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sur le blog de
Portrait de Planète
C'est ici que vous pourrez suivre
le voyage de
Cédric et Alice.
Vous y trouverez des photos, des vidéos, des sons, le carnet de route des voyageurs et surtout de nombreuses informations sur ceux qui luttent un peu partout dans le monde pour la préservation de l'environnement
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Bedaurinde, nia blogo estas en franca, tamen, vi povas vidi kelkajn bildojn. Post la voyagxo, ni provos skribi libron esperante pri nia historio
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Du 26 avril au 2 mai (210 km)
Après une journée passée à Jerantut afin de remettre à jour le blog et notamment tout le récit sur la Thaïlande, nous reprenons notre route au milieu d'infinies plantations de palmiers à huile. En soirée, nous arrivons dans la ville de Mantakab. Un journaliste nous prend en photo alors que nous sommes dégoulinants de sueur et complètement épuisés par la chaleur. Une journaliste chinoise ne tarde pas à apparaître et elle souhaite vivement une entrevue avec nous et nos étranges vélos. Dans une boutique de développement photo, elle nous pose des questions sur notre voyage. Nous sommes contents de lui répondre et surtout nous mettons vraiment l'accent sur ce que l'on ressent en pédalant au milieu des palmiers. Nous lui dressons le portrait de notre mode de vie et de nos valeurs, en insistant sur le fait qu'elles sont partagées par de plus en plus de citoyens de la planète, concernés par les changements climatiques et les atteintes à l'environnement. Elle prend bien notes de tout et nous signale au passage qu'elle travaille pour un journal diffusé dans la communauté chinoise de Thaïlande, Malaisie, Indonésie et Myanmar. Du coup nous espérons, que notre article, touchera un large public qui ne se sent, jusqu'à maintenant, pas très concerner par leur avenir et celui de la planète.
Le soir nous allons faire un petit tour sur internet, dans un cyber-café immense avec plus de 100 PC, connectés à Internet avec des adolescents jouant tous au même jeu de guerre. Le boucan est infernal, on finit notre heure avec beaucoup de difficulté. Incroyable, pendant cette heure d'Internet, nous recevons plusieurs mails des cyclo-cools qui nous expliquent qu'ils sont sur la route vers Kuala Lampur et que ce soir ils sont dans un grand cyber café plein de gamins qui jouent à des jeux de guerre. Nous faisons le tour des ordinateurs mais, apparemment, ils sont ailleurs en ville. Nous leur renvoyons un message de rendez-vous sans savoir s'ils le liront. En allant manger au marché nocturne, nous croisons enfin le couple cyclo-cool. Nous nous donnons rendez-vous le lendemain matin à l'aube et c'est ainsi que nous pédalons ensemble jusqu'à Kuala Lampur, sur une route au milieu des ... palmiers, bien sur!
Devinette : Qui a bien pu installer les immenses panneaux de publicité au bord des routes avec le slogan ''nous remettons du vert sur la Terre''?
Réponse : évidemment ce sont ces enfoirées et criminelles sociétés de plantations de palmiers.
Deuxième devinette : Sur notre route nous croisons une entreprise qui se nomme ''Environnement Forêt''. Qu'est ce qu'elle peut bien faire ? Quel est son business ?
Réponse : c'est tout simplement une entreprise d'abattage. Elle ferait bien de revoir son nom. Quelque chose du genre ''environnement feu la forêt''.
''Cédric : L'étape du jour de notre arrivée à Kuala Lampur aurait pu être très agréable. Nous avons trouvé une route peu empruntée, serpentant, dans des petites montagnes encore boisées. Il y a des côtes difficiles mais quel plaisir de pouvoir respirer la verdure et pas les pots d'échappement. La matinée se passe pour le mieux jusqu'à ce que la chaîne de mon vélo casse !!! BBRRRRRHHHHH Casser la chaîne en pleine côte à 30 km de l'arrivée, en pleine cambrousse !!! Ce n'est pas très grave, je me dis que je vais pouvoir inaugurer mon nouveau dérive chaîne acheté en Thaïlande. A peine j'enlève le maillon cassé que c'est le dérive chaîne tout neuf qui casse !!! GGGRRRRRR !!!!!! LA JE CRAQUE et je m'emporte PUT.... DE VELO DE MER... CA ME FAIT CH... C'EST LA JE SAIS PAS COMBIENTIEME FOIS DEPUIS LA THAILANDE MAIS LA J'EN AI RAZ LE C..!!!!!!! Alice essaye de me calmer même si elle est d'accord sur le fait qu'on a que des soucis avec mon vélo. Au delà de l'usure normale des pièces, ce vélo a la poisse !!! Casse du support des tubes de la chaîne, casse du cadre sous le siège, usure hyper prématurée des gaines qui passent dans le cadre, le tube avant qui s'est mis à tourner alors qu'on était en Allemagne, les freins qui étaient pourris dès le début du voyage et qui ont définitivement cassé au Népal !!! Des fois, j'ai l'impression d'être parti faire le tour du monde sur un vélo de course tout léger. Est-ce qu'un vélo de supermarché vingt fois moins cher n'aurait pas été mieux ? Sérieusement, je me pose la question !
Sur cette route où il n'y a personne, à part le soleil et nous, je médite, assis en tailleur au pied de ma carcasse de vélo et j'attends que l'insolation vienne. Soudain on entend un véhicule qui arrive. C'est un 4x4 avec deux mecs dedans. Alice arrête le véhicule et demande aux gars de me déposer quelque part ou je vais pouvoir demander de l'aide, en attendant, elle reste surveiller les vélos. 5 km plus loin, je retrouve Jean-Christian et Emilie qui s'étaient arrêtés demander leur chemin. Je leur emprunte leur dérive chaîne et j'explique la situation. De retour avec Alice, je recommence le travail, mais l'énervement me fait faire des erreurs, je tords le maillon. Ce n'est vraiment pas du boulot. Tant pis, ça tiendra le temps que ça tiendra. Toutefois, je préfère ne pas pédaler dans les côtes trop raides, pour éviter de recasser tout de suite. Alors je pousse le vélo sur une poignée de kilomètres, au moment le plus chaud de la journée. Dans la grande descente qui suit, mon frein arrière fait un bruit horrible et ne freine plus du tout car j'ai oublié de le dire, mais dans l'ascension du col précédent, une vibration m'a alerté et j'ai bien fait d'y regarder tout de suite car c'était l'étrier de mon frein arrière qui était complètement dé-serré. En pleine descente, le frottement sur quelques centaines de mètres a chauffé le disque et l'étrier, nous sommes obligés de nous arrêter et d'attendre que cela refroidisse avant d'y toucher. GGGRRRRRR !!!! Nous sommes complètement épuisés lorsque nous arrivons à Kuala Lampur. Pour économiser le bricolage de la chaîne qui ne va pas tenir longtemps, je me fais remorquer par Alice. Comme vous pouvez imaginer, c'est un peu dangereux avec le trafic de la capitale, mais c'est toujours mieux que de pousser le vélo. Au passage d'un tunnel sous une route, en remontant tout seul la petite côte qui suit, Alice qui est devant moi, aperçoit Emilie et Jean-Christian au loin. Elle part en trombe et moi, juste à ce moment, je casse la chaîne dont le maillon se prend dans le dérailleur avant, qui se tord et vient se poser sur le petit plateau. Un éclair déchire le ciel. Un coup de tonnerre suit et soudain : le déluge. Je me fais rincer comme il faut et je finis par rejoindre les autres qui ont réussi à se mettre à l'abri, avant que le ciel ne leur tombe sur la tête. Pendant une demie accalmie, je fais demi-tour sur 3OO mètres car nous avions cru voir un magasin de cycle. Effectivement, un vieux chinois vend des vélos. En deux coups de pinces dérive chaîne ''made in Japan'', il me remet la chaîne en ligne.''
Notre séjour à Kuala Lampur dure 3 jours et c'est largement suffisant. Après le choc, devant les grandes tours, les paillettes, le luxe des grands shopping malls et le train aérien monorail, nous sommes vite lassés. Les deux plus grandes tours jumelles, symboles et fierté du pays, sont le siège social de Petronas ''pollution & co'', probablement la plus grosse industrie pétrolière du Sud Est asiatique. En allant faire un tour dans les immenses temples de la consommation, nous regrettons vite cette idée de sortie culturelle et quelle n'est pas notre angoisse chlostrophobique quand nous ne trouvons plus la sortie de cette immense bâtisse. Plus tard, en visitant une maison du chocolat, nous réalisons que c'est Pâques, alors pour nous remonter le moral, nous achetons ¼ de tablette (car c'est très cher) de chocolat blanc et noir, que nous dégustons tout de suite. Le maître chocolatier s'est formé en France.
Nous partageons une chambre avec Emilie et Jean-Christian dans une guest house où le personnel est étrange et les clients plus que bruyants et irrespectueux. Nous n'aurons pas pu passer une nuit tranquille, à cause d'une bande de jeunes anglais et australiens se comportant insolemment, pire qu'une bande d'adolescents livrés à eux même. Nous avons même passé une nuit dans le couloir à attendre qu'ils se calment. Ils ont bu comme des trous et l'un d'eux, en pleine nuit, s'est amusé à voler un taxi et à rouler dans la ville alors qu'il était complètement bourré. Ce comportement en Malaisie pourrait le conduire à la prison, ce qui montre le degré d'intelligence de ce garçon et de ses compagnons. Il faut attendre 6h du matin pour voir la plupart de ces jeunes gens plier leur sac à dos et partir à l'aéroport, en laissant derrière eux, une guest-house en ruine et enfin calme. Ce qui nous énerve le plus, c'est de voir à quel point, les gérants ont été tolérants avec ces touristes venus du bout du monde, en avion, juste pour se bourrer la gueule et fumer, dans un pays musulman où l'alcool et la drogue sont plutôt réprimés sévèrement voire mortellement. Quand à nous et notre nuit blanche, aucun geste de compréhension de la part de la direction. Il faudra insister et insister et insister jusqu'à ce que notre harcèlement les fasse craquer et qu'il nous offre une nuit moitié prix. Ce qui en vérité n'est pas grand chose.
Publié par alice.cedric à 06:37:14 dans Avant de partir | Commentaires (0) | Permaliens
Voici le récit du Népal. Nous l'avons un peu résumé pour essayer de récupérer le retard que nous accumulons depuis plusieurs mois. Il y a quand même des choses à lire, alors...
... bonne lecture.
Du 13 au 22 janvier 2009 Sur la route au Sud du Népal
Pour commencer notre traversée du pays qui compte les plus hauts sommets de la planète, nous sommes restés plusieurs jours sur une route on ne peut plus plate. Après notre mauvaise impression lors du passage de la frontière avec les deux fonctionnaires corrompus, nous avons eu la bonne surprise de constater que la plupart des népalais se déplacent en vélos, à pied, en Bus et en moto. Nous pouvons enfin respirer avec toutefois quelques apnées dans les villes et villages où l'incinération du plastique est toujours à la mode. Nous voyons souvent des bus pleins à craquer avec tellement de passagers pendus aux portes du véhicule que celui ci est prêt de basculer. Un jour, nous avons même vu un bus commencer un ''deux roues'' en nous doublant. Parfois, quand ce ne sont pas des gens ou des marchandises sur le toit, nous voyons des troupeaux de chèvres. Sur cette unique route asphaltée au sud du pays, les seuls gros 4x4 que nous voyons sont ceux de l'Organisation des Nations Unis. Ces gros véhicules blancs, flambant neufs montrent un peu avec quelle arrogance les pays puissants traitent les autres soi-disant ''sous-développés''. Bien que ne respectant aucun code de la route, les autochtones dans leur camion ou leur bus, roulent moins vite et freinent pour laisser passer les vaches ou les vélos. A l'inverse, les gros 4x4 de l'ONU se croient tout permis, ou bien très important, ou bien sur le Paris-Dakar, toujours est-il qu'ils roulent comme des tarés et que plusieurs fois nous avons été très prêts de sortir de la route à cause d'eux. Si au moins, nous avions pu voir des réalisations concrètes, ou bien un réel travail engagé auprès de la population. Malheureusement, comme la plupart des népalais à qui nous avons demandé que faisait les nations unis dans leur pays, nous commençons à croire qu'ils ne font rien d'autre que brûler du pétrole dans leur tout terrain climatisés. A katmandou, nous avons rencontré par hasard des européens qui travaillent à l'ONU. Nous leur avons demandé quels étaient les gros chantiers de l'ONU en ce moment au Népal. La réponse est : ''nous sommes en train de rédiger une constitution pour le nouveau gouvernement Maoïste''. Autrement dit, ils grattent du papier et pour trouver l'inspiration, ils se promènent dans des voitures qui consomment 15 litres au cent.
Excusez nous pour ce jugement un peu négatif sur l'utilité des Nations Unis au Népal. Peut-être que de simples économies sur les véhicules et quelques réalisations concrètes pleines de bon sens, auraient suffit à tempérer notre point de vue. Nous nous sommes parfois demandé si le passage quotidien de ces 4x4 ne servaient pas justement à caché le fait que les Nations Unis sont inutiles.
Sur cette route nous essayons de camper et lorsque nous sentons que l'endroit n'est pas très sur, nous trouvons un hôtel. Finalement, même dans les toutes petites villes nous trouvons facilement de quoi loger. A condition bien sur de ne pas être trop exigeant du point de vue confort et hygiène. Plusieurs fois nous avons dû nous contenter de repaires d'alcooliques où les murs de chambres ne sont que de simples planches ajourées, des lits trop petits, en bois, sans matelas et avec du vomit séché. Des cadavres de bouteilles de whisky où de bière sont généralement cachés sous les lits. Pour 100 roupies la nuit soit 1 euro nous pensons qu'il ne faut pas être trop exigeants. Mais nous nous trompons. Notre rencontre avec un jeune guide de la réserve naturelle de Bardia nous ouvre les yeux. Pour 150 roupies nous pouvons loger dans une petite maisonnette individuelle très propre et très confortable. Dans la salle de bains commune, nous pouvons même demander un seau d'eau chaude sans avoir à payer de suppléments. Bref, le luxe pour 1,50 euro.
Le Parc naturel de Bardia
Après un Noël très tranquille à cause de la pneumonie, nous décidons de nous offrir une petite visite dans le parc. Pas question d'y aller en jeep ou bien à dos d'éléphants, nous y allons à pied, encore la meilleure façon de découvrir la nature. A part un rhinocéros, de nombreux cervidés, un crocodile et quelques touristes, la jungle nous a semblé bien vide. Le guide est également très inquiet et surtout très pessimiste. Arrêtés en fin de matinée dans un mirador, il nous explique qu'il y a quelques années, nous aurions pu voir de nombreux vautours de races différentes. Malheureusement nous n'en avons vu qu'un seul. L'explication de cette tragédie est maintenant reconnue et réside dans un changement de pratique paysanne au sein de l'élevage des vaches. Au Népal comme en Inde, la vache est sacrée et par conséquent pas consommée. Par contre, elles donnent du lait. Et pour obtenir plus de lait, tout le monde ou presque injecte régulièrement des produits vétérinaires toxiques. La production de lait augmente mais la viande devient toxique et lorsque les vaches meurent, elles sont traditionnellement transportées au bord du chemin à l'extérieur des villages où leur carcasse se fait dévorer par les vautours. Des analyses sur ces derniers ont révélé la présence massive du produit injecté dans les vaches. Il nous explique aussi que malgré la protection armée dans le parc, le peu de tigres qui restent est menacé par le braconnage, l'empoisonnement la consanguinité ou encore l'absence de proie qui serait entre autre la cause d'un manque de tigre. Cela s'est déjà vu par le passé lorsque les cerfs n'avaient plus de prédateurs, leur population à augmenté sans limite jusqu'à ce qu'une maladie survienne et les tue presque jusqu'au dernier.
En repartant du parc de Bardia, la route alterne entre jungle et villages toujours surpeuplés. Comme il y a du monde toujours partout, il est extrêmement difficile de planter la tente sans se faire repérer. Même enfoncé dans la jungle, il y a toujours des gens qui se promènent, des femmes qui ramassent du bois, des enfants qui accompagnent les troupeaux de chèvres. Les hôtels étant très sales et bruyants, nous ne ratons pas une occasion de dormir dans notre tente. Un soir nous quittons la route, traversons plusieurs bras d'un petit ruisseau pour nous retrouver sur le plus beau terrain de camping du voyage. Des zones de pâture nous offrent un vrai gazon anglais sur une surface complètement plate sur les rives du ruisseau. Loin de la route et de tous villages, nous sommes tranquilles et à part quelques enfants qui nous contemplent toute la soirée puis le lendemain matin dès la première heure, il n'y a personne pour nous déranger.
3 jours plus tard, une autre nuit de camping dans la jungle s'est transformée en véritable cauchemar les yeux grands ouverts. Alors que nous étions sur la route à la tombée d'une nuit sans lune, nous avons mis à profit le seul moment où personne n'était en vue pour tourner discrètement dans la jungle. Sous le couvert des arbres, nous traversons un troupeaux de vaches sans gardien et nous nous installons loin de la route et loin de tout. La proximité avec des animaux sauvages nous fait définitivement moins peur que les hommes et nous sommes rassurés. Soudain, en début de nuit, des coups de feu résonnent dans la jungle. 2 coups lointains et un troisième beaucoup plus près. Dans cette nuit sans lune, loin de toute ville, en plein coeur de la jungle népalaise au pied des montagnes, la peur nous envahie. Qui peut bien chasser en pleine nuit ? Dans la réserve de Bardia, le guide nous a dit que des paysans font du trafic d'animaux et les tuent pour les manger ou les revendre au marché noir. Nous sommes terrorisés, cloîtrés au fond de notre tente. Que se passera-t'il si ces brigands armés viennent à nous trouver ? et s'ils tirent dans le noir sans voir les cibles et que nous faisons du bruit qui trahisse notre présence ? Pendant la nuit, personne ne circule sur la route au loin. Nous entendons encore des coups de fusils. Nous ne bougeons plus, notre respiration s'arrête et nous gardons les yeux ouverts jusqu'au petit matin en espérant que l'obscurité nous cache de ces inconnus armés.
Après cette nuit blanche, nous arrivons à Butwal, une ville au Sud du Népal. D'ici nous tournons à gauche et prenons le cap plein Nord vers les montagnes. Une première longue longue longue et difficile ascension nous mène à Tansen, une petite ville recommandée par le cycliste Allemand qui nous a donné une paire de chaussette lorsque nous l'avons croisé dans la réserve de Bardia. Nous voulons vraiment arriver dans cette ville, mais la nuit nous rattrape. Hors de question de dormir dehors, nous nous dépassons physiquement pour arriver dans un hôtel.
Finalement, Tansen est une ville très touristique et nous trouvons l'hôtel le moins cher de la ville mais le plus cher depuis notre arrivée au Népal. C'est incroyable comme il suffit qu'un hôtel miteux comme celui-ci soit inscrit sur le guide lonely planet pour que les touristes affluent. En plus la nourriture n'est pas si bonne et saine. Le couple Anglo-polonais que nous avons rencontré pourrait en témoigner. C'est d'ailleurs étrange la rencontre avec ce couple. Nous l'avons croisé la première fois à Tansen, puis par hasard à Pokarah, puis encore dans les ruelles de Katmandou un mois plus tard !
23 et 24 janvier Accueil chaleureux d'une famille népalaise que nous n'oublierons pas !
Au petit matin nous partons de Tansen pour continuer la route vers Pokhara où nous seront hébergés chez Himalal, un espérantiste. Plus nous nous enfonçons dans les montagnes plus les paysages et les gens changent. Nous passons à côté d'un village où les paysans se sont regroupés et lancés dans la production d'un café biologique. Les zones de cultures en terrasses se mélangent aux zones de jungle. Nous commençons à voir de plus en plus de rochers et par endroits le sol n'est plus très épais. Sur le bord de la route, il y a des sources d'eau claire. Cette eau pure et fraîche est utilisée par les locaux qui viennent remplir des bidons, ou bien se laver ou laver les véhicules. Au Népal, la toilette du corps se fait généralement le matin, au bord de la route à la vue de tout le monde. Les hommes en slip et les femmes enroulées généralement dans un drap. Cela nous semble ni très pratique ni très intime et on a parfois bien envie de leur proposer de construire ne serait-ce qu'un simple paravent de bambou.
Le soir, nous cherchons un lieu pour camper, mais la tâche s'avère difficile car les zones plates sont rares et quand il y en a, elles sont généralement sales ou inaccessibles avec les vélos, ou trop à la vue des gens. En désespoir de cause, nous demandons à deux jeunes filles où pourrions nous camper ? Elles sont toutes les deux très heureuses de nous rencontrer et nous invitent tout de suite dans leur famille. C'est notre première invitation dans une famille népalaise, nous acceptons. Chez eux, comme dans la plupart des ménages népalais, on est persuadé d'être très pauvre. Pourtant, la maman est institutrice, le papa un militaire en invalidité et les 5 enfants sont tous de brillants élèves. L'une des 3 soeurs est institutrice et vit toujours à la maison. Par rapport aux petits paysans que nous avons croisés au Sud du pays, cette famille possède un niveau de vie bien plus élevé. Ils habitent une grande maison très décorée et bien meublée. Ils ont la télé satellite. Ils ont des champs, un boeuf pour travailler et une bufflonne pour le lait, des chèvres que le père élève pour vendre. Une installation Biogaz fournit presque assez de gaz pour toutes les cuissons. Le problème de cette famille en or, c'est que les enfants sont doués et qu'ils souhaitent tous faire des études supérieures. Malheureusement, ils sont 5 et les études coûtent vraiment trop cher pour les parents. Pour rapporter plus d'argent, le fils aîné s'est acheté des méthodes pour apprendre le japonais car il est persuadé qu'il pourra trouver un travail au Japon et renvoyer suffisamment d'argent pour payer les études de ses soeurs et de son frère. Nous nous rendons compte que cette famille cultivée vit en permanence avec le model occidental en tête. Ils rêvent de grandes maisons, de double vitrage, de voitures et de vie facile à la française. Comment peut-on leur en vouloir ? On essaye de leur expliquer qu'en France c'est pas si facile, qu'en ce moment c'est plutôt la crise, que la répression policière augmente et frappe les classes les plus pauvres qui n'ont plus grand chose à perdre et sont prêtes à descendre dans la rue pour tout révolutionner. Nous essayons aussi de leur parler de l'environnement et que le mode de vie à l'occidental ne doit surtout pas être reproduit sous peine de détruire complètement la planète. Qu'est ce qui est le plus important ? Gagner de l'argent ou détruire son environnement et polluer son assiette et ses enfants ?
Est-ce que ce besoin de gagner de l'argent est tellement important qu'on doit accepter un salaire en échange de couper la branche sur laquelle on est assis ?
Bref, nous discutons beaucoup et surtout avec le fils ainé qui parle très bien anglais. Nous pensions rester une nuit, mais ils ont tous tellement insisté pour que l'on reste plus longtemps que nous avons fini par craquer. Ils n'arrêtent pas de répéter qu'ils ont peur qu'on les oublie, ils souhaitent que l'on se souviennent d'eux mais ils sont tellement persuadés d'être si peu de choses qu'ils pensent qu'à peine remontés sur nos vélos nous les aurons définitivement oubliés. Nous essayons de les rassurer et nous leur expliquons que nous nous souvenons de toutes les familles qui nous ont accueillis pendant le voyage.
Après nous avoir présentés à tout le village et nous promener dans la fête foraine de la ville voisine, nous faisons nos adieux à tout le monde et nous reprenons la route.
25 janvier Arrivée à Pokhara
Quelques dizaines de kilomètres avant Pokhara nous commençons à admirer les sommets de plus de 8000 mètres qui se mélangent aux nuages. Au Nord de Pokhara nous retrouvons Himalal qui nous accueille chez lui. Nous discutons beaucoup de politique et les débats sont souvent animés car si nous sommes généralement d'accord sur le constat, nous n'avons pas les mêmes idées pour résoudre les problèmes de notre monde malade. Le matin, de bonne heure, nous allons faire un petit tour dehors et nous sommes comme envoûtés par l'immense beauté des premiers rayons de soleil sur les glaciers. C'est décidé, nous lâchons les vélos pour quelques jours de promenade à la conquête des sommets. Himalal nous met en garde sur les dangers de la montagne, les conditions climatiques difficiles et les sentiers escarpés. Il nous assure que sans guide, partir n'est que pure folie. Par chance, il connaît le directeur d'une agence de trekking et dès le lendemain, il nous y conduit.
A l'agence, nous ne savons toujours pas pour qui ils nous ont pris. Notre tête d'européens doit signifier que nous avons assez d'argent pour payer un guide et un porteur pendant 10 jours. Toujours est-il que déçus nous pensons ne pas pouvoir nous permettre cette randonnée. Le guide à 350 euros semble obligatoire et nous devons payer un permis de 20 euros chacun pour entrer dans la zone de montagne. Le directeur de l'agence qui parle deux mots d'Espéranto, nous laisse toutefois dans le doute, malgré une réduction exceptionnelle (merci l'espéranto), nous ne sommes pas sûrs de lui faire confiance. Avec ses recommandations du genre : ''prévoyez quand même un porteur car le manque d'oxygène vous empêchera de porter de lourdes charges. Et puis aussi emportez des vêtements chauds et au moins trois pulls, trois pantalons et un sous-vêtement pour chaque jour car en altitude il fait très froid et on ne peut pas laver les vêtements car ils gèlent aussitôt''.
Cédric : ''Ca lui a fait bizarre quand on lui a dit que nous sommes venus de France à vélo et que depuis 10 mois, je ne porte qu'un tee-shirt et un slip.''
Plus tard en nous promenant tous les deux dans Pokhara, nous rencontrons Gorgan, un cycliste français, savoyard et capitaine de bateau. Il vient de traverser le Tibet à vélo et il est également parti faire la randonnée jusqu'au camp de base de l'Anapurna. Nous passons un après-midi entier à discuter. Il nous raconte sa traversée du Tibet et nous remonte le moral pour notre randonnée dans les montagnes. Il nous explique qu'un guide n'est absolument pas nécessaire. Persuadé lui aussi de partir à l'aventure, il est parti le premier jour avec sa tente, son réchaud, de la nourriture, le plein de carburant... Au bout de deux heures, il avait déjà croisé plusieurs restaurants et hôtels à touristes en pleine montagne. Il a fini par tout laisser dans un hôtel, puis s'est rendu au sommet avec presque rien. Il nous indique où nous pouvons directement retirer des permis d'entrée.
Nous louons un sac à dos et en achetons un autre petit pour remplacer le nôtre tout déchiré. Nous informons Hymalal que dès le lendemain, nous partons pour le camp de base de l'Anapurna. Il reste septique et une dernière fois nous déconseille de partir sans guide, persuadé que nous courrons droit à l'échec. Lui même a essayé par 3 fois de rejoindre le camp de base, mais il a du renoncer avant de l'atteindre. De notre côté, après 10 mois de vélo, nous pensons bénéficier d'une certaine habitude à l'effort et d'une bonne condition physique malgré la récente pneumonie de Cédric.
voici dans le prochain article le récit de notre magnifique balade dans les montagnes de l'Himalaya :
Publié par alice.cedric à 16:27:01 dans Avant de partir | Commentaires (0) | Permaliens
Mardi 25 novembre (35km)
la reprise du vélo, tranquillement pas vite.
Nous sommes dans la chambre avec un grand lit de 4 personnes dans le dortoir du temple. Lumière à 5h00 du matin par le réveil en trombe de notre voisine américaine qui part en laissant la porte ouverte. On avait une drôle d'impression vis a vis d'elle, complètement ailleurs, dans un autre monde et sûrement enrôlée dans une secte. Nous fermons la porte et éteignons la lumière pour dormir encore 1 à 2 heures.
A 11h, nous sommes dans le trafic de la ville, on roulera peu car à 15h00, prudemment nous décidons de nous arrêter dans un verger à l'abri des regards indiscrets. On demande la permission au gardien du verger, il est d'accord. Nous lui offrons des pistaches, cela l'aidera peut-être à crier plus fort après les corbeaux et perroquets qui mangent les fruits. Nous nous sommes endormis entre la voie de chemin de fer, la route et la cheminée d'un four à briques qui crache sa fumée noire.
Mercredi 26 novembre (55km)
Le matin est brumeux, tout est mouillé. Nous sommes vite entourés par des hommes intrigués par nous et nos montures.
Sur la route, nous apercevons de grandes cheminées, des lignes à haute tension, de grands arbres magnifiques, des perroquets verts, des vélos, des bus qui klaxonnent tout le long de leur trajet (à croire qu'il y a un bouton on/off), des camions qui transportent des cargaisons trop grosses pour eux, des animaux, boeufs, buffles, hérons,... Bien entendu, il y a aussi tous ces détritus qui jonchent la route, du PLASTIQUE du plastique du plastique, partout, partout, partout. Pour résoudre le problème, comme partout, ils brulent quelques déchets le long de la route. En Inde, le feu est considéré comme purificateur. C'est peut-être vrai quand on brule un champ de coton transgénique avant de replanter du coton traditionnel, mais pour ce qui est du plastique, la pollution change de forme et de nom pour devenir dioxyne. Il faut dire qu'il n'y a presque aucune collecte dans ce pays, à part des pauvres gens qui se chargent de récupérer le carton, certains plastiques,... pour les revendre. Il y a aussi les cochons, les singes, les vaches qui mangent la nourriture et parfois aussi du papier, du carton voire du plastique.
Alors tous les matins, nous faisons des apnées impressionnantes pour éviter de respirer trop de dioxynes. Cela doit provoquer beaucoup de maladies, on voit beaucoup de personnes handicapées, malformations, ... il n'y a pas de secret. Souvent, les poubelles sont déversées dans les rivières. C'est un cercle vicieux. Nous avons l'impression qu'il n'y a aucune conscience environnementale. De notre coté, que pouvons nous faire pour éviter de produire trop de déchets ? et bien tout d'abord ON ARRETE DE SE DIRE, “BEN DE TOUTE FACON QU'EST CE QU'ON PEUT Y FAIRE???” et on utilise notre filtre à eau pour éviter d'acheter des bouteilles plastiques, nous refusons aussi tous les sacs plastiques mais hélas nous produisons toujours au moins une petite poignée de déchets plastiques par jour à cause de l'emballage du pain de mie dégueulasse et de 2 petits paquets de biscuits. Et puis on critique le plastique mais nous en avons plein nos sacoches, des vêtements synthétiques super légers aux flacons. Alors, nous nous sommes promis de changer notre façon de consommer et de bannir le plastique le plus possible. Nous avons d'ailleurs commencé à renouveler notre garde robe en renvoyant ou en échangeant des vêtements synthétiques contre des habits en coton produits localement et de manière artisanale. Dans tous les pays, le pétrole et ses dérivés sont le plus grand fléau. Il est partout, symbole aussi de l'éphémère dans sa durée de vie et de l'éternel pour les déchets.
Nous nous sommes aussi fait la remarque, que nous avions de la chance en France de pouvoir en recycler quelques uns de ces déchets et que nous ne devrions pas considérer le fait de trier comme un calvaire mais comme une chance inouie. Et pour tous ceux qui ne sont pas convaincus, ils peuvent aller ne serait-ce qu'en Roumanie pour comprendre l'importance de ce petit geste.
Bref, un dernier mot avant de revenir au récit : La meilleure méthode pour gérer nos déchets (et il n'y a pas que les emballages, il y a aussi les objets de la vie courante comme les téléphones portables, les ordinateurs, les télés, les cafetières, ... qui sont de plus en plus fragiles et à changer très souvent si l'on veut rester à la pointe du ''progrès'') c'est de ne pas en produire, donc pour nous consommateurs, c'est de ne pas acheter, au risque de faire baisser encore la croissance du pays et déplaire au président !!!
Nous étions donc sur nos vélos et la nuit arrivait à grands tours de roues jusqu'à ce que l'on trouve des paysans très gentils qui nous acceptent dans leur jardin potager. Le propriétaire nous apporte à manger, nous le gardons pour le déjeuner du lendemain.
Jeudi 27 novembre (65km)
le canal
Alice : ''On se perd un peu, 10km de plus, puis nous prenons un chemin qui n'est pas indiqué sur notre carte, suivant un canal. C'est beaucoup plus calme mais en contrepartie la route est très mauvaise. Nous roulons à coté des champs de cannes à sucre, de fermes en paille. Lorsque la nuit commence à arriver, nous trouvons une station service au bord de ce petit bout de canal. J'en profite pour aller aux toilettes et pendant ce temps Cédric demande s'il est possible de dormir ici ce soir. Au dessus des cuves à pétrole, il y a de la pelouse. Impeccable, bien pour planter notre tente. Du coup je me dis que cela a du bon le pétrole! Je blague!
Asho nous emmène en ville, à trois sur sa moto. Dégustation de snacks chez un commerçant ambulant, achat d'une bouteille de whisky et retour à la station. De l'apéro, j'en bois un peu mais n'apprécie pas trop alors que Cédric et Asho n'arrêtent pas de trinquer. Soudain, quand Asho est complètement cuit, il met la musique à fond dans la station service pour danser. Nous pourrions nous croire dans un film de Kusturika (désolée pour l'orthographe du nom), où 5 clampins dansent dans une station service, la musique à fond, dans un trou perdu, cela a quelque chose d'irréel.''
Vendredi 28 novembre (65 km)
changement de programme.
Alice : ''Comme depuis le début de notre escapade à vélo en Inde, nous avons droit chaque soir de17h00 a 20h00 (mais c'est moins gênant) et le matin de 4h00 à 7h00 (très,très gênant) aux messes, aux prières hurlées dans les mégaphones. (Et je pense que si vous tendiez un peu l'oreille vers l'est en France, vous pourriez les entendre, si, si!) Donc cela me réveille et même avec les boules quiès, l'oreiller par dessus, j'entends tout. Je peste contre ces religions forcées par les hauts parleurs. Moi qui pensais en avoir fini après la Turquie, le ramadan en Iran, et les Emirats Arabes Unis, je me trompais fort, c'était du pipi de chat à coté. Cédric prend son mal en patience et moi je dors mal. En Inde, il est difficile de bien se reposer, que ce soit sous la tente, à l'hôtel, les gens ne se sentent pas du tout gêner de vous réveiller et avec insistance en plus.
Bref, la sono retentit dans la station service pour nous dire que c'est l'heure, on ne sortira de la tente qu'à 8h00. Tout est trempé. Nous serons d'une lenteur immesurable. Et pour couronner le tout, il faut réparer un maillon de la chaine de Cédric qui a cassé. Patience et dextérité ont porté leur fruit.
A 11h00, nous posons enfin nos pieds sur les pédales. Et devant ceux-ci se déroulent de beaux paysages le long du canal, champs de cannes à sucre, animaux, femmes gracieuses en sari portant sur leur tête du bois (le poids doit être de 20 kg au moins). Souvent nous voyons des enfants travailler pendant que d'autres sont à l'école. Ces enfants, hélas, ne sauront pas lire, écrire, compter. Ces compétences qui aident pourtant l'être humain à être indépendant, lui permettant de s'aventurer dans d'autres univers à travers la lecture, de pouvoir écrire afin de mieux organiser sa pensée,... Ces simples bases permettent dans notre monde, d'être plus libre. Bien sûr, d'autres connaissances orales ou gestuelles ne sont pas à nier non plus et ont aussi beaucoup de valeurs. Par contre, elles peuvent être vite oubliées si personne ne les transmet ou si elles ne sont pas collectées.
Après une ville complètement désorganisée, nous ''grimpons'' pendant 15km avant de nous faire refouler par des policiers car nous n'avons pas de permis. Simplement à cet endroit, doit trôner l'un des plus gros barrages du pays. Il fallait donc prendre un laissez-passer dans la ville en bas à 15km. On abandonne l'idée de côtoyer les animaux sauvages de la réserve d'à coté pour retourner près du canal, au grand "dam" (barrage) de Cédric.
16h00 et toujours pas de lieu pour dormir. A gauche l'eau qui tourbillonne dans son lit de béton et à droite, des villages, des cultures et un petit temple avec deux, trois maisons à la ronde. Stop. Nous demandons à un homme qui construit un canal d'irrigation pour ses champs si nous pouvons dormir sur le seul sol plat du coin, c'est à dire près du temple et du saint arbre. Pas de problème, il nous offre le thé. Puis nous montons la tente sous trente paires d'yeux, préparons à manger sous quarante et mangeons tranquillement. Cela doit être malpoli de regarder quelqu'un manger. On devrait manger tout le temps!!!
On s'enferme vite dans la tente, sans encore avoir pu se soulager et se laver et déjà vers 19h00, ils reviennent, beaucoup d'enfants qui font du bruit, nous appellent pour que nous sortions mais nous résistons car nous voulons la paix. La tactique de Cédric de ne pas répondre est une réussite, au bout de 30 minutes le calme revient, j'attends encore 5 minutes avant de sortir faire ce que j'ai à faire. On se lavera pour la première fois dans la tente en se contorsionnant avant qu'une famille nous apporte du lait frais et des sandwichs fris délicieux.
On s'endort sous la lumière du petit temple.''
Samedi 29 novembre (87 km)
une drôle de rencontre
Cédric : ''Alice est partie dans les bois à quelques mètres et moi je prépare le petit déjeuner. Je commence à faire chauffer le lait que nous a gentiment offert le paysan la veille quand soudain, j'entends du bruit derrière la tente. Quelqu'un secoue la bâche des vélos. Je pense à Alice qui est peut-être revenue par un autre chemin et qui fait tomber la rosée matinale du plastique. Et voici que surgit à coté de moi, un bon gros mâle macaque qui s'arrête et regarde le petit déjeuner, hésite un peu à venir le prendre des mains d'un congénère plus grand et plus barbu que lui. Finalement, il s'en va d'un pas tout tranquille. Alice revient 2 minutes plus tard et me raconte une histoire similaire. Elle finissait sa toilette quand soudain un bon gros mâle macaque a surgit derrière elle, s'est arrêté un peu l'a regardé avant de continuer son bonhomme de chemin''.
A la cime des arbres, des Roussettes chahutent, volent. Ces grosses chauves-souris frugivores sont énormes, aussi grandes que des corbeaux.
Les enfants sont là, au rendez-vous, nous regardant manger. C'est l'heure de l'école mais nous sommes beaucoup plus intéressants que celle-ci. Ils sont emmitouflés avec bonnet et gants en laine mais n'ont pas de chaussettes. Ils ont aussi leur uniforme, chemise bleue, pull rouge, pantalon beige et leur gros cartable. Les vêtements sont plus ou moins troués et sales. Les jeunes filles n'y vont pas, elles ont déjà 14 et 15 ans et sont mariées ou restent à la maison pour aider.
En Inde, 60 % des habitants sont lettrés. En gros 50% pour les femmes et 70% pour les hommes. Les écoles gouvernementales, c'est à dire publiques, sont loin d'avoir bonne réputation. Elles ont très peu de moyens, les enseignants ne sont pas remplacés et peu rémunérés.
Alice : ''Un peu comme le devenir des écoles publiques françaises si il n'y a pas un mouvement de révolte urgent de la part de tout le monde et pas seulement des enseignants. Juste pour info pour ceux qui ne sont pas dans le monde de l'enseignement, en France, le gouvernement veut supprimer l'école maternelle et la remplacer par des jardins d'enfants. C'est d'une certaine façon, mépriser le travail fait par les enseignants depuis tant d'années, alors que celui-ci est fondamental pour le développement de l'enfant (prenant en compte son rythme et ses besoins).
Le gouvernement veut faire des économies sur l'instruction des enfants français alors que l'école n'est pas faite pour être rentable financièrement. Une école ne doit pas dégager de bénéfice mais être un SERVICE PUBLIC. Le droit à l'instruction est un droit fondamental et il est juste de se mobiliser pour le garder comme la santé, l'eau, la justice, l'énergie,... Du fin fond de l'Inde, nous avons l'impression que la France régresse à toute vitesse.
Juste pour information pour le système scolaire, les fonds financiers diminuent de plus en plus ayant pour conséquence le non remplacement des enseignants allant à la retraite, le non remplacement des enseignants étant malades faute d'un effectif suffisant de professeurs remplaçants, la cessation du RESEAU (enseignants qui aident spécifiquement un élève à un moment donné de sa scolarité), la suppression de la formation continue (stages), des classes surchargées (plus de 30 élèves avec des enfants handicapés ayant besoin d'une personne qualifiée à temps complet), la fermeture des centres de formation des maitres (IUFM), le non remboursement des frais de déplacement des enseignants pour des stages ou autre,... et beaucoup d'autres choses que j'oublie.
Mis a part le coté financier, il y a aussi le coté moral qui est beaucoup plus important. TOUS les élèves sont FICHES informatiquement avec tous les renseignements concernant l'enfant bien-sûr (A-t-il un trouble du comportement?, Comment est-il suivi? Est-il français?...) mais aussi sur les parents (nationalité, profession, age, numéro de sécurité social, vie maritale,...). Les directeurs qui s'opposent à remplir le questionnaire se voient débiter de leur feuille de paye ou sont convoqués devant la justice! Ce fichage leur rappelle la France de Vichy. Le problème est que deviennent toutes ces données? A quoi vont-elles servir? Qui les possèdent? On n'en sait rien. On se croirait dans le roman de George Orwell, 1984, où ''Big Brother is watching you''!
Ces renseignements informatiques ont déja servis à la police qui cherchait des enfants de parents sans papiers. A Tours pendant les grèves des fonctionnaires, les gendarmes ont fait irruption dans une école pour contrôler le fichier élèves!!! Est-ce normal?
Dans des écoles, les policiers ou gendarmes font intrusion pour emmener les enfants et les enfermer avec leur parents dans des centres de rétention provisoire, c'est a dire une prison pour personnes n'ayant pas de papiers.
Est-ce humain ? La France d'aujourd'hui respecte-t-elle les Droits de l'Homme et encore plus ceux des enfants?
Bon pour revenir au récit, l'Inde n'a pas la chance d'avoir un bon système scolaire gouvernemental. Les plus riches peuvent offrir à leurs enfants une éducation dans une école privée. Je voulais juste signaler que ce schéma arrive à grands pas pour les écoles françaises.
Ici beaucoup d'enfants travaillent pour rapporter de l'argent à leur famille. Des parents pauvres font beaucoup d'enfants seulement pour augmenter la force de travail.''
Nous remontons sur nos montures pour aller vers Kalka. On a pris l'habitude de s'arrêter le midi dans un dhaba (restaurant sur le bord de la route). C'est souvent très très épicé. De la bouche au derrière, cela nous brule tout le tube digestif. Sur le vélo, les épices nous empêchent de donner toute l'énergie nécessaire pour bien pédaler. Ce n'est peut être pas une bonne solution de manger trop épicé quand on fait du sport!
En route, nous achetons du pain de mie aux OGM pour le lendemain matin. Nous commençons à en avoir sérieusement marre de la malbouffe et nous rêvons de bien manger, de manger bio mais c'est carrément impossible ici. On pense aux français chanceux d'avoir le choix de l'alimentation.
Alice : ''La route est toute défoncée, de gros trous, de la terre pire qu'une piste, j'en perds mon petit porte-monnaie ''Minie'' que j'ai depuis toute petite. J'espère qu'il fera un heureux! On s'arrête boire un remontant et l'Indien du bar nous apprend l'attentat de Bombay. Il a un petit boui-boui et vend des plantes qu'il cultive. M'apercevant que j'ai perdu mon porte-monnaie, Ce vieux Sikh me dit comme beaucoup d'autres " Keep away tension, take it easy!" Et bien cela fait son effet, et la vie n'est pas si terrible que cela si on la prend facilement sans tension!
Pendant plus de 20km sur une route difficile, extrêmement poussiéreuse, un trafic intense, des montées et des descentes (sans frein pour Cédric!!! Vive les freins à disque irréparables sorti de l'Europe ! Conseil de voyageurs, il faut du matériel simple et solide!!!), nous arrivons à Kalka. Cédric me propose de dormir sur la pelouse-park entre la route et les habitations, bref en plein milieu où se trouve tout le monde. Non, non je n'ai pas envie d'être un animal de foire, je suis fatiguée. Une superbe pelouse dans une propriété privée nous fait de l'oeil mais il y a un standing à tenir et la réponse est négative. Ce n'est pas grave, nous continuons dans la poussière. Le trafic et la nuit arrivent rapidement. Soudain dans l'obscurité, une croix du p'tit Jésus nous fait de l'oeil. C'est une école et un couvent catholique. Nous racontons nos épopées à deux soeurs Indiennes (elles ne sont que 4 ici) et leur demandons l'hospitalité pour une nuit. Elles nous demandent d'attendre le père qui arrivera dans une heure soit vers 19h00, nous installent dans la salle de réception et nous offrent des gâteaux. Elles nous mettent dans la chapelle pour nous recueillir. Le calme nous repose de notre fatigue et du bruit extérieur. A la question, êtes vous mariés et catholiques? Effrayés d'être refoulés dans la nuit, dehors, dans cette ville horrible, nous avons répondu oui!, que Dieu nous pardonne! Mais bon, on est tous frères, humains, non?
Le père arrive et accepte. Nous nous retrouvons dans une petite classe d'école qui accueille pourtant 60 élèves de 5 ans. Cela a l'air assez strict. Nous sommes contents d'être hébergés et loin du bruit. Réparation réussie du frein arrière de Cédric par la grâce de Dieu sûrement! Nous sommes enfermés dans l'école lorsque les chiens du curé sont lachés pour surveiller les lieux. A plusieurs reprises ils nous découvrent dans l'école et nous gueulent dessus et sont d'une férocité impressionnante. Nous espérons que la grille qui nous protège d'eux est assez solide. A 5h00 du matin, ils rentreront dans leur box.''
Dimanche 30 novembre 2008 (67 km)
la planète des singes
Nous sommes levé tôt pour pouvoir pédaler le plus possible. En partant on nous propose bien sûr d'aller à la messe. Nous refusons poliment et gênés mais nous devons avancer. En passant devant l'église, nous apercevons une quantité incroyable de chaussures. Et oui l'église est un temple comme un autre et qui dit temple, dit lieu sacré ou l'on enlève ses galoches ! Sur un pont des femmes, marchent en file indienne et ont un marteau sur la tête. Une pancarte signale une réserve de singes. Nous passons dans un décor magnifique où la terre est rouge brique, des roseaux hauts de 2m, des grands arbres, des palmiers, des briques, des grandes cheminées et ... un singe ! Quelle réserve ! Et 15 km plus loin au détour d'un virage entre deux collines, les voilà les macaques !!! Plus d'une centaine de singes se trouvent au milieu de la route bondissant sur les voitures.
Alice : '' C'est la première fois que j'en vois autant en liberté et je suis peu rassurée. Et Cédric qui se fait un malin plaisir à donner nos restes. Les singes se ruent alors sur nous. Moi, je décampe à toute berzingue laissant Cédric à son triste sort. Il l'a bien voulu, non? J'ai quelques remords à l'avoir laissé seul d'autant plus qu'il n'arrive pas. Il doit être sous une montagne de macaques qui doivent lui tirer la casquette, lunettes et tout se qui dépasse. Mais non, le voilà, il les a simplement regardé se chamailler, déçu que je me sois volatilisée aussi vite. Une fois éloignés des macaques, Nous pédalons à plusieurs reprises dans le lit de grandes rivières asséchées. Paysages désolés, à cause des barrages la plupart.''
Un peu plus loin, un couple de journalistes nous arrêtent. Il font un petit reportage TV sur nous pour la télé locale. Nous n'aimons pas spécialement pédaler dans ce coin, surtout à cause des jeunes en moto qui roulent trop près de nous, nous parlent, essayent de nous prendre le bras parfois... Il y a aussi les bus qui roulent tous comme des tarés. Notamment un venant d'en face, en train de doubler un camion sur cette route trop petite et nous obligeant au dernier moment à nous jeter au fossé !!! Des fois, on se dit que s'il n'y avait pas de pétrole, y aurait pas tous ces dangers !!!
Ayant eu notre lot d'émotions fortes pour aujourd'hui, nous décidons de camper non loin de la route, isolé derrière une maison abandonnée, dans un beau champ d'herbe pâturée par les buffles et les chèvres. Nous sommes bien, très bien mêmes !!! Loin des lignes hautes tensions, des antennes relais, des cheminées qui crachent de la fumée noire, de la ville, des hommes !!!! On peut souffler.
Publié par alice.cedric à 10:03:34 dans Avant de partir | Commentaires (1) | Permaliens
Du fin fond de l'Inde, a la frontiere du Nepal, nous avons une pensee pour vous tous et nous vous souhaitons une excellente annee 2009 pleine de sante et de belles realisations!
Nous remercions tous ceux qui nous soutiennent, qui nous envoient des messages qui nous ravissent et nous donnent encore plus envie de partager cette aventure.
Nous remercions aussi notre ''base-arriere'', l'association Portrait de Planete, qui gere cette aventure, organise des expositions et autres festivites a venir.
Cedric est bientot d'aplomb. Apres un dernier "check-up" de ses poumons, nous pourrons enfin repartir sur nos montures, direction Katmandou.
Tik he! comme disent les gens d'ici pour dire que tout va bien ...
... et ''Sats tryakal'' pour vous dire nos respectueuses salutations (version Penjabi)
Aice et Cedric
Publié par alice.cedric à 11:32:27 dans Avant de partir | Commentaires (2) | Permaliens
Publié par alice.cedric à 11:16:22 dans Avant de partir | Commentaires (2) | Permaliens