    On nous dépose à la gare, on donne 50 roupies et le gars nous dit qu'il n'est pas content. ''Va comprendre Charles''. On s'en va, on se perd dans la ville pour arriver une heure plus tard dans le temple. Le programme prévu est de manger puis dormir mais cela va se passer autrement.

    Alice : '' Voilà t'y pas que Cédric retrouve son copain d'hier et celui-ci l'embauche pour distribuer le pain béni à tous ceux qui mangent dans la grande cantine du temple qui ne désemplit jamais ! Le travail consiste à répéter devant chaque convive ''Perchatarl Vaeyguru'' et ces derniers tendent les deux mains. Ensuite le jeu consiste à lancer de haut les chapatis dans le creux des mains. 15 minutes plus tard, ils ressortent, direction le temple d'or. On reste dedans à écouter les chants religieux accompagnés de tablas. On s'endormirait presque et pour ma part, je pense au lit. 21h15, on dit enfin au revoir au copain qui aurait bien aimé que nous restions jusqu'à la mise au lit du livre sacré mais nous voulons, nous aussi, sacrément nous mettre au lit.''



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