• Malaisie Episode 4 : En route vers Kuala Lampur, on retrouve les cyclo-cool

    Du 26 avril au 2 mai (210 km)

    Après une journée passée à Jerantut afin de remettre à jour le blog et notamment tout le récit sur la Thaïlande, nous reprenons notre route au milieu d'infinies plantations de palmiers à huile. En soirée, nous arrivons dans la ville de Mantakab. Un journaliste nous prend en photo alors que nous sommes dégoulinants de sueur et complètement épuisés par la chaleur. Une journaliste chinoise ne tarde pas à apparaître et elle souhaite vivement une entrevue avec nous et nos étranges vélos. Dans une boutique de développement photo, elle nous pose des questions sur notre voyage. Nous sommes contents de lui répondre et surtout nous mettons vraiment l'accent sur ce que l'on ressent en pédalant au milieu des palmiers. Nous lui dressons le portrait de notre mode de vie et de nos valeurs, en insistant sur le fait qu'elles sont partagées par de plus en plus de citoyens de la planète, concernés par les changements climatiques et les atteintes à l'environnement. Elle prend bien notes de tout et nous signale au passage qu'elle travaille pour un journal diffusé dans la communauté chinoise de Thaïlande, Malaisie, Indonésie et Myanmar. Du coup nous espérons, que notre article, touchera un large public qui ne se sent, jusqu'à maintenant, pas très concerner par leur avenir et celui de la planète.

    Le soir nous allons faire un petit tour sur internet, dans un cyber-café immense avec plus de 100 PC, connectés à Internet avec des adolescents jouant tous au même jeu de guerre. Le boucan est infernal, on finit notre heure avec beaucoup de difficulté. Incroyable, pendant cette heure d'Internet, nous recevons plusieurs mails des cyclo-cools qui nous expliquent qu'ils sont sur la route vers Kuala Lampur et que ce soir ils sont dans un grand cyber café plein de gamins qui jouent à des jeux de guerre. Nous faisons le tour des ordinateurs mais, apparemment, ils sont ailleurs en ville. Nous leur renvoyons un message de rendez-vous sans savoir s'ils le liront. En allant manger au marché nocturne, nous croisons enfin le couple cyclo-cool. Nous nous donnons rendez-vous le lendemain matin à l'aube et c'est ainsi que nous pédalons ensemble jusqu'à Kuala Lampur, sur une route au milieu des ... palmiers, bien sur!

    Devinette : Qui a bien pu installer les immenses panneaux de publicité au bord des routes avec le slogan ''nous remettons du vert sur la Terre''?
    Réponse : évidemment ce sont ces enfoirées et criminelles sociétés de plantations de palmiers.

    Deuxième devinette : Sur notre route nous croisons une entreprise qui se nomme ''Environnement Forêt''. Qu'est ce qu'elle peut bien faire ? Quel est son business ?
    Réponse : c'est tout simplement une entreprise d'abattage. Elle ferait bien de revoir son nom. Quelque chose du genre ''environnement feu la forêt''.

    ''Cédric : L'étape du jour de notre arrivée à Kuala Lampur aurait pu être très agréable. Nous avons trouvé une route peu empruntée, serpentant, dans des petites montagnes encore boisées. Il y a des côtes difficiles mais quel plaisir de pouvoir respirer la verdure et pas les pots d'échappement. La matinée se passe pour le mieux jusqu'à ce que la chaîne de mon vélo casse !!! BBRRRRRHHHHH Casser la chaîne en pleine côte à 30 km de l'arrivée, en pleine cambrousse !!! Ce n'est pas très grave, je me dis que je vais pouvoir inaugurer mon nouveau dérive chaîne acheté en Thaïlande. A peine j'enlève le maillon cassé que c'est le dérive chaîne tout neuf qui casse !!! GGGRRRRRR !!!!!! LA JE CRAQUE et je m'emporte PUT.... DE VELO DE MER... CA ME FAIT CH... C'EST LA JE SAIS PAS COMBIENTIEME FOIS DEPUIS LA THAILANDE MAIS LA J'EN AI RAZ LE C..!!!!!!! Alice essaye de me calmer même si elle est d'accord sur le fait qu'on a que des soucis avec mon vélo. Au delà de l'usure normale des pièces, ce vélo a la poisse !!! Casse du support des tubes de la chaîne, casse du cadre sous le siège, usure hyper prématurée des gaines qui passent dans le cadre, le tube avant qui s'est mis à tourner alors qu'on était en Allemagne, les freins qui étaient pourris dès le début du voyage et qui ont définitivement cassé au Népal !!! Des fois, j'ai l'impression d'être parti faire le tour du monde sur un vélo de course tout léger. Est-ce qu'un vélo de supermarché vingt fois moins cher n'aurait pas été mieux ? Sérieusement, je me pose la question !

    Sur cette route où il n'y a personne, à part le soleil et nous, je médite, assis en tailleur au pied de ma carcasse de vélo et j'attends que l'insolation vienne. Soudain on entend un véhicule qui arrive. C'est un 4x4 avec deux mecs dedans. Alice arrête le véhicule et demande aux gars de me déposer quelque part ou je vais pouvoir demander de l'aide, en attendant, elle reste surveiller les vélos. 5 km plus loin, je retrouve Jean-Christian et Emilie qui s'étaient arrêtés demander leur chemin. Je leur emprunte leur dérive chaîne et j'explique la situation. De retour avec Alice, je recommence le travail, mais l'énervement me fait faire des erreurs, je tords le maillon. Ce n'est vraiment pas du boulot. Tant pis, ça tiendra le temps que ça tiendra. Toutefois, je préfère ne pas pédaler dans les côtes trop raides, pour éviter de recasser tout de suite. Alors je pousse le vélo sur une poignée de kilomètres, au moment le plus chaud de la journée. Dans la grande descente qui suit, mon frein arrière fait un bruit horrible et ne freine plus du tout car j'ai oublié de le dire, mais dans l'ascension du col précédent, une vibration m'a alerté et j'ai bien fait d'y regarder tout de suite car c'était l'étrier de mon frein arrière qui était complètement dé-serré. En pleine descente, le frottement sur quelques centaines de mètres a chauffé le disque et l'étrier, nous sommes obligés de nous arrêter et d'attendre que cela refroidisse avant d'y toucher. GGGRRRRRR !!!! Nous sommes complètement épuisés lorsque nous arrivons à Kuala Lampur. Pour économiser le bricolage de la chaîne qui ne va pas tenir longtemps, je me fais remorquer par Alice. Comme vous pouvez imaginer, c'est un peu dangereux avec le trafic de la capitale, mais c'est toujours mieux que de pousser le vélo. Au passage d'un tunnel sous une route, en remontant tout seul la petite côte qui suit, Alice qui est devant moi, aperçoit Emilie et Jean-Christian au loin. Elle part en trombe et moi, juste à ce moment, je casse la chaîne dont le maillon se prend dans le dérailleur avant, qui se tord et vient se poser sur le petit plateau. Un éclair déchire le ciel. Un coup de tonnerre suit et soudain : le déluge. Je me fais rincer comme il faut et je finis par rejoindre les autres qui ont réussi à se mettre à l'abri, avant que le ciel ne leur tombe sur la tête. Pendant une demie accalmie, je fais demi-tour sur 3OO mètres car nous avions cru voir un magasin de cycle. Effectivement, un vieux chinois vend des vélos. En deux coups de pinces dérive chaîne ''made in Japan'', il me remet la chaîne en ligne.''

    Notre séjour à Kuala Lampur dure 3 jours et c'est largement suffisant. Après le choc, devant les grandes tours, les paillettes, le luxe des grands shopping malls et le train aérien monorail, nous sommes vite lassés. Les deux plus grandes tours jumelles, symboles et fierté du pays, sont le siège social de Petronas ''pollution & co'', probablement la plus grosse industrie pétrolière du Sud Est asiatique. En allant faire un tour dans les immenses temples de la consommation, nous regrettons vite cette idée de sortie culturelle et quelle n'est pas notre angoisse chlostrophobique quand nous ne trouvons plus la sortie de cette immense bâtisse. Plus tard, en visitant une maison du chocolat, nous réalisons que c'est Pâques, alors pour nous remonter le moral, nous achetons ¼ de tablette (car c'est très cher) de chocolat blanc et noir, que nous dégustons tout de suite. Le maître chocolatier s'est formé en France.

    Nous partageons une chambre avec Emilie et Jean-Christian dans une guest house où le personnel est étrange et les clients plus que bruyants et irrespectueux. Nous n'aurons pas pu passer une nuit tranquille, à cause d'une bande de jeunes anglais et australiens se comportant insolemment, pire qu'une bande d'adolescents livrés à eux même. Nous avons même passé une nuit dans le couloir à attendre qu'ils se calment. Ils ont bu comme des trous et l'un d'eux, en pleine nuit, s'est amusé à voler un taxi et à rouler dans la ville alors qu'il était complètement bourré. Ce comportement en Malaisie pourrait le conduire à la prison, ce qui montre le degré d'intelligence de ce garçon et de ses compagnons. Il faut attendre 6h du matin pour voir la plupart de ces jeunes gens plier leur sac à dos et partir à l'aéroport, en laissant derrière eux, une guest-house en ruine et enfin calme. Ce qui nous énerve le plus, c'est de voir à quel point, les gérants ont été tolérants avec ces touristes venus du bout du monde, en avion, juste pour se bourrer la gueule et fumer, dans un pays musulman où l'alcool et la drogue sont plutôt réprimés sévèrement voire mortellement. Quand à nous et notre nuit blanche, aucun geste de compréhension de la part de la direction. Il faudra insister et insister et insister jusqu'à ce que notre harcèlement les fasse craquer et qu'il nous offre une nuit moitié prix. Ce qui en vérité n'est pas grand chose.

     

     

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