Bonjour et
Bienvenue
sur le blog de
Portrait de Planète
C'est ici que vous pourrez suivre
le voyage de
Cédric et Alice.
Vous y trouverez des photos, des vidéos, des sons, le carnet de route des voyageurs et surtout de nombreuses informations sur ceux qui luttent un peu partout dans le monde pour la préservation de l'environnement
A tout moment, cliquez (ici) pour retourner sur le site de Portrait de Planète
Bedaurinde, nia blogo estas en franca, tamen, vi povas vidi kelkajn bildojn. Post la voyagxo, ni provos skribi libron esperante pri nia historio
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
Depuis le 15-02-2008 :
84773 visiteurs
Depuis le début du mois :
2979 visiteurs
Billets :
123 billets
du 20 au 23 aout 2009 (301 km)
Passage de la frontière presque sans problème. Nous sommes fichés de tous les cotés (photos, poids, taille, adresse internet, etc...). Dans cet énorme bâtiment gris, la procédure d'admission se déroule sur plusieurs niveaux. Nous devons franchir des escaliers mais avec les vélos ce n'est pas si simple. Nous décidons de passer tous les bureaux en laissant nos vélos dehors. En retournant chercher nos montures, un douanier nous interpelle ! Il nous demande, avant de passer les vélos en Chine, de franchir tous les bureaux. Nous essayons en vain de lui expliquer que c'est exactement ce que l'on vient de faire, mais le gars s'en fiche. Alors nous recommençons tout le circuit devant des fonctionnaires qui ne comprennent pas pourquoi nous passons une deuxième fois. Vient ensuite le moment de la fouille des vélos. Le même type qui nous a demandé de tout repasser crève d'envie de fouiller nos sacoches. Il tourne un peu autour des vélos et nous prie d'attendre son collègue. Ce dernier n'arrivant pas, le douanier frustré nous fait des signes de la main, du vent, du balai, je ne veux plus vous voir.
Et voila, nous sommes en Chine. Premiers coups de pédales sur une route super nickel! Presque pas de circulation. Nous qui étions très angoissés à l'idée de rouler dans cet empire, nous sommes peu à peu rassurés. Les premiers chinois que nous croisons sont très sympathiques et respectueux. Après 30 kilomètres de route de campagne et de forêt, nous circulons dans une énorme zone industrielle où l'on ne commercialise que du bois. Il y a des scieries, des usines qui sentent le produit chimique et des grands magasins où l'on expose les meubles énormes en bois tropical massif. Cette première vision de la Chine industrielle nous donne des frissons, mais rassurez-vous, ce n'est qu'un début, le pire est à venir. A coté de cela, nous rencontrons des chinois toujours gentils et prêts à nous aider malgré une sérieuse barrière de la langue. Dans les épiceries, les prix sont affichés. Nous n'avons donc pas à marchander, ce qui nous repose du Vietnam, car même sans négociation, les tarifs sont toujours moins chers en Chine. Un truc incroyable que nous découvrons dans la première épicerie, puis partout, ce sont les pattes de poulets entières avec la peau, les ongles et tout, confites et emballée sous vide dans du plastique. hmmmm !!!
Comme le temps est toujours très chaud et moite, nous ne pouvons absolument pas dormir sous la tente. Nous allons donc dans les hôtels qui à notre grand étonnement, nous proposent des chambres toujours bien et beaucoup moins chers que les prix affichés. Est-ce à cause de la saison creuse, ou bien à cause de nos têtes complètement déconfites en fin de journée ?
Les villes Chinoises sont toutes construites sur le même modèle : Du béton, du béton et du béton. Des immeubles de trois étages, tous identiques et tous en toc. Même dans les petits villages, les maisons traditionnelles de paysans sont rasées. Les familles sont expropriées pour être relogées dans des ''cages à lapin''. Cela donne une impression très étrange de campagne à la ville, car devant ces bas immeubles, on voit des buffles, des récoltes qui sèchent au soleil, des meules de paille, des tas de bambous, des enfants qui jouent avec des pompes à traiter...
Très vite, le paysage de campagne que l'on avait près de la frontière vietnamienne se transforme en gigantesque plantation de cannes à sucre. Pendant 3 jours, nous quittons la route principale pour rouler presque exclusivement sur de la terre, alternant entre zone de cailloux, sable, taule ondulée et boue. Le paysage de montagne dont nous pouvions rêver a presque disparu. Pour des chinois, rien n'est impossible. Nous avons vu dans le Sud de cette Chine des forêts de montagnes rasées pour être replantées en cannes à sucre. 24h/24, des ouvriers travaillent sur des pelles mécaniques pour arracher, mettre en tas et brûler des milliers d'hectares de forêt. Sachez que cette canne à sucre ne servira jamais à sucrer votre yaourt ou votre café, mais à produire de l'éthanol pour faire rouler les voitures. Après la Malaisie et son carburant à base de noix de palmiers à huile, voici la Chine et son essence sans plomb 100% origine canne à sucre. A force de réserver autant d'espace pour nourrir nos bagnoles, que restera-t'il pour nourrir les hommes ? Vivre ou conduire, c'est à nous tous et maintenant de choisir ! On entend déjà les commentaires : ''si vous croyez que c'est facile de se passer de la voiture" comment on fait pour aller faire les courses ? Pour aller travailler ? Quand on habite à la campagne ? Quand on à pas le temps ?...'' C'est sur, nous ne disons pas le contraire, ce n'est pas toujours facile de se passer de la voiture et on a tous de bonne raisons pour rester accroché à son volant. Simplement, qu'en il faudra se passer de manger pour pouvoir continuer à faire rouler la voiture, la vie sera encore plus dure, ne pensez vous pas ? Toujours est-il que le spectacle qui se déroule sous nos yeux à de quoi faire peur, surtout quand on sait que la plupart des gens en Europe ou dans le monde occidental ne verrons jamais ce qui se cache derrière leur pompe à essence. Une belle publicité viendra venter et reverdir les atouts des BIOcarburants, comme écologique et durable.
Pour en revenir au Sud de la Chine que nous avons traversé, une des démonstrations de force les plus impressionnante qui soit ; un fait réel montrant à quel point l'homme est capable de déployer une énergie phénoménale pour détruire sa planète : c'est tout simplement ces montagnes qui disparaissent sous les explosions de dynamite. Un peu partout dans le Sud de la Chine, des montagnes entières disparaissent pour finir en route, en immeuble, en bordure de trottoir, ou en banc public. A une vitesse extraordinaire, le paysage est définitivement modifié, les montagnes pas seulement grignotées, mais bouffées jusqu'à la base, laissant une surface plate, apte à être recouverte ensuite par de la canne à sucre.
Dans ce paysage désolé, mort, sans biodiversité, où fume de loin en loin des cheminées de cimenteries, nous avons parfois la surprise de trouver entre deux rangées de montagnes préservées, quelques paysans, vivants dans des maisons traditionnelles en pierre ou en terre et travaillant avec des animaux de trait. Au fil des kilomètres, nous arrivons même à remarquer que les villages isolés les uns des autres appartiennent à des groupes de gens différents. Nous remarquons des différences notamment dans la conception des maisons, tantôt en pierre, tantôt en terre. Dans la façon de récolter et stocker le riz, certains villages ne travaillent presque exclusivement qu'avec des buffles tandis qu'ailleurs, on ne travaille qu'avec des chevaux. Certains villages tirent leur subsistance des rivières (épinards d'eau, lotus, poissons, canards...). Un point commun cependant, et c'est loin d'être une qualité : tous les paysans sans exception s'empoisonnent et empoisonnent leur environnement avec des pesticides. Ils ont beau être parmi les gens les plus pauvres de l'empire de Chine populaire, ils ont tous la télévision et suivent rigoureusement les bulletins de météo agricole, financés par les grosses firmes de l'industrie agro-chimique. Résultat, 7 paysans sur 10 que nous croisons, se ballade avec une pompe à traiter dans le dos. A quand le procès de ces fabricants de poisons qui empoisonnent sciemment tous ces paysans !
Publié par alice.cedric à 10:17:54 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens
Et voici la fin du voyage au Vietnam. D'un point de vue relations humaines, nous aurons eu dans ce pays des expériences très difficiles. Heureusement que les espérantistes que nous avons rencontrés ont été formidables et nous ont permis d'apprécier leur beau pays à sa juste valeur.
Du 12 au 20 août 2009 (268km)
Le 12 août au petit matin. Nous avons fini de préparer notre diaporama présentant la première partie de notre voyage. Nous prenons un rapide petit déjeuner sur le toit de l'hôtel puis notre ami Verda Rivero vient nous chercher pour nous guider vers la salle de conférence. A 8h45, nous sommes dans la salle qui a été décorée pour l'occasion. Un grand panneau écrit en espéranto nous souhaite la bienvenue (Bonvenon al Portreto de Planedo). Des espérantistes locaux ainsi que des membres d'associations d'amitié franco-vietnamienne viennent prendre place. 9h30, la conférence commence. Thu traduit l'espéranto en vietnamien et tout se passe bien du début à la fin. Après la présentation du diaporama, le moment des échanges a été très intéressant et nous avons été très agréablement surpris par les questions qui tournaient toujours autour de la protection de l'environnement. Nous ne pouvions pas toujours apporter de réponses précises aux questions du genre : mais alors que faire ? Car les réponses se trouvent probablement en chacun de nous. Nous sommes tous des pollueurs, c'est donc à chacun d'entre nous d'étudier la question et de changer ses comportements pour diminuer la taille de notre empreinte écologique.
Les journalistes nous attendaient à la sortie et nous avons pu nous en donner à coeur joie pour faire passer le message. Espérons seulement que nous aurons été compris.
En fin de matinée, on nous invite à une petite ballade dans Hanoï pour rejoindre un restaurant chic, fréquenté parait-il, par le roi du Cambodge. Nous pédalons dans un peloton d'espérantistes à vélo qui est lui même entouré par un groupe de motos composé de journalistes et d'espérantistes. Tout cet essaim évoluant au sein d'un flot continu et infini de motos. Vu du ciel, l'image devait valoir le coup d'oeil. Arrivés au resto au bord d'un lac, Verda Rivero nous explique qu'au fond des eaux il y a toujours la carcasse d'un avion de guerre américain qui s'est écrasé ici en plein centre ville. Le repas fut très bon, bien meilleur que ce que nous pouvons trouver dans les petits restos de rue. Deux vietnamiens francophones nous invitent au bal ce soir! Comme ça sans trop réfléchir, nous acceptons et le rendez-vous est pris pour 20h00.
20h00 sonne et sans trop savoir où nous allons, nous suivons ces deux hommes. Nous nous retrouvons dans une grande salle de bal où ne dansent que des confirmés ! Nous restons assis à regarder le spectacle. Sur une musique plutôt de style disco les couples dansent la valse, le chacha, le tango, la salsa. C'est du grand, grand spectacle ! Et parfois nous ne pouvons nous empêcher d'éclater de rire en voyant des danseuses pencher et balancer la tête comme des marionnettes, ou bien lorsqu'un homme trop grand danse avec une femme trop petite et que l'air de rien, il la soulève tellement qu'elle n'a plus du tout les pieds par terre. Tous sans exception, on dirait de vraies caricatures. Le film ''Dirty dancing'' version danse de salon. Nos copains nous poussent sur la piste. Finalement on se laisse tenter par une danse traditionnelle du Laos. Heureusement, le ridicule ne tue pas. Vers 23h00, la danse de salon se termine et commence la techno. C'est alors que tout notre stress accumulé au Vietnam, se libère. Tous les trois avec Anne, nous sautons comme des fous, bougeant dans tous les sens et exécutant des pogos (pas vraiment une danse, le pogo consiste à se jeter l'un sur l'autre comme des bêtes), nous évacuons toute cette énergie qui commençait à nous peser. Une fois libérés, nous rejoignons nos deux compères qui visiblement ne sont pas fans de la musique électro et peut-être un peu choqués par nos façons de danser. Nous rejoignons notre chambre d'hôtel où nous passons enfin une bonne nuit.
Le 14 juillet, Anne fait ses valises. Elle a revendu son vélo à une espérantiste. Nous embarquons son gros carton renfermant une tête de dragon et son gros sac à dos sur nos vélos, Anne transporte Hyen sur son vélo. Sur le chemin de l'aéroport, on ne parle pas beaucoup. Hyen et Fouah nous accompagnent. Pendant ce long séjour à Hanoï des liens suffisamment forts se sont tissés et bien entendu, au moment de la séparation, les larmes coulent de tous les cotés. Nous avons beaucoup aimé la visite d'Anne même si le Vietnam ne fut pas un pays facile pour nous. Elle nous aura bien fait rire! Elle n'est pas clown pour rien! On mettra plus tard ses coordonnées sur notre blog pour vous montrer ce qu'elle propose comme spectacles. Si vous voyez le spectacle sur la conférence du dragon, vous verrez la grosse tête de dragon qu'elle a rapporté du Vietnam (on précise pour les enfants, il s'agit d'un vrai dragon)!!! Pour nous, les adieux avec les espérantistes du Vietnam ont lieux le lendemain soir. Hyen et Fouah viennent nous dire au revoir. C'est toujours triste de quitter des gens avec qui nous avons passés de bons moments.
Le 16 août, nous quittons Hanoï mais pas la pollution ni le bruit. Pour rouler, nous devons utiliser nos masques et nos lunettes tellement il y a de poussière. Le dérailleur avant du vélo d'Alice est cassé. Impossible de changer de plateau, il faudra monter sur du 40 dents. En clair, ça va être très dur dans les montées.
En plus des masques et lunettes, nous devons pédaler avec des bouchons d'oreille car tous les véhicules qui nous doublent, klaxonnent. C'est une vraie maladie chez les vietnamiens. En plus il n'y a aucune limite dans les décibels. Les bouchons d'oreilles sont absolument indispensables si on tient à garder un minimum d'audition.
Point de vue climatique, il fait très très chaud et moite. Pour savoir comment nous nous sentons, mettez vous à la place de deux grains de riz perdus dans une cocotte-minute sur le feu. Dans cet enfer, personne ne pédale à part quelques écoliers. Sur cette route vers la Chine, nous nous faisons doubler par d'innombrables camions bourrés de cochons entassés exactement comme des sacs de riz. Si vous parlez de bien-être animal à ces gens la, vous allez les faire beaucoup rire, c'est sûr!
En passant à coté d'un poste de contrôle, un camion de cochons s'arrête. Un policier masqué sort sa pompe à traiter et, avec une grande lance, commence à asperger les cochons. Nous n'avons pas le temps de comprendre ce qui se passe, nous sommes au passage, aussi arrosés. Comme ça, nous ne craignons plus rien, nous avons notre dose d'antibiotique contre la grippe du cochon ! Cette route principale étant vraiment trop bruyante et dangereuse, nous décidons de bifurquer sur une petite route secondaire circulant dans les montagnes. Physiquement, c'est beaucoup plus difficile, mais en même temps, les paysages sont magnifiques et les gens plus tranquilles. Un soir, nous dormons dans un hôtel où se prépare un grand banquet de leaders communistes locaux. Ils n'ont sûrement pas l'habitude de recevoir des étrangers alors c'est la fête avec nos passeports qui passent de mains en mains. Ils sont pliés, froissés et subissent vraiment de mauvais traitements. Ils ont beau être plus nombreux et pas d'accord, nous décidons de récupérer de force nos passeports et nous leur donnons à la place des photocopies. Pour se faire pardonner de ce mauvais accueil, un camarade coco nous invite à boire de la bière. Il est en train de préparer des petits drapeaux communistes avec des baguettes en bambou. Le banquet se prépare, la salle se décore petit à petit et les bouteilles de vins et les plats de viandes commencent à se disperser sur les tables. Pendant qu'à l'extérieur, les paysans vont manger leur bol de riz quotidien, les chefs du parti dans cette petite fête privée, vont s'en mettre jusque là.
Le lendemain, l'étape est très difficile. Le soleil est brûlant et l'ombre très rare car les forêts ont toutes été coupées. Dans une montée particulièrement difficile à 10% sur 5km, nous ne supportons plus les brûlures du soleil à tel point que nous finissons par nous cacher à l'ombre de grandes herbes du bord de la route. Recroquevillés sous cet abri rudimentaire, nous agitons notre éventail jusqu'à ce qu'un nuage nous permette de continuer sur quelques dizaines ou centaines de mètres. Puis nous nous réfugions à nouveau sous un arbuste. Malgré cette torture solaire, nous apprécions quand même ces lieux tranquilles sans circulation, sans humain ou presque et en plus même pas agressif. Quand les enfants rentrent de l'école, ils portent tous leur tabouret de classe en plastique rouge. A notre grand regret, nous n'avons pas eu l'occasion de visiter l'une de ces écoles rurales. Cela aurait sans doute été très instructif. Au vue des panneaux qui ornent parfois les écoles et les camps militaires sur la grandeur du peuple communiste et la gloire de Staline, l'éducation des enfants doit se résumer en priorité à l'apprentissage de l'obéissance et le refoulement de tout questionnement qui mettrait en doute la grandeur de la nation. Bref, ici au Vietnam on n'a pas encore sorti mémé des orties.
Dans la petite ville frontalière, nous essayons de trouver un bureau de change, mais il n'y en a pas. Alors nous cherchons un commerçant avec qui marchander nos Dongs contre des Yuans. La première commerçante veut nous refiler des faux billets à un taux incroyable. Nous allons voir ailleurs et nous marchandons avec un vendeur de fringues ''made in China''. Il nous propose un taux intéressant. On se demande où est l'arnaque ? Mais après tout, nous sommes peut-être tombés dans une maison honnête. Il nous faudra attendre d'être en Chine pour constater que ce voyou, nous a arnaqués en nous refilant des billets de 50 centimes de Yuans au lieu de 5 Yuans, car sur le billet de 50 centimes, il est juste écrit 5. Du début à la fin, on se sera fait arnaqué au Vietnam.
Le passage de la frontière avec la Chine se fait par contre les doigts dans le nez. Nous avions beaucoup de craintes, mais finalement grâce à nos super vélos nous avons esquivé sans le vouloir tous les contrôles. Au premier bureau, nous avons donné nos passeports à tamponner, puis nous avons avancé sans nous arrêter devant le bureau où nous devons remettre notre carte de sortie du territoire puis le bureau de contrôle des bagages et celui de la quarantaine. Aucun contrôle, les gars ont surtout regardé les vélos au lieu de vérifier nos sacoches. Et c'est comme ça que nous nous sommes soudain retrouvés face à des fonctionnaires chinois dans un immense et affreux bâtiment gris. Nous voici en Chine!
Publié par alice.cedric à 12:31:17 dans Carnet de route | Commentaires (1) | Permaliens
Du 05 au 11 août 2009 (65 km)
Extrêmement fatigués par nos trois jours de stress intense, nous récupérons nos vélos à l'hôtel Elisabeth en leur expliquant calmement qu'ils se sont bien foutus de nous et que par conséquent nous ne resterons pas une nuit de plus dans leur établissement. La réceptionniste est au bord des larmes, pourtant nous sommes très calmes et pas du tout agressifs. Nous la consolons comme nous pouvons et lui faisons comprendre qu'elle n'y est pour rien. La pauvre fille travaille 7 jours sur 7 et se fait engueuler du matin au soir par son supérieur et par les clients. Nous reviendrons voir le directeur un autre jour. En quittant l'hôtel nous allons retrouver Lili et Reiku, les deux japonaises, qui louent une chambre dans une guest-house pas cher. Nous prenons une chambre, en précisant au patron que nous avons des vélos. Pas de problème, il nous autorise à les mettre à l'intérieur. Quelques instants plus tard, après avoir payé la chambre à l'avance, nous débarquons avec nos vélos et là, c'est le drame! Le patron a changé d'avis et ne veut plus accepter nos vélos. Ce n'est pas très grave, nous lui demandons de nous rembourser et nous allons voir ailleurs. Impossible pour ce monsieur de nous rembourser. Ce n'est pas très grave nous lui expliquons que nous dormirons ici et que nous garerons les vélos dans la rue pour la nuit. Impossible pour ce monsieur car il ne veut pas risquer que l'on se fasse voler devant chez lui. Pas très grave pour nous, nous lui expliquons qu'il y a assez de place dans son établissement pour mettre nos vélos sans gêner qui que ce soit. Impossible selon ce monsieur qui nous ressort encore un argument bidon. Ce n'est pas très grave et nous lui expliquons que si c'est trop compliqué, vraiment, il n'a qu'à nous rembourser. La négociation dure comme ça longtemps sans que jamais nous ne puissions entrevoir le moindre espoir. Tout compte fait, il fini par nous accepter mais seulement pour une nuit et à condition que l'on parte à la première heure demain matin. Malgré le calme apparent, à l'intérieur, nos nerfs sont à fleur de peau et notre sang est en ébullition. Partout on essaye de nous arnaquer, c'est franchement très fatigant. Si nous étions venus en simples touristes directement de France, nous aurions probablement payé partout sans nous poser trop de questions mais lorsque l'on connaît le prix pour les locaux et celui pour les blancs, il y a franchement de quoi se révolter !
Nous passons plusieurs jours à chercher un logement convenable à un prix raisonnable. En désespoir de cause nous allons voir un hôtel trois étoiles, préférant payer cher au moins en sachant pourquoi. Surprise complètement inattendue, nous arrivons à négocier le tarif et pour 20 dollars (soit le tarif d'une chambre pour trois, vétuste et moisie), nous avons une belle chambre confortable, propre, calme, avec une belle salle de bain et une télé écran plat dont on se passerait volontiers.
Quelques jours avant la conférence, Thu vient nous rendre visite pour voir et corriger le diaporama. C'est une personne d'une gentillesse incroyable et grâce à lui nous pouvons rencontrer l'association VAVA < http://www.vava.org.vn >, Vietnam Association for Victims of Agent orange & dioxin qui tente de soigner les victimes de l'agent orange de Monsanto. Nous rencontrons en particulier le professeur TRAN XUAN THU qui étudie les effets de l'agent orange et de la dioxine sur le corps humain. Son exposé est accablant. Comment une société telle que Monsanto peut exister encore aujourd'hui et se vanter de vouloir le bien de l'humanité en balançant dans la nature ses OGM monstrueux et son Roundup (désherbant très utilisé à travers le monde et aussi en France.
Aparté d'Alice :
Alice : ''Vous vous souvenez de la publicité avec le petit chien Rex qui veut retrouver son os dans la terre du jardin. Malheureusement pour lui une ''mauvaise'' herbe, l'empêche de creuser! Hop un petit coup de Roundup, la plante meurt et le chien peut retrouver son os arrosé de Roundup. Après l'avoir mangé, il aura un bon cancer! Car cette publicité de Monsanto mentait honteusement en disant que ce produit polluant, était BIODEGRADABLE, donc qu'il n'avait aucune incidence sur l'environnement! N'est-ce pas wonderful, ça? Heureusement la justice a condamné (un tout-petit peu) Monsanto pour cette publicité mensongère.
Hélas, la France est sur le podium des plus gros utilisateurs de pesticides dans le monde. Et cette mauvaise habitude est bien ancrée chez les agriculteurs, les municipalités mais aussi et surtout chez les jardiniers amateurs qui s'acharnent à vouloir un jardin PUPQD (Pas Un Poil Qui Dépasse!).
Bon je voulais juste envoyer un message de soutien à mon père qui loue un jardin ouvrier et qui va sûrement arrêter, non pas parce que c'est dur physiquement de cultiver mais que c'est dur psychologiquement. Et oui, car régulièrement il reçoit des lettres d'avis d'expulsion, de l'association des petits jardiniers, parce que son jardin n'est pas ''PUPQD'' et qu'il doit se dépêcher de désherber s'il ne veut pas être viré! En gros dans son jardin, il ne doit pas y avoir un brin d'herbe!!! Incroyable non? Les chemins doivent être désherbés! Ce qui n'est pas agréable car la terre se colle en gros paquet sous les bottes! Alors beaucoup de jardiniers bétonnent, mettent des cailloux, du sable et/ou du ROUNDUP mais surtout pas d'herbe!!! C'est sale dans un jardin!
Mais ce n'est pas tout, entre les légumes aussi, tout doit être ''PUPQD''! Donc la majorité des petits jardiniers chimistes amateurs arrosent de désherbants entre leurs pieds de légumes et aspergent régulièrement le tout d'engrais chimiques. Vous l'aurez compris, mon père veut un jardin biologique, naturel et sans produits chimiques qui donneront le cancer après avoir mangé des légumes empoisonnés.
Si c'est pour produire de la saloperie, autant l'acheter dans les supermarchés, ça fera gagner du temps, ça coûtera moins chers et ce sera peut-être plus sain car une étude a montré que les jardiniers amateurs avaient des légumes contenant plus de produits chimiques que les légumes industriels car ils dosent mal les produits. Je ne veux pas lancer une guerre entre les jardiniers, seulement qu'ils tolèrent mon père jardiner comme il le veut sur son terrain et pourquoi pas échanger des idées de jardinage plus respectueuses de l'environnement et de la santé. Le chiendent n'a jamais tué personne alors, vive l'herbe verte dans les allées!
Bon revenons en au récit sur l'agent orange''.
Comment des agriculteurs, des hommes politiques, des scientifiques peuvent-ils croire Monsanto, cette firme multinationale à l'origine d'un poison aussi terrible que l'agent orange ?
Ce produit (l'Agent Orange) n'a pas été conçu comme un simple pesticide, il contient aussi une grande proportion de dioxine dont le but est ni plus ni moins d'empoisonner les hommes pour des générations et des générations, en altérant leur patrimoine génétique. Résultat, aujourd'hui encore et pour plusieurs générations à venir, des enfants naissent avec des malformations monstrueuses. Le professeur nous explique que l'altération du patrimoine génétique par la dioxine est terrible et en de nombreux points similaires aux effets de l'irradiation suite à l'accident nucléaire de Tchernobyl. Il nous explique aussi que le cocktail entre dioxine et irradiation, même à des doses extrêmement faibles, aurait des conséquences encore plus dramatiques. Cela nous fait frémir et nous ne pouvons nous empêcher de penser à la France. Car dans ce bel hexagone, le cocktail de ces poisons mortels est déjà réuni. Nous avons nos vieilles centrales nucléaires entretenues par des intérimaires surexploités, sur-irradiés et sous antidépresseurs, nos déchets radioactifs qui se promènent un peu partout de la Côte d'Azur à la manche en passant par la Creuse et la Lorraine, nos pesticides chimiques qui ont déjà atteint les nappes phréatiques et puis nos incinérateurs dernières générations qui crachent encore leur nuage de vapeur d'eau et de dioxine!
Par respect pour les victimes de l'agent orange ou de Tchernobyl, tout le monde devrait descendre dans la rue pour réclamer l'arrêt du nucléaire, l'arrêt des incinérateurs, des pesticides, des OGM! Et le comportement de chacun devrait changer tout de suite en devenant responsable. Tous les citoyens riches ou pauvres devraient enfin se sentir concernés par l'avenir de leur propre existence ! Au lieu de cela, nous avons souvent l'impression que la majorité de la population reste anesthésiée par les politiciens et les médias et que les quelques lanceurs d'alerte comme le professeur Tran Xuan Thu ou de simples citoyens ne sont pas soutenus, voire même, pas écoutés et pris au sérieux. Devant un tel constat, nous avons souvent l'impression que l'humanité est à coté de la plaque. Ce ne sont pas les quelques faucheurs d'OGM en sandales et en short qui devraient être jugés mais plutôt les entreprises comme Monsanto et les politiciens complices, qui sont responsables de la mort de millions d'innocents à travers le monde.
Nous n'avons pas eu le temps ou peut-être pas voulu prendre le temps d'aller jusqu'au village des victimes de l'agent orange. Est-ce que nous aurions supporté de rencontrer ces enfants difformes au point que nous nous posions la question : est-ce un enfant ou un monstre ? Contrairement au film d'horreur, nous n'oublions pas ce que nous avons vu. Nous n'oublierons pas les photos que le professeur nous a montrées et qui continuent de nous hanter. Le pire est de savoir que le grand coupable de toute cette horreur est toujours libre et s'appelle MONSANTO. Peut-être que vous avez du Roundup de Monsanto dans votre garage? Ou bien peut-être que vous mangez des biscuits ou de la viande d'animaux nourris avec du maïs ou du soja transgénique de Monsanto? Peut-être que votre tee-shirt est en coton transgénique de Monsanto?
Que faire? Virer au naturel, au bio, faire un jardin sans pesticides, ne plus manger de viande ou alors beaucoup moins et de la bonne, vous avez sûrement plein d'autres idées à partager alors allez y ! Causez-en !
Bon, désolé pour ce passage pas très joyeux, mais on ne pouvait pas ne pas vous en parler et il nous est impossible de plaisanter sur ce sujet extrêmement grave. Donc, revenons en à Hanoï en l'an 2009, le 12 août exactement , jour de notre conférence en Esperanto...
Publié par alice.cedric à 11:50:16 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens
Du 2 au 4 aout 2009.
Pour ne pas rester dans la pollution et le stress de la capitale et découvrir le pays pendant qu'Anne est avec nous, nous décidons de partir visiter la baie d'Halong, cette sois-disant merveille du monde. Pour aller dans cette baie, nous n'avons aucun contact de personnes pouvant nous aider à avoir des tarifs avantageux, ou nous permettant d'échapper à l'industrie touristique. Nous faisons donc confiance à l'agence de voyage de l'hôtel même si le gars qui nous vend le séjour à une vraie tête d'arnaqueur. De toute manière, dans ce pays, dès que nous devons sortir le porte monnaie, c'est pour nous faire arnaquer alors...
Nous négocions 10 dollars de réduction par personnes pour une visite de 3 jours et deux nuits dont une sur un bateau. Pour 45 dollars par personne nous nous engageons à suivre le programme touristique proposé, même si nous nous doutons que cela n'aura rien de très excitant d'être dans un groupe compact agglutiné derrière un guide probablement grotesque qui ne pourra s'empêcher de faire le beau et le monsieur ''je sais tout''. Au moins nous nous disons que pour une fois, nous pourrons nous reposer car nous n'aurons pas à chercher un endroit pour dormir ou pour manger. Nous allons faire les moutons dociles et suivre le groupe bêtement en prenant des photos quand le guide nous dira de prendre des photos.
Départ pour la baie d'Halong le dimanche 02 août 2009. Le bus est plein de touristes en short, comme nous. C'est parti pour être une expérience inoubliable !
Première pause pendant le trajet en bus. Nous nous arrêtons dans une station pleine de touristes blancs, uniquement des occidentaux dont plus de 99% ont traversé la planète en avion pour venir faire du bus et du bateau au Vietnam et acheter des souvenirs du pays fabriqués dans des industries locales ou chinoises. Il faut préciser, quand même, que la plupart de ces objets, nous les voyons vendus uniquement dans ces boutiques à touristes et nous ne les voyons jamais utilisés traditionnellement dans le pays.
Arrivés à Halong vers midi, nous commençons à attendre le guide qui nous emmènera sur le bateau. Nous allons probablement abréger le récit de cette visite touristique car racontée dans les détails, ce serait lassant pour le lecteur et puis cela nous ferait remonter une boule de stress que nous essayons encore d'évacuer. Autant le dire tout net, ce qui devait être pour nous 3 jours de repos, ont été 3 jours de cauchemar!
Nous avons été déshumanisés par l'industrie touristique qui nous a considérés comme du bétail à transporter en échange de l'essorage forcé de nos porte-monnaies. Rien du programme, que nous avons payé, ne s'est déroulé comme prévu. Le premier jour, nous avons été trimbalés de bateau en bateau au lieu de nous reposer et faire les visites prévues. La première nuit, au lieu de la passer sur le bateau, nous avons été déposés dans un autre hôtel que celui décrit par le programme. Le deuxième jour, nous avons fait du bus et attendu toute la matinée au lieu de visiter le parc naturel national de l'île de Cat Ba. Vers 11h00, enfin, un bus nous dépose à l'entrée du parc. Nous avons moins d'une heure pour la visite. Vite, vite !! Comme des centaines de touristes nous marchons dans la boue sur un sentier pas du tout entretenu jusqu'au sommet d'un rocher, surmonter d'une tour métallique rouillée prête à tomber sous le poids d'une demie douzaine de touristes. Aucun entretien ne semble être effectué et les bords du sentiers sont de vraies décharges de bouteilles en plastique, d'emballages divers et de piles (mais où vont les milliards de dollars que rapporte cette industrie touristique). Les gens glissent, tombent, et reviennent maculés de boue. Pas le temps de rester dans le parc, vite vite il faut aller manger puis retourner au port prendre le bateau pour visiter l'île aux singes. En début d'après midi, nous sommes tous prêts à embarquer. Le bateau, lui, arrive au crépuscule. Nous avons passé la journée à l'attendre, harcelés par de pauvres femmes qui ne savent parler anglais que pour vendre des bouteilles d'eau, des boites de chips et des cigarettes.
Le soleil se couche et le bateau arrive. Le guide ment comme il respire en disant que le bateau est tombé en panne. Les touristes qui débarquent nous donnent une toute autre version. Tout le monde est à bout de nerf. De nombreux touristes du groupe craquent et nous ne sommes pas les derniers. L'ambiance est plus que chaude. A chaque instant, nous craignons que la situation n'en vienne au poing. Heureusement le jeune punk anglais avec ses tatouages et ses piercings n'est pas aussi méchant qu'il en a l'air. Notre cabine sur le bateau est très belle, toute en bois, avec une belle petite fenêtre. En sortant, tout nu de la salle de bain, une femme fait son apparition par la fenêtre. Elle a abordé notre bateau avec son petit radeau puis, escaladé la coque pour venir nous harceler et nous vendre des bouteilles de vin bon marché. Nous la renvoyons dans son radeau gentiment mais elle continue son harcèlement pour tenter de nous revendre des bouteilles d'eau, des chips, des cigarettes ou de la bière chaude. Au moment de dormir, nous demandons s'il est possible d'éteindre la musique du bar et le moteur du bateau. C'est que notre chambre se situe exactement au dessus du moteur et que celui-ci va rester en marche toute la nuit pour alimenter en électricité tout notre bateau plus un autre qui s'est branché dessus. En plus de vibrer au rythme du moteur à explosion, nous respirons les gaz d'échappements. Cette fois-ci s'en est trop, malgré l'opposition et les tentatives du guide pour nous en empêcher, nous déménageons la chambre et nous l'installons sur le toit du bateau, plus tranquille. Au petit matin, tout le groupe de touristes ronfle sur le toit à l'exception d'Anne qui est restée sagement toute la nuit dans sa cabine sans pouvoir fermer l'oeil tellement il y faisait chaud et qu'il y avait de bruit.
Troisième et dernier jour, Pas le temps de prendre un petit déjeuner. A 6h30 du matin, on nous débarque pour faire une heure de canoé kayak. L'équipage nous envoi ramer avec le risque de provoquer chez certains des malaises et des crises d'hypoglycémie. Anne préfère rester sur la bateau, mais nous deux, nous partons ramer le plus loin possible dans des coins tranquilles, près de la nature. Un peu d'exercice physique matinal nous fait énormément de bien et libère un peu de tension.
Ces trois jours de ''repos'' nous ont énormément fatigués, physiquement et surtout moralement. Autant le dire tout net, c'est la grosse déprime. Heureusement que les autres touristes qui ont souffert comme nous, sont très sympas. Nous faisons plus ample connaissance avec Lili et Reiku, deux japonaises à qui nous ne manquerons pas de rendre visite lors de notre passage au Japon. Il y a aussi l'américain, professeurs de socio qui tente d'étancher sa soif intense avec de la bière quand l'équipage coupe la ventilation pour nous faire consommer plus. Puis il y a aussi Richard le hollandais tranquille et le jeune couple d'anglais avec leurs jambes couvertes de brûlures de méduses.
Si nous devons faire un rapide bilan de notre visite de la baie d'Halong, nous pouvons considérer qu'effectivement d'un point de vue paysage et naturel, c'est vraiment remarquable. Le seul et unique grand problème qui gâche toute la beauté des lieux, c'est l'industrie touristique ! Avec ces milliers de touristes sur des bateaux souvent en mauvais état, la baie est très polluée et appauvrie. En plus de l'huile de moteur, il y a les vidanges de WC dans l'eau et les plastiques qui flottent. Les embouteillages de bateaux et les klaxons. L'éclairage des grottes qui assèche l'air et les parois, modifiant ainsi complètement la dynamique naturelle des lieux comme la fabrication des stalactites. Sur l'île de Cat Ba, la production industrielle de déchets par les touristes est gérée simplement par l'incinération d'une montagne de plastique en plein coeur de l'île et de la forêt tropicale. Sur cette même île, l'eau douce est pompée par les hôtels pour les douches des touristes. L'eau du robinet est de plus en plus salée, l'eau douce sur l'île est de plus en plus rare. Un guide sincère avec qui nous avons longuement discuté pendant l'une de nos longues attentes, nous a exprimé son dégoût profond pour son travail. Il est payé une misère et passe son temps à gérer les conflits avec les touristes furieux qui en toute légitimité expriment leur rage de s'être fait arnaquer.
Encore une fois, l'industrie touristique rapporte des millions de dollars. Mais où va tout cet argent ? En tout cas, pas dans la rémunération des guides et des ouvriers de cette industrie. Pas non plus dans la protection de ce patrimoine naturel unique. Pas dans l'entretien de l'infrastructure existante ni dans des projets visant, par exemple, à réduire le gaspillage d'eau douce, ou la pollution de la baie, ou le recyclage des déchets.
Nous ne pouvons que vous inviter à ne pas aller là-bas et surtout à ne pas donner un centime à cette industrie touristique destructrice qui a déjà changé ce lieu paradisiaque en enfer sans aucun intérêt.
Pour que vive la baie d'Halong, la seule solution est de développer un tourisme intelligent respectueux de l'environnement et rémunérant directement les habitants locaux qui se chargeraient de l'accueil de touristes responsables respectueux et actifs.
Publié par alice.cedric à 09:57:03 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens
du 30 juillet au 1er aout (38 km)
La première chose que nous faisons arrivés à Hanoï, c'est de prévenir nos amis espérantistes que nous y sommes enfin. Notre première rencontre avec eux se passe chez Thu. C'est Verda Rivero qui vient nous chercher un matin à notre hôtel. Lui est à moto et nous à vélo. Nous essayons de ne pas le perdre au milieu des tonnes de poussières et pollution générées par le trafic des milliers de motocyclistes de la capitale. La pollution et le bruit sont vraiment très très impressionnants !!! Bip bip,pouet pouet et compagnie!
Nous sommes une petite dizaine pour cette première rencontre très conviviale. Les gens avec qui nous sommes, n'ont absolument rien à voir avec le reste des personnes que nous avons croisées. L'ambiance est au beau fixe et surtout, nos amis nous annoncent une grande nouvelle qui nous honore. La première chose qu'ils nous disent en arrivant a été : ''Finfine vi atingas nian landon. Ni atendis vin de antaûe du jarojn !'' En français, cela signifie : ''Finalement vous êtes arrivés dans notre pays. Nous vous attendions depuis deux ans!'' Comment ça ils nous attendent depuis 2ans ? Comment ont-ils su, alors que nous n'étions pas encore partis de France et que nous parlions à peine quelques mots d'esperanto ?
En fait, on ne sait trop comment, ils ont eu l'information de notre voyage lorsque nous le préparions en 2007 et que nous avions envoyé des messages aux espérantistes de l'Europe jusqu'à l'Inde. A partir de ce message de prospection visant à avoir des informations nous permettant de préparer le voyage, les espérantistes vietnamiens sachant que nous envisagions un passage par chez eux ont commencé à nous attendre.
Notre venue ici était donc très attendue, d'autant plus que nous sommes considérés comme les successeurs de Lucien Peraire, un autre français espérantiste qui avait voyagé en vélo dans les années 30. Célèbre voyageur espérantiste, il avait notamment bricolé son vélo pour lui permettre d'utiliser les rails du transsibérien. Ses coups de pédales l'avait conduit au Vietnam à la rencontre du mouvement espérantiste. Pour ces hommes et femmes que nous rencontrons aujourd'hui, nous sommes considérés comme les successeurs de Lucien Péraire et nous symbolisons à nouveau l'espoir de paix entre les peuples. Cette déclaration nous touche énormément et nous émeut, d'autant plus que nos premiers échanges avec les habitants de ce pays ont été plutôt violents. Rencontrer de vrais pacifistes, nous fait très chaud au coeur. Décidemment, ceux qui parlent esperanto sont toujours des gens bien. Savoir que le nombre d'espérantistes au Vietnam est important nous rassure et nous fait très plaisir.
Quelques jours après cette première rencontre, nous nous sommes retrouvé par un après midi pluvieux dans un parc de Hanoï, sous l'arbre de Zamenhof (le créateur de la langue universelle, l'Esperanto), planté à l'occasion du deuxième congrès asiatique d'Esperanto il y a dix ans. Un jeune arbre déjà très beau et suffisamment grand pour nous offrir un bel abri contre la pluie. A cette occasion, nous sympathisons avec des jeunes filles, Yen, Phuong et Trong qui parlent très bien esperanto. Elles nous font découvrir les coins et recoins de la ville et leur culture. Elles nous aident aussi à éviter les arnaques. Lorsque nous avons besoin d'acheter quelques choses, nous demandons le prix aux commerçants, nous essayons en vain de négocier, puis discrètement nous leur demandons d'acheter pour nous. A chaque fois c'est pareil, elles nous font économiser de l'argent grâce à leur nationalité. Nous et nos têtes de blancs becs, ce sera toujours plein tarif !
Yen nous fait visiter sa maison. C'est son père qui a dessiné les plans. En plein coeur d'Hanoï, c'est une maison traditionnelle en bois et en brique alors que toutes les constructions nouvelles sont affreuses et uniquement en béton gris. Le père de Yen, quand même quelqu'un d'écolo, refusait d'avoir la climatisation dans sa maison. Aussi fou que cela puisse paraître, malgré la chaleur tropicale, l'air de la maison est tout à fait supportable grâce à une conception des espaces intérieurs jouant avec les courants d'air. Le principe : rafraîchir au maximum pendant la nuit et limiter au maximum le réchauffement pendant la journée. En plus d'être écologique, agréable et économe la maison est magnifique ! Sans aucun doute la plus belle que nous ayons vue dans tout le Sud Est asiatique. Un phénomène incroyable par exemple, ce sont les racines aériennes d'une plante sur le toit, qui passent à travers la toiture sans l'endommager ni la rendre perméable. Les radicelles de plusieurs mètres tombent dans la chambre jusqu'au plancher. C'est un phénomène vraiment unique dans une maison ! Autre astuce toute simple et évidente pour rafraîchir la maison, des arbres et des plantes lui font de l'ombre. Cela peut paraître simple comme idée, n'empêche que dans ce pays tropical, personne n'y pense et tout le monde s'acharne à gaspiller les ressources de la planète en bâtissant des maisons en béton très mal conçues, étroites, sur plusieurs étages qu'il faudra refroidir a l'aide de climatiseurs énergivores et polluants, coûtants cher au propriétaire et à la planète.
De retour dans notre hôtel le soir, nous faisons la rencontre d'un groupe de voyageurs à vélo, composé d'un américain, un néo-zélandais et un couple de canadiens. Tous sont très sympas et autour d'un repas nous échangeons nos expériences de voyageurs. Ils sont très surpris des mauvaises rencontres que nous avons faites dans les montagnes à l'ouest d'Hanoï car pour eux qui ont longé la côte depuis le Sud du pays, ils ont surtout rencontré des gens accueillants et pacifiques. Comme quoi...
Nous sommes le 31 juillet 2009 et nos amis espérantistes nous proposent de faire une conférence sur le thème de notre voyage en insistant bien sur l'aspect environnement. A notre grande surprise, ils insistent pour que l'on parle de protection de la nature. Cela nous fait très plaisir et ça tombe plutôt bien car c'est quand même le thème de notre voyage. La conférence est prévue pour le 12 août. Impossible pour nous de rester 12 jours à Hanoï et comme tout le monde nous dit que visiter le Vietnam sans voir la baie d'Halong est comme visiter Paris sans voir la tour Eiffel, nous préparons donc une escapade à la découverte de cette merveille du monde.
... à suivre donc, le troisième épisode mémorable sur la baie d'Halong !
Publié par alice.cedric à 10:33:01 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens