• On pédale à 6

    En pleine Roumanie nous rencontrons Bruno, Valérie, Elie et Marie. On pédale ensemble encore aujourd'hui !
    Voici nos dernières journées de bicyclettes :

    Vendredi 18 juillet 2008
    Après une courte nuit dans ce camping Roumain, on fait un petit tour dans la ville pour trouver de quoi manger. Il y a encore des gens qui viennent nous voir en nous faisant le signe de l'argent avec les mains et nous demande des euros.

    Sur la route vers le Sud-Est de Timisoara, nous sommes complètement effarés par la quantité de déchets sur les bords de route. Il y a franchement de TOUT et surtout du n'importe quoi. Le pire c'est qu'environ 80% de ces déchets pourrait être facilement recyclé (bouteilles en plastique, en verre, tetrapack, cannettes en acier ou en alu). Amis ambassadeurs de tri, venez faire un tour en Roumanie, il y a du boulot !
     

    Un nouveau phénomène inauguré aujourd'hui : Les routes goudronnées qui laissent soudainement la place à des pistes de terre plutôt Rock'n Roll. En quittant la grande route pleine d'auto, nous ne pensions pas arriver là. Ce qui est marqué comme une route moyenne sur notre carte devient à partir de la petite ville de Tormac un chemin de terre. En arrivant dans la ville, une quinzaine de gamins nous accueillent. Ils nous suivent en vélo ou à pied et s'amusent beaucoup à nous voir sur nos drôles d'engins. Quand nous voyons les pancartes avec la « route » à suivre, on pense qu'il y a erreur. On demande aux enfants, puis aux adultes, tout le monde nous indique le même chemin. Les enfants nous escortent pendant 2 km sur cette piste en nous promettant que le village prochain est goudronné (seulement le village). Après avoir salué et remercier tout le monde, nous nous sommes séparés. Les enfants sont retournés chez eux, et nous montons le campement sur des chaumes avec les Carpates à l'horizon.

     

    Samedi 19 juillet 2008 (70 km)

    L'asphalte en pointillés.
    Après une nuit tranquille sous une pluie continue, nous démarrons la journée sur le chemin le plus défoncé du voyage. Grâce au relief de plus en plus marqué, les grandes mono-cultures de maïs sont de plus en plus rares et la nature devient de plus en plus intéressante. De grandes étendues de prairies, avec des bergers qui mènent leur troupeau, des paysans qui stockent le foin sous forme de meules (un savoir-faire disparu de France depuis que tout le monde presse le foin en bottes carrées ou rondes). La très faible mécanisation agricole semble laisser la nature et la biodiversité prospérer en paix. MAIS, l'omniprésence de déchets d'emballage, l'incinération des ordures et du plastique dans les villages les plus reculés où la collecte n'est pas organisée, les décharges sauvages un peu partout, finissent par tout polluer. C'est vraiment dommage pour le pays, pour les enfants qui grandissent là dedans, pour la planète.

    Aujourd'hui, près d'une ancienne ferme d'Etat, où (on le rappel) l'agriculture appartenait plus au secteur industriel qu'au secteur primaire, nous nous sommes aperçu que rien n'avait changé. De nouveaux bâtiments industriels subventionnés par l'Europe (c'est écrit dessus), fabriquent de la volaille ! Toute la filière est présente. Il y a un grand bâtiment où des poules entassées fabriquent des oeufs, un autre bâtiment où l'on fabrique de la viande de poulet et un autre grand bâtiment neuf où l'on fabrique des poussins.

    Quelques kilomètres plus tard, juste avant de quitter la route bitumée pour une nouvelle portion de terre, nous passons à coté d'une iiimmmense décharge. l'odeur est abominable ! à l'entrée, une maison et des gens qui viennent nous regarder passer.

    Le soir nous trouvons un campement perché à flan de colline surplombant un village. Loin des routes, nous pensons être tranquille, mais la Roumanie n'est pas la France ou l'Allemagne, et même loin des voitures, nous avons eu la visite d'un berger et d'un homme avec des chevaux.

    Dimanche 20 juillet (61 km)

    Même en essayant de partir tôt (8h30), nous souffrons vite de la chaleur. A midi nous décidons de manger à l'ombre d'un arbre, puis d'y faire une sieste. Cette dernière sera écourtée par la visite d'un jeune Tzigane qui nous racontera quand il est venu vivre en Roumanie avec sa famille à l'age de treize ans puis, comment il a acheté sa voiture 200 euros à un Lyonnais (la voiture est toujours immatriculée en France mais dans la Marne, pas du tout la région de Lyon). Nous avons croisé plusieurs voitures françaises en Roumanie, mais à chaque fois, les conducteurs étaient de purs Roumains. On se demande s'il n'y a pas un trafic de voitures volées la dessous... Bref, nous reprenons la route plus tôt que prévu et sous les grandes chaleurs. Rejoindre le Danube ne se fait pas sans peine et nous perdons beaucoup d'eau pendant la grande côte de 10 km où des gens s'arrêtent pour nous photographier (on aurait cru une étape de montagne du tour de France, mais en vélos couchés).
    A destination, la petite ville de Moldova Noua ne nous semble pas très accueillante, avec ses barres de HLM partout, on a déjà vu mieux. Toutefois en s'arrêtant boire boire boire dans un café, nous rencontrons Ioan, un roumain qui parle très bien Français car il a travaillé en France dans des carrières, près de Lyon. Il se propose de nous héberger, ce que nous acceptons volontier. Avec sa soeur, son Beau-frère et son neveu, nous passons un bon moment agréable à boire et discuter. Nous apprenons beaucoup sur la Roumanie (Histoire, culture, guerre, ...). Nous visitons le coin et nous allons boire un coup dans un bar situé sur les hauteurs, la vue sur le danube et le couché de soleil est splendide !

    Nous passons une nuit assez perturbée chez Ioan car dehors, dans la rue, des meutes de chiens errants se battent. On entend hurler, japper toute la nuit.
    Alice "En parlant de chien, Il y a un problème avec le vélo de Cédric. depuis hier, les chiens sont devenus comme fous en le voyant. Nous n'avons jamais eu de problèmes avec eux et aujourd'hui nous avons (enfin surtout Cédric), subit 3 attaques ! Les chiens semblent en vouloir personnellement à Cédric. Pourquoi ? est-ce une odeur ? un bruit ? une hormone ?"

     

    Lundi 21 Juillet (17 kms)

    Aujourd'hui c'est la fête, nous rencontrons d'autres voyageurs ! A Baya en Hongrie, nous avions rencontré Bruno et Valérie qui voyageaient dans la même direction que nous. Eux sont passés en Serbie, nous, directement en Roumanie. On s'est donné rendez-vous dans cette petite ville et nous nous y retrouvons comme prévu avec en plus Elie et Marie, deux autres Français qui suivent le Danube à vélo pendant les vacances. Nous passons tous les 6 de bons moments et le soir nous campons sur le bord du Danube.

     

    mardi 22 juillet (80 km)

    Après une nuit d'orage, nous passons la journée sous un ciel plus que couvert avec une petite bruine qui nous rafraichit beaucoup par rapport à la canicule de la veille. Nous suivons ce qui sera dans quelques années la GRANDE route touristique de Roumanie, actuellement en travaux. Le Danube coule dans une vallée très encaissée et profonde où la forêt tente de s'accrocher aux parois rocheuses. Le paysage est magnifique bien qu'un peu bouché par les nuages bas qui s'accrochent aux montagnes. Comme nous roulons tous les 6 à des rythmes différents, nous nous donnons rendez-vous dans un village pour le soir. Lorsque nous arrivons, nous nous retrouvons autour d'une bonne bière dans un bistrot, puis on cherche un endroit pour camper. Finalement on trouve une bonne place au bord du Danube grâce à la police des frontières. On passe une excellente soirée sur une plate forme en compagnie d'un fameux pêcheur et des 2 policiers. On essaye de raconter des blagues en Anglais. La pluie ne s'arrête pas de la nuit et cesse seulement au petit matin. 

     

    mercredi 23 juillet (63 km)

    Le temps est meilleurs le matin. On s'arrête tous les 6 sur un pont pour la photo souvenir devant la gigantesque sculpture de l'empereur Dercebal sur une falaise. Puis nous bicyclons gaiement tous les 6 le long du Danube en pensant aux célèbres thermes de Herculane. L'après-midi le temps se gâte sérieusement et la pluie tombe fort alors que nous cherchons désespérément les fameuses thermes Romaines. Nous pensions trouver de grandes thermes, dans de grands bâtiments, avec de grands bassins ! mais en fait la célèbre therme se trouve, d'après les nombreux renseignements que nous avons collectés et selon ce que nous avons pu en voir, sous un pont où passe les voitures, au bord d'une rivière, au pied d'une falaise. Un peu perplexe devant ce que nous pensions être de gigantesques thermes, nous retournons en ville et trouvons finalement d'autres bassins, dehors, au bord de la rivière. Très rudimentaires, petits, mais conviviaux, des bassins en béton recueillent de l'eau provenant d'une source chaude jaillissant au fond d'un tunnel de 200 mètres environ. Equipés de nos lampes frontales, nous sommes allés au fond de ce trou, mais nous n'y sommes pas restés longtemps car c'est un vrai hammam naturel.
    Après le hammam, le bain. Et après le bain, le bistrot, et après le bistrot, le bivouac planté ce soir à coté d'un stade de foot tranquille au bord de la ville.

    Les chiens ont cessé leurs attaques, le problème venait très probablement des freins à disque avant du vélo de Cédric. Mal réglés, ils devaient produire un son désagréable pour les chiens.

     

    Jeudi 24 juillet (94 km)

    Grosse journée. Nous nous rendons compte que rouler en vélo couché n'est pas très compatible avec des vélos debouts. D'une part nous sommes chargés comme des mulets (les plus chargés des voyageurs), et ensuite, le vélo couché va plus vite dans les descentes donc on peut rouler avec le reste du groupe. Mais dans les montées, on roule très largement moins vite. Pendant que les vélos debouts roulent à 15 km/h en côte, nous sommes à 7km/h. Nous sommes par conséquent toujours à la traine alors que l'on fourni plus d'effort car roulant moins vite, on pédale plus longtemps. C'est assez frustrant.

    Aujourd'hui le temps est chaud à très chaud. Pour nous réhydrater nous prenons tous les 6 une bonne bière avant le campement dans une forêt infestée de moustiques. Après la canicule du jour, nous avons droit à l'orage de la nuit.

    Fait marquant : partout où nous pédalons en Roumanie, nous voyons des chiens errants. Solitaires ou en meutes, ils trainent autour de nous dès que nous nous arrêtons casser la croute.
    Cédric : "Depuis que j'ai réglé mes freins avant pour ne plus me faire agresser par les chiens, ça va mieux mais maintenant, ce sont les chevaux qui réagissent à mon vélo. Dès que je croise une charrette (et elles sont nombreuses) le cheval s'emballe et traine l'attelage dans le fossé. C'est assez gênant."

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