• Inde Episode 8 : Le debut d’annee 2009 et la fin du voyage en Inde

     

    Du 1er au 13 janvier 2009

    Cédric : ''Début d'année tranquille où je reprends doucement des forces après la pneumonie. A la fin du lourd traitement antibiotique, l'infection dans les poumons a été détruite, mais aussi les résistances naturelles dont je m'étais  progressivement paré tout au long du voyage. 2 jours après le traitement, la reprise d'une alimentation normale et indienne m'a provoqué une très forte diarrhée. J'ai donc droit à un nouveau traitement antibiotique accompagné d'un régime alimentaire spécial que me cuisine notre famille d'accueil".
    Nous passons le plus clair de notre temps avec Deepou et Neetou (diminutif de Navdeep et Navneet). Elles nous conduisent au grand temple de Nanakmata, l'un des plus fameux temples de la religion Sikh. Il est dédié au Gourou Nanak, le premier des 10 Gourous, le onzième étant incarné par le livre sacré. Voici comment se passe la visite quotidienne au temple : Nous devons d'abord nous déchausser et nous laver les mains avant d'entrer, puis à de nombreuses reprises, nous devons nous incliner au pied de chaque marche, au pas de chaque porte, devant chaque religieux et bien sûr devant le petit lit ou repose le livre sacré. Ce recueil des saintes écritures est d'après les Sikhs, vivant et donc traité comme tel. C'est pourquoi, chaque matin, le livre est transporté dans son trône de jour et chaque soir il va se reposer dans son lit. Toute la journée, un religieux est assis en tailleur derrière le Saint livre et récite les textes sacrés. Il est accompagné par deux autres religieux assis à coté du trône et de profil par rapport à l'entrée principale du temple. Ils chantent, jouent des tablas et de l'harmonium et la musique est diffusée à 2 km à la ronde grâce à de puissants haut-parleurs situés au sommet du temple. Après s'être courbé devant et derrière le livre et les religieux, nous sortons par une porte sur le coté. Là, un autre Sikh, distribue au creux de nos mains tendues, un genre de pâte sucrée et huileuse qui n'est pas mauvaise et dont les enfants redemandent volontiers. Derrière le bâtiment principal du temple se situe un grand plan d'eau carré dans lequel nagent paisiblement des carpes de toutes tailles. Nous allons nous tremper les pieds et certains courageux vont jusqu'à se baigner tout entier. Evidemment cette eau sacrée purifie le corps et l'esprit. En repartant du temple, nous devons nous retourner régulièrement et nous incliner autant de fois qu'à l'arrivée. Le 5 janvier à lieu une fête très importante pour les Sikhs. C'est la fête du 5ème Gourou et à cette occasion, le Livre Sacré va faire une sortie en public. Un camion spécial ressemblant à la papamobile mais en plus décoré et couvert de guirlandes de fleurs va transporter ce 11ème Gourou dans les rues du village. Avant son passage et dès le petit matin, tout l'itinéraire est nettoyé. La route est passée au jet d'eau haute pression, puis juste devant le véhicule du Gourou, encadré par les soldats de l'armée sainte, des centaines de Sikh balayent le chemin. Pendant un très court instant, nous ne reconnaissons plus le village de Nanakmata tellement les rues sont propres. Malheureusement, au passage du Dieu Livre, la distribution de nourriture refait des saletés et tous les stands sur le bord de la route distribuant gratuitement les litres de thé dans des gobelets en plastique feront que le soir et pendant deux jours, ces tas de plastiques seront incinérés sur place. Cette fête est l'occasion de montrer la richesse et la force de la religion Sikh. Les enfants des écoles et les étudiants défilent dans les rues en présentant des costumes ou des fanfares. Des soldats de l'armée du Gourou se livrent à des démonstrations de combat. Montrant leur force et leur maniement des armes classiques comme le sabre ou le bâton, mais aussi des armes peu ordinaires comme ces anneaux métaliques au bord tranchant ou cette épée souple de 6 mètres de long, maniée comme un fouet.

    La fête passée, nous retournons au Gourdouara. Nos liens se resserrent aussi avec ces braves gens que nous côtoyons tous les jours dans le temple. Lorsque nous ne mangeons pas chez Deepou et Neetou, nous prenons nos repas dans la cantine et c'est presque toujours Bapou qui nous sert. Il est très fier de nous, lorsqu'on lui répète un nouveau mot en Penjabi. Il aime aussi quand on l'appel Bapou ce qui signifie ''grand-père''.

    Alice : ''De voir Cédric manger à la cantine réconforte tout le monde car lorsqu'il était malade cloîtré dans la chambre, je devais constamment rassurer les inquiétudes de Bapou et des autres''.

    Cédric : ''Quelques jours avant notre départ, Navneet a dû retourner dans son lycée catholique et les deux petites soeurs et le petit frère dans leur école. L'oncle Saab Singh qui devait aussi repartir pour son travail de chauffeur routier m'a mis autour du poigné l'anneau métallique qu'il portait depuis au moins 25 ans. Ce bracelet en acier est l'un des symboles du peuple Sikh et dans le cas présent ce cadeau est d'une très grande valeur puisqu'il signifie que Saab Singh me considère désormais comme son frère''.

     

    Le 11 janvier au petit matin, avec l'aval de mes médecins, nous nous préparons à quitter Nanakmata pour commencer un nouveau voyage. Bapou nous sert notre dernier repas au temple. ''Vaheguru Perchata'' et nous tendons une dernière fois nos mains pour recevoir le pain qu'il nous donne. Cela nous fait bizarre de vider cette chambre où nous nous sommes fixés pendant presque un mois. Avant de partir définitivement du temple, nous allons dans le village et ramenons des sucreries très appréciés par les Sikhs, faites à base de lait et de sucre. Enfin, nous partons du temple. Tout le monde est venu nous voir redécoller y compris les voisins qui ont été mis au courant rapidement. En partant nous nous arrêtons bien évidemment dire au revoir à Deepou, sa grand-mère ainsi que son deuxième oncle. C'est un moment difficile pour tous, surtout pour la grand-mère qui nous appréciait beaucoup et qui, presque aveugle, va se retrouver seule lorsque Deepou sera partie à son tour à l'école et son oncle également chauffeur routier, au travail. Elle pleure et nous ne savons comment la consoler. Peut-on affirmer que nous reviendrons ?

    Finalement nous partons le coeur gros, direction Katima où nous allons aussi saluer notre médecin Rajkumar. Il rentre un peu tard chez lui et nous invite à rester une nuit. Nous passons une agréable soirée dans sa petite famille. Il nous passe le film des dents de la mer et nous explique qu'il a lui aussi deux petits requins bonzaï dans son aquarium.

    Le lendemain matin, nous appelons Deepou pour savoir si elle est bien retournée dans son lycée. Elle nous répond que non et qu'en plus ce soir c'est la fête de Lori, une fête familiale et que par conséquent toute la famille sera présente, exceptée Neetou qui reste coincée dans son lycée catholique. Evidemment, nous sommes les bienvenus. Rajkumar ne comprend plus rien. A l'instant nous le serrions dans nos bras et faisions nos adieux et maintenant, nous lui disons à demain car nous retournons à Nanakmata. Au village, c'est la surprise générale, après les adieux de la veille, nous revoici. Nous passons la journée en famille à préparés la fête du soir. Des plats spéciaux sont préparer à base de riz et de canne à sucre. A la tombée de la nuit, un grand feu de bouses séchées brule dans la cour et toute la famille avec quelques voisins se réchauffent autour du foyer. Sahab Singh est revenu lui aussi et aide des jeunes à l'installation d'une sono. Ils ont récupéré une vieille enceinte et un lecteur DVD tout cassé qu'ils branchent au cul de l'ampoule. En Inde, pas besoin de prise. Même dans la maison, tout est branché en mettant directement les fils dans les prises électriques. Ce système fait des étincelles mais fonctionne. Dès que la musique résonne dehors, une bande de garçon vient danser et nous demande sans cesse de faire comme eux. Ils sont assez énervants et la grand-mère qui a une autorité suprême nous fait assoir à coté d'elle, nous tient par le bras et nous met sous sa protection. La nuit est courte et nous dormons tous dans la maison. Certains dorment par terre et d'autres comme la grand-mère et nous, dorment sur des lits simples mais très confortables que l'on appel ''char paille'', ce qui veut dire 4 pieds. C'est un simple cadre sur lequel on a réalisé un filet très tendu, le tout sur 4 pieds.

     

    13 janvier 2009  Le vrai départ vers le Népal

    Après le petit déjeuner en famille, nous refaisons nos adieux et cette fois ci pour de bon. Nous repassons chez Rajkumar qui insiste pour que nous prenions un deuxième petit déjeuner, puis nous quittons l'Inde. Le passage de la douane indienne est assez aisé. Le fonctionnaire se fout de tout et n'aime pas les gens pressés qui posent trop de questions. Le passage de douane népalaise est autrement plus compliqué. Les roupies indiennes que nous avions mises de coté pour payer nos visas se voient refusées par les deux fonctionnaires complices. Ils nous demandent de payer en dollars. Nous insistons pour payer en roupies et nous leur demandons de quel droit deux français doivent utiliser la monnaie américaine entre le Népal et l'Inde. Pendant 2 heures nous essayons de les faire craquer. Nous les informons que nous n'avons pas d'autre moyen de paiement et que nous resterons dormir sur place jusqu'à ce qu'ils acceptent. Finalement, ils acceptent des euros. Mais cette option ne nous convient pas non plus. Nous avons heureusement un billet de 100 € qui nous restait de notre réserve de l'Iran, mais ces deux voleurs utilisent un vieux taux de change ou l'euro ne vaut que 90 roupies alors qu'il est actuellement à plus de 100. Ils nous font détester cet endroit et nous donnent une très mauvaise première image du Népal. Finalement, pour une fois, c'est nous qui craquons et on leur laisse notre billet de  100 euros. Nous payons 41 euros un visa d'un mois qui coûte en réalité 40 dollars. Ils se mettront 1400 roupies dans les poches ce qui, au Népal, est une grosse somme. Nous rencontrerons par la suite de nombreuses personnes qui ont eu le même problème, et des népalais désolés pour l'image que ces fonctionnaires corrompus donne de leur pays.

    Toujours est-il que nous sommes désormais au Népal et que ceci est un autre chapitre.

     

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