• Retour Thaïlande Episode 1 : Retour express

    Du 15 au 17 mai 2009 (85km)

    Le passage de la frontière est assez désagréable. Tout le monde porte un masque à cause de l'angoisse de la grippe du cochon. On nous promène de guichet en guichet car à notre insu, nous devenons acteurs d'un reportage de propagande pour la télé thaïlandaise. Le policier que l'on voyait complètement avachi sur sa chaise, s'est réveillé à la demande des journalistes. Les voitures qui traversaient la frontière sans contrôle particulier, se sont vues soudainement fouillées de fond en comble. Avec d'autres braves gens, nous avons été mis en ligne derrière un guichet, le temps des prises vidéo. Ce spectacle nous a bien fait rire. Ensuite, comme nous passons la frontière avec des vélos, on ne peut pas dire que nous soyons piétons, mais on ne peut pas dire non plus que nous soyons automobilistes. Par conséquent, aucun douanier ne veut prendre la responsabilité de tamponner nos passeports. Finalement, en insistant lourdement sur un vieux grincheux, ça marche quand même. Nous voici dans la ville frontière.

    Le passage d'un camion citerne aspergeant la route et les trottoirs de désinfectant, a bien failli nous arroser aussi. Nous avons eu le réflexe de tourner dans une ruelle. Du coup, nous avons fait une promenade dans ce gros bordel. Car en vérité, il ne faut pas croire ce que disent les affiches. Toutes les boutiques de cette ville frontière ne sont pas des karaokés. Le nom karaoké sert juste à masquer le gros bordel de derrière. Toute la ville est comme ça, pleine de bordels principalement à destination des gens qui viennent de Malaisie.

    Nous fuyons cet endroit pour nous réfugier bien vite dans un hôtel de la ville d'après. Nous arrivons juste à temps avant le déluge. Pas vraiment le choix, entre un hôtel à prostituées et un hôtel ultra-sécurisé. On n'a jamais vu une parano pareille. Nos passeports sont confisqués, il y a des caméras partout qui nous filment même dans l'obscurité. Pour entrer dans l'hôtel, il y a un digicode. Dans la chambre, il y a un balcon protégé de l'extérieur par de vrais barreaux de prison.

    Alice : ''Notre deuxième jour de retour en Thaïlande, nous pédalons jusqu'à Hat Hay. Une fois dans les murs de la ville, la chaîne de Cédric recasse pour la énième fois. Heureusement, à trois rues d'ici, il y a un réparateur de vélo. Manque de chance pour nous, il s'agit d'un chinois mal aimable, qui ne veut pas nous aider en invoquant une raison simple, il n'a pas de matériel. Après avoir un peu insisté, il nous trouve comme par miracle un dérive-chaîne. Mais il faut l'acheter à un prix exorbitant, non négociable alors que c'est exactement la même pacotille que celle qui a cassé en Malaisie. Il nous prend vraiment pour des Charlots! Nous mettons la chaîne dans un sac plastique et nous allons à la gare. Il reste deux places en troisième classe pour Bangkok, c'est parfait pour nous. Le train est à 15h.''

    Le train thaïlandais en troisième classe, c'est une expérience inoubliable. Assis sur une planche, avec un dossier du même matériau bien fixé à l'équerre, le confort! Et c'est parti pour 19h de train, accompagnés d'une paire d'alcooliques et d'un moine bouddhiste aux allures de vieux gangster. Les alcooliques picolent comme des trous et le moine fume comme un pompier alors que c'est interdit dans le wagon! Va comprendre Charles!

    Les 2 saoulots piquent des crises de nerf et pissent leurs bières par la fenêtre ou par la porte grande ouverte pendant que le train roule! Quand le train les secoue trop fort, ils gueulent après les vaches dehors, comme si c'était de leur faute. Un couple de lesbiennes est assis en face de nous, l'une des deux filles a la tignasse qui prend feu à cause du retour de mégot de l'un des ivrognes. Tout le wagon observe les deux gugusses en espérant qu'ils finissent par tomber du train ou s'endormir. Finalement, le coma éthylique les emporte. Ouf, un long sommeil va nous débarrasser d'eux jusqu'au petit matin. Pendant leur sommeil profond, il y en a un qui bave dans ses bottes. L'autre rentre ses pieds dans le ventre de son copain. Dans la nuit les deux filles descendent du train. Elles sont remplacées par un garçon tout fin et très efféminé et puis un gros bonhomme qui prend toute la place. La nuit, pour autant vous dire fut assez courte. Le gros monsieur d'en face remue tout le temps sans parvenir à trouver une position confortable. Il essaye de se faire tout petit mais vu sa corpulence, ce n'est pas évident. Il s'achète à manger et jette tous les emballages par la fenêtre, non!!! Hélas, il n'est pas le seul presque tout le monde fait cela! Le cauchemar! En France, heureusement, cette habitude se perd. Les sacs plastiques se font plus rares. Ici tout est suremballé, les petits sacs sont mis dans des plus grands et ainsi de suite. Gaspillage et pollution vont de paire. Quand nous refusons des sacs, les gens sont soit surpris, soit nous remercient.

     

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