Bonjour et
Bienvenue
sur le blog de
Portrait de Planète
C'est ici que vous pourrez suivre
le voyage de
Cédric et Alice.
Vous y trouverez des photos, des vidéos, des sons, le carnet de route des voyageurs et surtout de nombreuses informations sur ceux qui luttent un peu partout dans le monde pour la préservation de l'environnement
A tout moment, cliquez (ici) pour retourner sur le site de Portrait de Planète
Bedaurinde, nia blogo estas en franca, tamen, vi povas vidi kelkajn bildojn. Post la voyagxo, ni provos skribi libron esperante pri nia historio
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Lundi 15 Septembre
Ce matin, nous sommes retournés au local de l'association. Dans la rue nous parlons longuement anglais avec un passant qui nous apprend énormément sur le pays et à tout point de vu, que ce soit historique, politique, sociale. Il nous parle des Bazars noirs, les seuls endroits où l'on peut se cultiver et trouver des livres ou des films intéressants. Pensez que des films comme « Amélie Poulain » ou bien encore « la Soupe au choux », sont interdits en Iran car on y voit des femmes sans voile et des hommes qui boivent de l'alcool. Au local de l'association, nous avons pu enfin avoir un entretien téléphonique avec la Radio France bleue Berry. Nous avons également eu accès à Internet bas débit. Il nous aura fallu plus de 4 heures pour mettre quelques photos en ligne.
Pour le déjeuner, nous avons été invités par Mohammed qui travaille dans le local de l'association, ou plutôt c'est l'association qui squatte chez lui. Il diffuse des magazines d'informatique dans tout le pays. Dans son logement à l'étage, nous mangeons avec ses deux garçons et Reza. La femme de Mohammed ne mange pas car elle fait le ramadan. C'est la première croyante pratiquante que l'on rencontre. Même à la maison, elle porte le voile à cause de nous, les étrangers. Après manger, nous avons la visite d'un groupe d'étudiants. Ils nous apportent des glaces (eux non plus le ramadan........). Par contre, lorsqu'un professeur d'université sonne à la porte, il faut rapidement cacher les glaces derrières les piles de papiers et que les filles remettent leur voile.
A 18h nous partons prendre le bus pour Racht, une ville au Nord du pays. Nous avons été invités par Akbar, un Espérantiste très gentil. Sur le terminal de bus de Téhéran, nous n'avons pas cherché longtemps LE bus pour Racht. Nous avons essayé la technique iranienne, ça marche très bien. Il suffit de crier Racht, Racht, Racht !!! Et quand un homme à la porte du bus crie Racht, Racht !!! C'est bon, on a trouvé le bon bus. Nous n'avons pas cherché longtemps, mais pendant un temps, nous nous sommes demandé si nous avons fait le bon choix. Avec les vitres fissurées, le bricolage électronique apparent, les bruits de taules dans les soutes et le bouquet de roses noires en plastique. Nous avons l'impression d'être montés dans un cercueil roulant. Et nous ne parlons pas du chauffeur nerveux qui est le sosie parfait du chef des méchants dans le film de Louis de Funès, « Rabbi Jacob » : gros, frisé, avec 2 petits yeux noirs cruels.
Finalement, on arrive à bon port avec une heure de retard sous un déluge incroyable !!! Nous n'avons pas vu d'eau depuis si longtemps. Akbar nous explique que c'est comme ça tout le temps dans le Nord du pays. Les précipitations arrivent de la Caspienne et sont arrêtées tout de suite par les montagnes. Au Nord de la chaîne montagneuse, tout est verdoyant et très humide, on y cultive beaucoup de riz et de thé. Au Sud, c'est le désert.
Dans sa maison, Akbar nous présente sa femme. C'est la deuxième croyante que l'on rencontre. Elle ne parle pas beaucoup mais est très gentille. Elle est directrice d'école et est très occupée à préparer la rentrée. Elle a beau être pratiquante, elle nous prépare de délicieux repas et tolère tout à fait qu'Alice tombe le voile à la maison.
Mardi 16 septembre
Akbar nous emmène visiter sa
région. Nous faisons le plein de fraîcheur, de
chlorophylle et de pluie avant de s'attaquer prochainement au désert,
à la chaleur, la soif, les tempêtes de sables. Nous
pique-niquons sur le rivage de la mer Caspienne. Sur ce coin de
plage, cachés de la police, tout le monde essaye d'oublier un
instant le régime dictatorial. Filles et garçons se
baignent ensemble, certaines ont fait tomber leur voile dans l'eau,
tant pis. D'autres fument, et nous festoyons. Akbar nous emmène
dans des villages. Dès qu'il peut, il nous fait déguster les
spécialités culinaires de sa région. Il nous
explique qu'en Iran, il y a énormément de cultures
différentes et que d'un village à l'autre, la langue,
la nourriture, la musique peuvent changer complètement. En fin
de journée, il nous emmène dans le bazar de Racht. Les
parties bibelots, vaisselle, fournitures scolaires et vestimentaire
restent assez classiques. Par contre la partie alimentaire est
impressionnante. Il fait une chaleur moite. La pluie a rincé
toutes les étales des commerçants et un ruisseau de
bouillon de culture coule sous nos sandales, mélange de jus de
légumes, de poissons et de viandes. Derrière un nuage
de mouches, un vieil homme assis sur un tabouret, cris pour essayer
de vendre les poissons étalés devant lui. Un autre
commerçant, assis par terre, passe des dizaines de têtes
de moutons au chalumeau (Qui peut manger ça ?). De la viande
noire est suspendue à des crochets. Un marchand de légumes
pousse la chansonnette, un autre cri des poèmes disant que ses
légumes sont délicieux et pas chers. Sa façon de
servir les aubergines est par contre bien moins poétique. Il
les prend à pleine brassée dans un tas posé par
terre baignant dans le jus, puis les jette dans un grand sac
plastique.
Mercredi 17 septembre
Debout de bonne heure, Akbar nous
promène encore aujourd'hui. Il doit faire le plein de sa
voiture. Pour le GPL, il faut attendre 1 heure (et encore, il n'y a
pas trop de monde. Parfois c'est 4 heures d'attente). Pour l'essence,
on attend moins longtemps, mais il y a un rationnement. 4 litres par
jour et par véhicule, pas une goutte de plus, sinon le prix du
litre est au moins quadruplé. Parfois on s'étonne
qu'avec un rationnement sur l'essence, on observe autant de trafic
sur les routes et autant de pollution. Le matin, nous visitons le
célèbre village de Masulé. Perché dans
les montagnes, le long d'un torrent, la tête dans les nuages,
c'est un village très ancien inscrit au patrimoine mondial de
l'UNESCO. Les maisons toutes à flanc de montagne sont collées
les unes à coté des autres et les unes sur les autres.
On circule dans le village par des petites ruelles étroites et
aussi en marchant sur les toits terrasses. Akbar nous raconte qu'il y
a une douzaine d'années, il était venu en famille dans
ce village. Il s'était arrêté quelques kilomètres
sous le village pour pique-niquer quand soudain tout un flot de
voitures est redescendu tombeau ouvert dans la vallée. Les
gens criaient, tout le monde était affolé. En fait, une
énorme averse due à un orage violent, avait
décroché de gros rochers qui s'étaient encastrés
sous un pont. En quelques secondes le torrent a débordé
emportant tout sur son passage et faisant une cinquantaine de morts.
Il nous raconte que pendant le nettoyage du village, on retrouvait de
temps en temps dans la boue, une main, une jambe, une tête...
Bref, une histoire sympa qu'on a un peu hésité à
mettre dans le blog. A par ça les maisons sont très
bien isolées, du fait qu'elles sont à moitié
enterrées et que les murs et la toiture sont fabriqués
essentiellement à base de terre, de fibres végétales
et de bouses. Dans ce village, mais surtout dans une autre ville à
une vingtaine de kilomètres, on fabrique des pâtisseries
absolument incroyables !!! Il n'y a qu'ici qu'on en mange et qu'on
les fabrique. C'est un genre de biscuit fourré avec une espèce
de pâte à base de noix. Ca s'appelle Kouloutché
et c'est bon à s'en faire exploser le ventre. En plus, ce n'est
vraiment pas cher, 35 centimes d'euro les 5 pièces.
L'après midi, Akbar veut nous emmener visiter un château que lui même n'a jamais vu. Au bout de plusieurs kilomètres d'une petite route de montagne, nous y sommes. Pas au château, mais au pied des escaliers qui y mènent. C'est un chemin à travers bois, en partie le long d'un torrent et comme ça grimpe sévère, ils ont eu la bonne idée de mettre des marches (plus de 900). Avec la pluie qui tombe de plus en plus fort, nos sandales avec nos cales de vélo et les escaliers tordus et aux marches déformées, ce n'est pas facile. Akbar lui, s'arrête régulièrement reprendre son souffle. Au bout d'une heure et demie d'ascension, c'est le déluge, mais nous y sommes. Une gigantesque forteresse s'impose au dessus de nous. Surprise, en passant la grande porte d'entrée en bois, sous le porche, un vieux monsieur tout maigre avec une veste de militaire est assis à un bureau et vend des tickets. Nous qui pensions que l'ascension était un prix suffisant pour visiter le château. Une famille nous rejoint et le vieux guide nous emmène au travers des ruines. En fait, ce n'est pas qu'un simple château, c'est une forteresse de 3 kilomètres de long qui suit la crête de la montagne. Elle n'est pas sans rappeler la grande muraille de Chine. La pluie qui tombe à grosses gouttes et la forêt qui transpire nous englobe dans une atmosphère très troublante. Dans la brume on distingue les silhouettes des arbres, le contour des ruines et soudain, on plonge dans l'oeuvre de Tolkien « Le Seigneur des Anneaux ». Où sont les Hobbits, les Nains, les Trolls et autres créatures fantastiques ? Il ne manque plus qu'eux ! La nuit approchant, nous devons redescendre rapidement, nous n'aurons pas vu un cinquième du site. Par une journée ensoleillée (très rare par ici), il faudrait pouvoir venir très tôt le matin et passer au minimum une journée sur le site.
Nous retournons à la voiture il fait nuit noire. Impossible d'enlever l'alarme électronique, la télécommande à pris l'eau dans la poche d'Akbar. La famille qui nous a accompagné dans la visite puis dans la redescente, nous est venue en aide. Akbar s'est chargé de leur faire la promotion de notre voyage, ce qui nous a valu une invitation chez eux lorsque nous passerons à Ispahan. En nous écoutant parler Espéranto, ils se sont intéressés à cette langue et projettent d'apprendre.
Jeudi 18 septembre
Cédric : « Akbar et
sa femme ont insisté pour que l'on reste, enfin.... c'est
surtout sa femme qui a insisté pour qu'Alice l'accompagne à
une fête 100% woman. Ce soir, quand sonnera l'heure de rompre
le jeûne diurne du ramadan, les copines vont se retrouver dans
une maison. Les hommes auront foutu le camp, les tchadors vont
tomber; et Akbar m'assure que sous les voiles, des femmes vont
apparaître en tenue de soirée, débardeurs et
cheveux au vent, rien à voir avec les fantômes qui
rodent sur le bord des routes. »
Nous profitons donc d'une journée
de repos pour dormir jusqu'à 11h puis nous flânons dans
la maison. Nous écrivons, regardons la télé...
C'est très intéressant la télévision
Iranienne, on peut y voir Lucky-Luke en persan et Nicolas Hulot très
bien doublé. Ca c'est pour la partie marrante de la télé.
Pour le reste du programme, il y a essentiellement des émissions
religieuses, des débats d'Imam, des prières, des récits
de coran sur fond d'images de mosquées. Il y a aussi le
journal télévisé qui nous donne un max la
trouille et ne parle que de tremblement de terre, de guerres par ci,
d'attentats par là, de bombardements, d'épidémies...
Dans ces mêmes journaux, on voit des images de l'Islam toute
puissante avec des leaders devant lesquels s'agenouillent des
millions de fidèles qui remplissent les rues tous regardant la
même direction, parfois debout levant le poing en criant Allah
Akbar !!! Pour finir il y a toutes ces séries où les
acteurs font la gueule, les femmes qui chialent tout le temps et
finissent en enfer. Si la série dure 20 minutes, on peut
compter 20 minutes d'une mixture d'engueulades, de larmes et de mort
(en réfléchissant bien, on doit avoir les mêmes
séries débiles en France).
Cédric : Pendant qu'Alice est partie faire, entre guillemets, la fête avec les femmes, Akbar et moi parlons beaucoup sur des sujets divers comme le voyage, l'Espéranto, la vie en France et en Iran. Puis nous sommes invités chez des amis instituteurs. « Ni mangas rapide, poste ni iras !!! » qu'il me dit. Donc c'est ce que l'on fait. Nous mangeons rapidement, puis on part. La femme ne semble pas très pratiquante. Ils ont deux enfants clowns qui commencent à bien parler Anglais. Nous avons droit à un deuxième repas ainsi que de nombreuses délicieuses pâtisseries. Dans cette maison, on rêve de liberté. Ils nous montrent la vidéo d'un mariage. Ils me préviennent « tu vas voir ce que c'est que les Iraniens ». C'est absolument fou, au début de la soirée du mariage, les femmes ont presque toute le voile et leur visage ressemble beaucoup à celui des femmes de la télé, c'est à dire : triste. Quelques minutes plus tard sur la piste de danse, j'ai l'impression de regarder la vidéo d'un mariage français. Exactement tout pareil, pas un seul voile, des filles aux coiffures compliquées et MEME ! Des mecs bourrés. Comment est-ce possible ? Nous apprendrons plus tard par d'autres personnes que la police est souvent corrompue en Iran et que moyennant quelques billets voire quelques bouteilles, on peut aisément passer une soirée alcoolisée. Il y a aussi des magasins qui peuvent servir de la vraie bière ou du cognac mais c'est très cher car la police prend un gros pourcentage sur les ventes. Comme des milliers d'Iraniens leur télé est branchée sur le monde. Dans cette maison, on reçoit plus de 1000 chaînes de télévision et notamment des chaînes françaises. On restera un moment devant le film « Pouic Pouic » de Louis de Funès.
En fin de soirée, nous retrouvons Alice et la femme d'Akbar pour prolonger la veillée.
Vendredi 19 septembre
Nous faisons nos adieux à Akbar et sa femme, mais avant, ils nous emmènent visiter un musée très intéressant calqué sur l'écomusée d'Alsace dont il est le « filleul ». C'est un village reconstitué, conservatoire des traditions de ce petit coin particulièrement humide d'Iran. Des maisons traditionnelles ont été démontées puis reconstruites dans ce petit village. Nous découvrons la vie autour de la culture du riz, Les maisons au toit en paille de riz, les cordes en paille de riz, les tapis en paille de riz, les murs en mélange de terre et paille de riz, les paniers en paille de riz, les chapeaux en paille.... et divers outils relatifs à la culture du riz. Pour encore mieux apprécier le musée, il faudrait y revenir quand ce n'est pas le ramadan car il y a un café et plein de dégustation de la cuisine locale.
Nous arrivons à Téhéran assez tard et le copilote du bus nous prend par la main (au sens propre du terme) pour nous trouver un autre bus qui nous emmène au siège de l'association Espéranto Iran. Il ne sait pas mieux que nous où aller mais il a l'avantage de la langue. Finalement, il insiste pour payer nos tickets et il explique au chauffeur où nous devons descendre.
Dans le jardin de l'association, nous passons encore une nuit excellente.
Publié par alice.cedric à 07:05:00 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens
Samedi 06 septembre (10 km)
C'est la course aux visas. Déjà presque une semaine de passée en Iran, et nous ne savons toujours pas par où en sortir. Il y a beaucoup de choses à penser et trop de réponses à trouver. Nous prenons donc un bus pour Téhéran. Là-bas, nous pourrons aller questionner les ambassades et trouver la meilleure solution pour continuer notre route. A 19h, nous arrivons sur le terminal de bus de Tabriz. Nous trouvons rapidement un autocar pour Téhéran. 70000 rials par personnes et 50000 rials par vélos. Pour nous deux et les vélos, ça fait au total environ 17 euros. Au début, nous pensions ne jamais arriver à Téhéran. Le bus s'arrêtait tous les 50 mètres, faire le plein, laver les vitres, prendre des passagers, .... Il est parti avec 1 heure de retard. Mais lorsqu'il a commencé à rouler, nous avons littéralement survolé la route et nous sommes arrivés 1h30 en avance.
Dimanche 07 septembre (25 km)
Arrivés à Téhéran, le chauffeur de bus vient nous expliquer qu'il a été très rapide, qu'en plus nous avons des vélos et que surtout nous sommes des touristes, donc ça mérite bien une prime !!! Au début, nous avons fait mine de ne rien comprendre, puis comme c'était difficile de ne pas capter « give me money, euros, dollars, rials, give me give me money », nous lui avons expliqué qu'on avait déjà payé pour nous et les vélos avant le départ, et qu'en plus c'est pas lui ni ses copilotes qui se sont chargés de mettre les vélos dans la soute du bus car si cela avait été le cas, nous les aurions assurément retrouvé en kit à l'arrivée. Mais il ne voulait rien savoir ! Planté entre les bagages et les vélos, rouge de colère, le poing près à partir, son nez à 20 cm du nez (de Cédric), il a demandé de l'argent. Puis il a commencé à s'intéresser à la boussole accrochée à la poche (du pantalon de Cédric). Finalement, après un petit cours désintéressé d'orientation pour tenter de calmer ce chauffeur fou, il a fini par nous lâcher. Nous avons alors pu découvrir Téhéran à 5h du matin. La circulation est déjà intense et l'air est irrespirable. Le bruit, le mouvement et surtout la fumée des gaz d'échappement nous tournent la tête. Nous avons l'impression que la mort par asphyxie peut nous cueillir rapidement si nous ne changeons pas de place. Nous devons oublier tout ce que nous avons appris du code de la route français. Fini le respect des feux rouges, le stop, les priorités à droite, le sens giratoire des ronds-points, les limitations de vitesse et la circulation à droite. Ici le seul code, c'est la loi de la jungle. Au début, c'est quand même très surprenant et avec nos petits vélos, on sent qu'il va falloir vraiment tout donner pour nous faire respecter ! Et puis très vite, le sifflet à la bouche, on apprend à rouler comme eux, on force le passage et ça passe.
Avec Ben et Sylvie, on passe quand même la matinée à chercher un logement pas cher. Finalement on trouve l'hôtel Naderi, suffisamment grand pour mettre nos 4 vélos. En plus, nous sommes prêts du quartier des ambassades. Une fois posés, douchés et remis de nos émotions, c'est l'estomac qui prend la parole. On a faim et avec ce fichu ramadan rendu obligatoire par la loi de la République Islamique d'Iran, il est impossible de manger devant les gens. Partis en quête de nourriture nous trouvons un autre hôtel qui nous propose un très bon repas pour 2 euros chacun. Cachés dans la salle de restaurant, on s'en met plein la panse et nous ne sommes pas les seuls, un flot continu de familles Iraniennes vient se restaurer secrètement, cachées du regard du « bon Dieu » de l'Islam.
L'après midi, nous allons faire un tour à l'ambassade de France, histoire de passer dire bonjour et prendre des nouvelles du pays. En plus, ça rappelle des souvenirs de rencontrer des fonctionnaires français. On y apprend que l'on peut se rendre au Pakistan, mais seulement en avion. Si l'on veut passer par voie terrestre, il nous faut une lettre de recommandation que l'on peut obtenir seulement en France. Définitivement, nous devons oublier le passage par le Pakistan. Nous demandons donc des lettres de recommandations pour le Turmenistan, l'Ouzbékistan, et le Kazakstan. Nous nous préparons psychologiquement à payer 3 visas, plus le passage en Russie avec le Transsibérien, puis le bateau pour nous rendre au pays du soleil levant. En sortant de l'ambassade, nous croisons nos copains voyageurs, Bruno et Dimitri qui nous racontent qu'ils vont en Inde en passant par Dubaï Apparemment, il existe des bateaux pour Dubaï et des cargos vers l'Inde. Nous retournons dans l'ambassade demander notre lettre de recommandation pour l'Inde.
La journée s'achève par une rencontre avec Hamze, un esperantophone de Téhéran. Il nous invite à une conférence demain dans la maison de l'association Espéranto de Téhéran.
Complètement claqués par la nuit dans le bus et la circulation dans la jungle d'automobiles puantes de Téhéran, on se couche de bonne heure.
Nous essayons en vain de contacter Nouschin, une Iranienne qui a étudié en France et avec qui nous avons échangé par internet. Nous rendons la chambre car nous ne voulons pas payer une autre nuit d'hôtel. Nous retournons dans notre ambassade retirer nos lettres de recommandations et manger un peu dans ce refuge où l'on peut lever le voile et oublier un instant le ramadan. Nous retrouvons Chantal et Nicolas, 2 ch'tits français qui voyagent en bicyclette et qui se sont retrouvés sans un sous en Iran car ils pensaient pouvoir utiliser leur travellers chèques ou leur carte visa. Malheureusement, l'Iran est déconnectée du reste du monde et quand on voyage dans le pays, on a intérêt de prévoir suffisamment d'argent liquide en Euros ou en Dollars, que l'on peut facilement changer dans les banques où dans la rue contre des rials. Ils sont bien embêtés et noyés dans des combines pour obtenir de l'argent. Ils trouveront une solution avec l'ambassade.
Dans l'après-midi, nous retrouvons Coco et Lolo, deux autres français qui voyagent en vélos couchés. Depuis le temps qu'on les suit, on les a enfin rattrapés. Malheureusement, nous ne ferons probablement pas de bout de route ensemble car ils sont prêts à repartir de Téhéran vers le Turkménistan. On passe quand même un dernier moment tous ensembles : Ben et Sylvie, Coco et Lolo, Bruno, Dimitri et un 9ème voyageur Français à pied et en stop. Dans le salon de cet hôtel un peu vieillot, on croirait assister à un congrès de voyageurs au temps d'Alain Bouvier. Chacun y va de ses anecdotes et astuces de voyageur, c'est marrant.
A 18h, les vélos chargés, nous saluons tout le monde et partons à la conférence en Espéranto. Arrivés dans la maison de l'association, tout se passe dans un petit jardin. Il y a une projection d'images sur les jeux olympiques et c'est une jeune femme qui parle. Elle fait un rappel historique des jeux jusqu'à aujourd'hui. C'est intéressant mais nous regrettons qu'il n'y ait pas eu de débat à la suite de la conférence. C'est peut-être à cause de nous car on nous a demandé de faire une présentation de notre voyage. Nous avons donc parlé des objectifs du voyage, l'association, les écoles et un diaporama photos mal préparé (nous n'avons pas eu le temps d'enlever les photos où nous étions en short et où nous buvions de la bière en Turquie et en Roumanie! Les gens ont quand même aimé, surtout les photos des plages bondées de Bulgarie. Nous ne sommes d'ailleurs pas certains qu'ils aient bien compris le message, car alors que nous parlions de pollution, eux voyaient des images de rêve de liberté.
Après la conférence, nous avons eu le choix pour trouver un toit. Les invitations on fusé. Finalement c'est Giti qui s'est imposée. Nous avons laissé les vélos dans la cour de l'association puis nous sommes partis chez elle. C'est une petite dame de 65 ans mais elle en paraît 15 de moins. Elle vit à l'Ouest de Téhéran à 50 minutes de métro et de train, au pied des montagnes. Dans le métro, un homme interpellé par notre langage en Espéranto, nous demande d'où nous venons. S'en suit une discussion très intéressante avec ce professeur d'université. Il parle très bien Anglais et nous explique, la peur au ventre et cela se voit, comment il vit dans son pays. A l'époque de la révolution contre le Shah, il avait 15 ans. Quand il a vu qu'après la révolution, c'est un gouvernement Islamique qui a prit le pouvoir, il n'y croyait pas. Il ne pouvait pas imaginer que jour après jour, toutes ses libertés pouvaient lui être enlevées. La musique, l'alcool, la libre expression, le voile pour les femmes, ... Il nous explique qu'il y a un véritable vent de révolte dans le coeur des gens du pays. Lui, rêve comme beaucoup d'autres, d'aller vivre en France ou encore plus, au Canada.
Mardi 09 septembre
On se lève de bonne heure pour aller à l'ambassade indienne. Malgré tout, nous n'y sommes qu'à 10h. On y retrouve Bruno et Dimitri qui font la queue et finissent par craquer car c'est leur 3ème jour de démarches et ils ne voient rien venir. A chaque fois, les fonctionnaires leur demandent de nouveaux documents comme ce « Télex » qui les à fait remonter sur le vélo et arrêter leur demande de visa. Ils retenteront le coup à Dubaï avec une compagnie aérienne. Pour nous c'est beaucoup plus simple. Giti est là et sert d'interprète. De nombreux jeunes gens qui sont là et qui ont l'habitude de ces fonctionnaires nous aident également à bien remplir les formulaires. Au bout de 2 heures, nos demandes sont en bonnes et dues formes, il ne nous reste plus qu'à attendre nos visas qui peuvent être prêts dans 2 ou 5 jours. Nous avons juste eu deux problèmes. Un avec le Télex. On ne sait pas ce que c'est, toujours est-il qu'il nous a coûté 10 euros chacun. Ensuite, malgré la lettre de recommandation, le guichetier indien nous a demandé de prendre contact téléphonique avec notre ambassade. Nous sommes donc allés dans un petit magasin de photocopie (qui vend des formulaires de demandes de visas) juste en face de l'ambassade indienne. Nous avons téléphoné au consulat français qui n'a rien compris non plus, puis nous sommes retournés faire la queue. Quand vint notre tour, nous avons dit au même guichetier que nous venions de prendre contact avec notre ambassade, que tout était OK. Il a pris nos papiers et semblait satisfait.
Après ça nous avons pu passer un après midi tranquille chez Giti. Elle nous prépare pour chaque repas des spécialités du pays. Nous n'arrivons pas à retenir tous les noms des plats mais tout ce que l'on sait, c'est que c'est très bon !
Mercredi 10 septembre
Un petit coup de téléphone à l'ambassade d'Inde pour bien commencer la journée. Ils ont envoyé les papiers la veille, notre demande suit son cours et nous devrions les avoir pour dimanche. Nous décidons de rester chez Giti jusque là. En attendant, elle nous promène dans Téhéran. Nous allons au vieux musée de la capitale, celui où il y a de très beaux restes de la civilisation Perses, et aussi les restes d'un beau mec de 37 ans retrouvé dans une mine de sel en 1993. Le pauvre gars a dû mourir dans d'affreuses souffrances mais en tout cas 1700 ans après, il ne lui manque ni un cheveu, ni un poil de barbe. Même sa botte en cuir est restée intacte avec la jambe dedans !!! Bref, après le musée nous sommes allés au BAZAR ! Ca sent bon les épices, parfois un peu trop et ça nous fait éternuer. On se perd au milieu de tout ce fouillis et ce bruit. Pour manger ce midi, ce n'est pas facile. Nous nous arrêtons dans une boutique qui vend des plats à emporter. Il a tout ce qu'il faut en vitrine, du pain chaud, des produits frais etc. Le vendeur est là, le magasin est bien ouvert MAIS il ne veut rien vendre, ramadan oblige. Après insistance de Giti, expliquant que nous sommes des français tout ce qu'il y a de plus catholique, on fini par avoir nos sandwichs. Mais pour les manger, c'est une autre histoire, nous n'avons pas le droit, même catholique, de manger en public pendant le ramadan. Nous allons donc nous cacher dans la boutique d'un marchand de tapis. Il ferme le rideau pendant ½ heure rien que pour nous. Il vend de magnifiques tapis fabriqués à la main et nous sommes presque gênés de lui faire fermer son business, mais il a l'air content de nous rencontrer.
Nous passons l'après-midi à chercher en vain, des pneus corrects pour nos vélos. Nous nous en ferons envoyer avec les comprimés antipaludiques.
Dans les bus que nous empruntons, on se croirait en Afrique du Sud pendant l'apartheid, Les hommes devant et les femmes habillées en noir au fond du bus. Du coté des hommes il y a beaucoup de places et tout le monde peut s'asseoir. Chez les femmes, on est très serré.
Jeudi 11 septembre
Journée de repos chez Giti. On a
RIEN fait de la journée !!! Nous voulions reprendre la route
mais finalement, Giti a insisté pour que nous allions avec
elle demain, pour une excursion dans le Nord du pays.
Vendredi 12 septembre
Debout à 5h du mat, pas le temps
de prendre un petit déjeuner, le taxi vient nous chercher pour
nous poser à quelques kilomètres sur le bord de
l'autoroute. Un minibus s'arrête, nous montons à
l'intérieur. C'est un minibus tout pourri d'une vingtaine de
places. Il n'y a presque que des jeunes dans nos âges et 3
grands-mères qui ont le voile bien vissé sur la tête.
Nous découvrons la jeunesse de l'Iran. C'est bien ce qui nous
semblait, on ne peut pas interdire aux jeunes de s'amuser. La musique
à saturation dans le bus, c'est la grosse fête, tout le
monde se lâche !!! L'allée centrale est reconvertie en
piste de danse. Toute la frustration accumulée explose et
pendant nos 16 heures de bus, tout le monde se déchaîne,
danse, mange et même les filles parfois font tomber leur voile.
Les seuls moments calmes ont lieux quand nous passons au bord des
postes de police.
Vers 13h30, nous arrivons dans un musée, perdu en plein dans les montagnes au Nord de l'Iran. Nous sommes peut-être les seuls Français à avoir mis les pieds dans cet endroit. Nous avons inscrit le seul message en Français et en écriture occidentale sur le livre d'or du musée. C'est un musée qui se visite pieds nus. Il est rempli d'une collection d'objets anciens et insolites (matériels de dentiste, cadenas, savon, papiers, selles de cheval, habits, poteries...). Dehors, La décoration est un peu kitch !!! Nous faisons un pique nique dans le jardin (le ramadan, tout le monde l'a oublié). Chacun pousse la chansonnette, et évidemment, nous nous faisons bien remarquer avec les chansons traditionnelles du Berry. 3 heures après être arrivés, c'est déjà l'heure de repartir. Le chauffeur de bus qui vient de se taper 8 heures de conduite va pouvoir recommencer avec en plus une crevaison au bout de 2 km (faut dire que les pneus sont tellement usés qu'on ne voit plus du tout les dessins et la roue de secours est encore plus lisse que le pneu crevé). Au bout de 16 heures de discothèque ambulante, nous en avons plein les oreilles, mais nous sommes ravis d'avoir pu découvrir cette facette de l'Iran à l'opposé de tous les clichés que nous avons en France. Avant le départ du voyage, quand nous parlions de l'Iran, tout le monde nous déconseillait ce pays de terroristes extrémistes fanatiques religieux. En fait, la grande majorité des personnes que nous avons croisées souffrent énormément de ce régime et n'ont que faire du voile, du ramadan et de la religion en général.
Samedi 13 septembre
Aujourd'hui nous faisons nos adieux à
Giti. On espère la revoir un jour pourquoi pas en France. Nous
avons rendez-vous avec Shahin, un Iranien aux cheveux longs,
rencontré la veille dans le bus. Il nous promène dans
toute la ville de Téhéran et surtout dans les places où
jamais les touristes ne vont. Nous visitons tout un tas de bazars et
aussi de nombreux jardins, notamment un, très spécial
au Sud de la ville. C'est un immense parc où autrefois on y
vendait des femmes. Aujourd'hui, nous explique-t-il, rien n'a
vraiment changé, la femme n'est guère mieux considérée.
Encore un exemple avec les magasins de fringues : les mannequins
hommes ont toute leur tête, tandis que les mannequins femmes
ont la tête tranchée, comme si sous le voile il ne
devait rien y avoir, pas même un cerveau. Surtout pas un
cerveau. Le soir dans un parc, nous nous sommes fait interpeller par
la police. Très gentiment, un policier qui parlait un peu
anglais nous a expliqué qu'il avait travaillé pendant 2
ans devant l'ambassade française. Il y a appris quelques mots
qu'il a essayé de nous répéter mais nous avons
eu toutes les peines du monde à comprendre ce qu'il voulait
dire, alors nous répétions le même charabia que
lui, mais prononcé à la française et il était
content. Il a essayé de nous plaire en nous disant qu'il
aimait beaucoup le Champagne, mais nous nous sommes méfiés
de ce genre de propos, surtout venant de la bouche d'un policier.
La promenade a duré jusqu'à très tard dans la nuit et c'est à cet instant, dans un bus loin des quartiers touristiques que Shahin nous a montré un autre visage de l'Iran. Il nous a interdit de revenir dans ce quartier sans lui et pour cause. Des prostituées voilées aux mecs drogués en passant par les sans abris qui ne sont rien d'autres que des provinciaux sans éducation ni formation, qui sont venus à la capitale pour faire fortune et se retrouvent à vendre des rasoirs ou des allumettes à la sortie du métro.
Après un délicieux repas soit disant végétarien mais avec quand même quelques morceaux de viande, Shahin nous a raccompagnés dans notre petit coin de Paradis, le jardin de l'association Espéranto Iran. En plein dans le centre de Téhéran, dans une rue tranquille, au bout d'une impasse encore plus tranquille se trouve le siège de l'association. A 2 heures du matin passé, nous avons dû réveiller Mohammed qui vit au dessus du local de l'association. Il nous a ouvert la grille et a laissé la porte ouverte pour que nous puissions nous doucher. Nous avons passé une fin de nuit excellente sous la tente dans ce petit, tout petit jardin.
Dimanche 14 septembre
Réveillés à 8
heures par une énorme pulsion de désir d'en finir avec
nos visas indiens, nous avons zappé le petit déjeuner
pour filer directement à l'ambassade. Pour commencer, les
fonctionnaires indiens ont perdu la moitié de nos papiers,
ensuite le Consule n'a pas encore vérifié les
formulaires et pour terminer, ils n'ont toujours pas contacté
l'ambassade française. Nous décidons donc d'attendre
devant le guichet jusqu'à ce qu'on obtienne nos visas. En
début d'après midi, nous nous sommes autorisés
une petite pause pour aller à la poste envoyer cartes postales
et une lettre avec des papiers (cartes et bricoles de la Turquie). La
guichetière contrôle ce que nous envoyons et lorsqu'elle
tombe sur nos 2 CD de photos, elle refuse de faire partir le colis.
En fait elle nous explique que nous ne pouvons envoyer qu'un seul CD
à la fois. Nous avons tenté de lui expliquer que son
règlement était complètement idiot et que si on
avait su, on aurait envoyé un DVD, car pour le même
format nous pourrions envoyer l'équivalent de 5 CD. Après
négociation, elle nous propose d'envoyer les CD en colis
séparés, mais à 16 euros le colis nous préférons
laisser tomber. De retour à l'ambassade, nous attendons
encore. Notre patience finit par payer et le petit fonctionnaire, de
l'autre coté de sa vitre teintée, le sourire jusqu'aux
oreilles, nous tend nos 2 passeports décorés du visa
indien.
Epuisés mais trop heureux !!! Nous retournons au local de l'association où Reza, le directeur, nous propose de venir passer la soirée chez lui.
Cédric : « Nous acceptons mais avant, nous souhaitons faire une petite transformation sur le vélo d'Alice. Simplement, il faut que j'agrandisse légèrement le trou de la jante arrière pour pouvoir mettre des chambres à air grosses valves. Reza appelle un ami Espérantiste pour m'aider à trouver une perceuse. Celui-ci vient rapidement et veut tout faire à ma place. Il est très gentil mais avec son costume cravate (sans cravate en fait, puisque c'est interdit en Iran), je ne suis pas certain de ces compétences de bricoleur de vélo. Quand il revient la perceuse en main avec une mèche trop petite, j'ai beau essayé de lui faire comprendre que ça ne va pas, il veut quand même essayer et se met à percer de biais. Il me fait une vieille bavure sur l'intérieur de la jante (ce qui va la fragiliser) avant de conclure qu'effectivement, il faut trouver un foret plus gros (merci). Finalement, nous allons dans la boutique d'un tourneur fraiseur et pendant qu'il explique ce qu'il veut et le temps que l'artisan sorte toute sa palette de matériel, je saisis sans hésiter une petite lime ronde qui traînait sur l'établi. Mon ami à bien essayer de me la prendre des mains en me disant qu'il voulait le faire pour moi (par pure gentillesse), j'ai serré la lime de toutes mes forces et j'ai fini par faire ce que je voulais. C'est toujours le même problème avec les gens serviables (et ce n'est pas la première fois que ça m'arrive), ils partent d'un bon sentiment et sont vraiment sincères, mais parfois incompétents. Et lorsqu'ils bousillent du matériel, que faut-il faire? Les engueuler ? Faut-il leur mettre une claque pour pouvoir travailler tranquille ? Si casse il doit y avoir, je préfère en être à l'origine plutôt que d'en vouloir à quelqu'un qui sera désolé, franchement désolé mais ... ».
Bref, le vélo de nouveau sur pied (enfin sur pneu), nous partons chez Reza pour une soirée très enrichissante. En nous promenant, nous passons à proximité d'un parc très spécial, un parc pour femmes. Avant d'y entrer, elles doivent se débarrasser des appareils photos, téléphones portables, bref de tout ce qui pourrait prendre une image. Puis dans le parc, renfermées et bien gardées, elles peuvent se promener « librement », sans voile. Elles peuvent même louer des vélos car les seules femmes qui font du vélo en Iran, ce sont les voyageuses étrangères. Reza est aussi actif dans l'association « force verte », qui est en fait un parti politique, mais qui ne peut agir que dans le cadre associatif. Leur principale activité est l'information et l'éducation de la population. Ils organisent des campagnes de plantation d'arbres autour de Téhéran (et joignent à cette occasion l'association Espéranto), des journées de nettoyage des cours d'eau, mènent de grandes campagnes d'information sur l'eau, les déchets, la protection de la Faune et de la Flore sauvage. Ils se battent, mais restent bâillonnés par un gouvernement qui de toute manière, ne tolère aucune résistance. Dans le cadre d'une manifestation par exemple, la police n'hésiterait pas à user des armes pour stopper le mouvement. On imagine aisément que même dans la France de Nicolas S, où la répression est de plus en plus forte, le jour où la police ouvrira le feu à volonté sur les manifestants, ce sera la révolution !
Reza a du faire la guerre contre l'Irak. Il nous raconte comment lors des combats, il faisait tout pour rester caché. Et lorsqu'il recevait l'ordre de tirer, il se débrouillait pour viser au dessus des cibles. Il a perdu de très bon copains dans cette guerre idiote, et nous explique qu'il n'a pas de haine contre les Irakiens car il imagine assez facilement que de l'autre côté, de nombreux soldats ont été engagés de force, comme lui. Il en veut plus contre ceux qui organisent la guerre comme ils jouent aux échecs, ceux qui, dans le cadre d'une tactique politique de soif de pouvoir, sacrifient des millions de vies humaines comme on sacrifie des pions.
Publié par alice.cedric à 06:57:02 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens
Bonjour les amis !
Nous vous donnons des nouvelles aujourd`hui depuis Tabriz en Iran. Il est assez difficile de trouver un ordinateur et surtout une connection internet rapide avec un Cyber-café qui accepte d`utiliser un genre de petit logiciel qui permette de passer au delà de la censure ici bien présente.
Voici le récit de notre entrée en Iran. Pour la suite du voyage nous ne savons pas encore par où sortir de ce pays. soit par la chaude ambiance du Pakistan, soit par le froid du Turkmenistan et de l`Ouzbekistan.
Il est difficile aussi de garantir un approvisionnement régulier du site, mais une chose est sûre, nous aurons des choses à raconter.
Lundi 1er Septembre (78 km)
Ca y est, nous entrons en Iran comme dans un moulin. Nous avons lu tout un tas de choses sur l'entrée dans ce pays, notamment les passages de frontières parfois un peu difficile, surtout pour les femmes. Nous avions lu qu'il nous fallait remplir tout un tas de fiches de renseignements avec entre autre la quantité d'argent que nous prévoyons de dépenser en Iran. Nous pensions avoir droit à une fouille des bagages ou au moins un regard approfondi sur les vélos. Mais en fait, rien de tout cela ! Nous avons passé la nuit avec Sylvie, Benjamin et Dimitri, entre les douanes Turques et Iraniennes, puis au petit matin, nous sommes passé sans soucis. A première vue, dans le kurdistan Iranien, pas grand chose ne diffère du Kurdistan Turque, si ce n'est que l'écriture est maintenant en Farsi. Il va falloir s'y faire et apprendre à déchiffrer les mots. Pour les chiffres c'est assez facile, car il y a souvent la double écriture. Aujourd'hui, nous souffrons pas mal de la chaleur. L'air est très chaud et le paysage est désertique. L'après midi, nous nous arrêtons faire une pause à l'ombre d'une bascule pour la pesée des camions. Nous en profitons pour peser les vélos. Bilan : Bagages pour Alice, 35 kg. Bagages pour Cédric, 50 kg. C'est bien plus que ce que nous avions prévu au départ et encore, heureusement que nous nous sommes débarrassé de quelques bricoles. Pendant la pause, des hommes viennent nous voir et nous offrent un thé absolument délicieux. Puis l'un d'eux nous invite à venir derrière le bâtiment. Il nous présente une machine de sa conception avec laquelle il réalise des forages pour l'eau potable. Avec son ouvrier, il fait une démonstration et nous montre comment ils travaillent sans casques, sans lunettes de protection, et en sandalettes. Avant de partir, il tient absolument à nous faire visiter l'endroit où il habite le temps des travaux. En fait, il loge au dessus d'un abattoir industriel de poulets. Nous passons rapidement dans cet immense bâtiment. Complètement abandonné la journée, il doit prendre « vie » la nuit avec une procession de poulets faisant des danses macabres, la tête en bas et subissant toutes les tortures les plus modernes les conduisant, entiers ou en morceaux dans l'emballage plastique final.
Le monsieur nous a bien proposé de dormir au dessus du poulailler, mais pour nous c'était absolument hors de question. Nous avons continué de rouler sur quelques dizaines de kilomètres et nous nous sommes arrêté à 60 m de la route, cachés derrière des ruines.
Mardi 2 septembre ( 95 km)
Un peu de faux plat montant pour commencer, puis de la descente avec le vent dans le dos. Nous roulons vite et avalons rapidement des dizaines de kilomètres dans ce désert Iranien. Nous sommes partis presque trop tard car il faisait déjà jour et le soleil n'a pas perdu une minute pour commencer à nous cuire. C'est le premier jour du ramadan, mais nous réussissons à trouver des magasins d'alimentation ouverts. Dans une petite ville, nous faisons le plein de nourriture. Cédric : « Pendant que tout les autres sont entrés dans les boutiques, je suis resté à surveiller les vélos. Une bonne quinzaine de gamins a commencé à me tourner autour. Certains avec beaucoup de respect, d'autres plus moqueur essayent de toucher à tout. Lorsque le petit chef de la bande, agé d'environ 12 ans, arrive sur sa moto 125cm3, l'ambiance se dégrade. Il se place devant moi, allume une cigarette et fait reculer les autres enfants avec son mégot. Il me parle en Farsi, je ne comprends pas mais les autres enfants rigolent beaucoup. Evidemment, il commence à toucher au vélo et cherche à me faire tomber. Comme il me pose des questions en Farsi, je lui répond en Français et pour mettre un terme à sa trop grande proximité avec le vélo, je lui prend sa main et la pose sur le pédalier et la chaine bien grasse. Il regarde sa main devenue noire et s'en va.
Le midi, nous trouvons un restaurant pour camionneurs où nous prenons une bonne douche dans les toilettes. En fin d'après midi, nous trouvons une oasis et nous sommes accueillis par 2 jeunes bergers. Nous les écoutons appeler leur troupeau. Ils nous offrent des pommes et des tomates. A la tombée de la nuit, il font un feu et s'installent pour passer la nuit à coté, à la belle étoile. Ils ont une toute petite maison sans eau courante et pour l'électricité, il y a un petit groupe électrogène à l'extérieur de la cabane.
Mercredi 3 septembre (81 km)
Pour une fois, nous nous levons tôt (5h30) et nous réussissons à partir à la fraiche. C'est très agréable, mais ça ne dure pas car très vite le soleil apparaît et nous nous retrouvons sur la périphérie de la ville de Marand. L'Iran, c'est le pays du camion, du pétrole pas cher et de la pollution. Nous avons droit à 42 km de côte, 42 km de fumée noire de camion en plein dans les poumons. En plus, comme nous reprenons de l'altitude, l'air se fait plus rare et la combustion du pétrole se fait moins bien. 500 mètres après un poste de contrôle de police, nous retrouvons Bruno qui était parti conquérir le sommet du mont Ararat, avant de quitter la Turquie. Le midi, nous sommes au sommet de la montagne, au pied des pistes de ski. Nous trouvons une table à l'ombre pour manger. Il y a un petit magasin et une station de lavage de camion où nous trouvons de l'eau fraîche et quelques bricoles à nous mettre sous la dent. Juste avant d'entamer la sieste, le ciel se couvre et une tempête pointe son nez. Nous remontons sur les vélos et, le vent dans le dos nous attaquons la grande descente ! Quel Pied ! à 60 km/h de moyenne ça fait plaisir d'avaler ces kilomètres gratuits ! Dans une petite ville, nous nous arrêtons dans une boutique abandonnée avec deux motards locaux car le vent qui souffle en tempête dehors soulève des nuages de sable et de poussière. Quelques gouttes de pluie, un coup de tonnerre et c'est fini, nous pouvons repartir.
Quelques kilomètres avant Tabriz, nous installons le camp dans un petit verger. Cachés au milieu des arbres nous passons une bonne soirée avec la visite permanente des autochtones qui nous apportent des noix, du pain, des pommes, des tomates... et nous prennent en photo. Ce soir en faisant cuire nos saintes nouilles, notre réchaud multicarburant se casse. En bricolant une réparation de fortune avec un fil de fer cela devrait tenir, mais nous sommes quand même assez stupéfaits que ce matériel si réputé casse aussi facilement, sans raison apparente. Cette même journée, Sylvie et Benjamin ont eu des problèmes avec leur réchaud (le même que le notre).
Entrée dans Tabriz. C`est excellent nous en prenons un maximum dans les poumons, nous circulons au milieu d`un trafic dense et anarchique complet. Nous nous reposons 2 jours et nous visitons la ville. Alice en profite pour se mettre à la page de la dernière mode en Iran : Le voile !!!
La nuit dans un petit hôtel pas cher, nous nous faisons piquer partout par des puces. Je me fais incendier par le maitre d`hôtel car je lui achète une bouteille d`eau alors que je suis habillé en cuissard (mon pantalon étant au lavage). Puis je me refais incendier car je mange une tartine dans le hall de l`hôtel, en plein après midi, un jour de ramadan.
Demain nous quittons Tabriz. Nos chemins vont commencer à se séparer avec les autres voyageurs. De notre coté nous réfléchissons à la route la moins périlleuse pour la suite du voyage.
Publié par alice.cedric à 12:07:17 dans Carnet de route | Commentaires (3) | Permaliens
Mercredi 13 Août : 45 km
Nous voici sur le bord de la mer Noire et franchement, on ne s'attendait pas à ça. Les paysages sont vraiment magnifiques. La montagne qui tombe dans la mer, c'est vraiment très beau ! mais pour ce qui est de suivre une route plate qui longe la côte, il faut oublier. Nous passons de la plage aux nuages accrochés aux sommets de plus de 900 mètres d'altitude. Les montées ne sont pas très longues (rarement plus de 5 km), mais vraiment très très raides. A la tombée du jour, à bout de force, en haut d'un col, nous décidons de nous arrêter dans un village pour demander de l'eau et un endroit plat pour poser la tente. A la première maison où nous nous arrêtons, nous sommes accueillis, invités à boire le thé, à manger, puis à dormir dans un vrai lit !!! C'est une famille de paysans producteurs de noisettes. La Turquie en est le plus gros producteur au monde. 75% des noisettes des tablettes de chocolats ou pâtes à tartiner viennent d'ici...
Un homme de la maison nous raconte qu'il a travaillé pendant 6 ans dans la construction de la ville de Dubaï, puis, lorsque sa maison a été détruite à Karachi au Pakistan, il est revenu vivre dans son village d'origine. Nous l'avons rencontré au fin fond de la Turquie, nous avons mangé avec un de ceux qui ont été utilisés pour réaliser le plus fou mais surtout le plus absurde des rêves humains: Dubaï!!!
Jeudi 14 août (30 km)
Nous nous sommes levé tôt et nos hôtes en on fait autant pour nous offrir un petit déjeuner de roi. Au moment de partir, nous avons été obligé d'accepter les 2 kg de prunes et le kg de noisettes, ce qui ne nous a pas vraiment aidé à avancer dans les grosses montées du matin. Notre notion du plat est complètement altérée, il y a des côtes dans les côtes, parfois on croit que ça redescend mais ça n'en fini jamais de monter. Les pieds dans l'eau de la mer Noire, pliés en deux sur nos vélos, nous les poussons pour rejoindre le sommet. Les 3 premières côtes ont été très dures et le soleil trop chaud ! Il n'est pas encore 11h mais nous sommes déjà trempés de sueur comme jamais !!! Nous finissons par lever le pouce et c'est un Bus qui nous prendra en stop pour une vingtaine de km. Après nous être bien renseignés, ces montagnes russes continuent pendant plus de 200 km. Nous décidons de prendre un mini Bus pour nous épargné 100 km de torture. Prendre le Bus en Turquie avec les vélos et les sacoches ficelées sur le toit est une expérience assez incroyable. Le chauffeur (ou plutôt le pilote) se charge lui même de fixer les sacs sur le toit. « Turkisch problème, Turkisch problème... » répète t-il sans cesse pour nous rassurer. Quand le Bus démarre, nous avons l'impression que l'arrière frotte sur la route, des gens sont debout et nous nous arrêtons encore prendre des passagers. Le pilote appuie sur le champignon comme un fou !!! Nous sommes sur des routes de montagne, ça tourne, ça grimpe, ça descend, les vélos sont sur le toit !!! on se fait un sang d'encre.
Finalement nous arrivons à Inebolu sans soucis, juste quelques frayeurs. Nous rencontrons Fred, un Turque d'Ankara qui voyage en sac à dos. Nous passons une agréable soirée avec lui et allons camper sur la plage, à coté de la tente d'un Imam.
Vendredi 15 août (57 km)
Réveillé au son du minaret en panne (à la place de l'appel à la prière, nous avons eu une espèce de grésillement très bruyant)à 5h du matin. Nous avons discuté tard la veille et la fatigue nous ralentit. Nous décollons tard de la plage et la chaleur est difficile à supporter. Alice : « Nous nous arrêtons faire quelques courses en ville et pendant que je suis dans la boutique, Cédric se fait harceler par un groupe d'enfants qui touchent à tout sur les vélos. Impossible de tout surveiller, nous partons le plus vite possible . Le soir, alors que nous pensons dormir sur le toit d'une fontaine à flanc de montagne, une famille vient faire le plein d'eau potable. La voiture est immatriculée en Allemagne mais la dame qui est dedans parle Français. Elle est originaire de Montpellier, mariée à un Allemand, 3 filles et toute la famille est Turque. Nous discutons un peu et après les présentations, ils nous invitent à dormir dans leur maison de vacances. nous avons droit à une bonne douche et à un succulent repas. Après mangé, la famille et les cousins qui étaient là nous ont invité à faire un tour dans la fête foraine. A la demande des filles, Cédric à fait un tour de bateau pirate (manège à sensation). Il est resté figé, blanc, pendant toute la durée du tour de manège. Après, il nous racontera que le système de sécurité était très peu fiable et qu'il était facile de passer par dessus la barrière. »
Samedi 16 août (8 km)
Il n'y a pas d'erreur dans le kilomètrage, c'est bien 8 km que nous avons parcouru ce samedi. Après s'être levés tard et avoir pris un énorme petit déjeuner Germano-Turque, nous avons remercié la famille et repris la route à 11h30.
Alice : « La chaleur est insupportable, nous dégoulinons de sueur et nous commençons par une grosse côte. Cédric à un mal de tête qui couve depuis ce matin (probablement les conséquences du manège de la veille). Nous nous arrêtons en haut de la côte pour nous reposer dans le jardin d'une maison abandonnée, à l'ombre des pins. Cédric prend un cachet et s'endort tout de suite. Un courant ascendant très chaud nous dessèche complètement et pour complèter sa migraine il fait un genre d'insolation. Envie de vomir, chaleur, frissons, il n'est pas bien. je lui donne de l'essence de menthe sur un morceau de sucre, le rafraîchit avec de l'eau. il boit tout ce qu'il peut. Nous restons tout l'après midi assis sur une pierre et en fin de journée lorsqu'il se sent mieux nous reprenons la route jusqu'au village d'après à 3 km ».
Nous nous installons sur la plage et tout de suite les invitations à boire le thé commencent à fuser. Nous allons chez un Franco-Turque qui nous explique autour d'un verre de calva (pendant que sa femme, plus croyante que lui, est partie à la mosquée) que selon lui, la religion musulmane interdit le cochon car cette religion vient de pays trop chauds où la viande de porc (qui contient énormément de germes), ne peut pas être conservée. Il nous explique aussi que manger du cheval est interdit car autrefois c'était le seul moyen de transport. Attention sa femme revient de la mosquée, il range vite la bouteille et les verres et nous en revenons au thé. Plus tard sur la plage, nous retrouvons une famille plus modeste avec qui nous passons un moment incroyable. Ils sont tellement gentils. Nous faisons sauter la barrière de la langue avec des mimes et des dessins et nous arrivons à communiquer jusqu'à très tard dans la nuit. Nous arrivons même à faire un peu d'astronomie. La grande ourse ou grande casserole devient, mimée en turque, la grande raquette de tennis. Et comme nous avons énormément de chance, nous avons droit ce soir à une éclipse totale de la lune.
Dimanche 17 août (80 km)
Pour une fois nous réussissons à partir tôt. Ce matin nous croisons beaucoup de gros chiens qui nous courent après. Le mieux est de les affronter et de descendre du vélo, sinon, on peut leur lancer des cailloux ou utiliser le bâton qui sert de béquille de vélo.
Cédric : « Nous roulons pendant 2 heures à l'ombre des montagnes jusqu'à ce qu'une gigantesque explosion retentisse juste derrière mes oreilles ! dans un champs à 20 mètres, le cri de frayeur d'une femme. Mon vélo s'arrête, ma chambre à air arrière vient d'exploser. Un vieux monsieur nous fait signe d'entrer dans sa cour de ferme, ce n'est pas de refus car il va falloir réparer. Je change donc la chambre à air par une autre qui est poreuse à cause des bandes anti-crevaisons en kevelar (mais ceci est une autre histoire, ça suffira pour aujourd'hui). Une fois réparé nous demandons s'il est possible de se laver les mains. En passant devant l'étable, j'entends qu'on est en train de traire la vache, je mime les gestes de la traite au grand père qui me prend par le cou et rigole. Il nous emmène à une table à l'ombre de la maison, part et revient avec des plateaux garnis de confitures, de thé, de pain, de fromages ET de lait chaud fraîchement tiré du pis de la vache !!! Il appelle sa femme, la soeur de sa femme et sa mère de 82 ans qui travaille encore sur la ferme. Le monsieur nous explique qu'il est Tchetchen et que sa femme est Georgienne. Nous passons un très bon moment avec eux. On à l'impression que les gens dans les campagnes sont plus simples et plus tolérants vis à vis de nous que dans les villes. Ils accèptent volontiers que l'on ait pas les mêmes moeurs vestimentaires (surtout pour Alice). Au moment de repartir le soleil est déjà haut dans le ciel et ça y est il chauffe à fond !!! Nous roulons 15 km avant que mon pneu arrière ne se dégonfle et soit à plat. Je Redémonte la roue et découvre un trou dans la chambre en plus de la porosité. Nous nous sommes arrêté devant l'entrée d'une maison et des jeunes sont venus avec le désir de nous aider. Ils nous offrent du jus d'orange et essayent de réparer le vélo à ma place. c'est pas facile de repousser des mains de bonnes volonté mais pourtant je préfère réparer mon vélo moi même. Au moment de remettre le pneu, je découvre que la chambre à air est pincée. Trop tard, deux secondes après c'est la deuxième explosion de la journée ! Je REREdémonte la roue arrière et utilise la seule chambre à air qui nous reste, une chambre rayée sur tout le long et qu'il va falloir regonfler tous les 5 kms ».
La journée se complique : Le soleil est brûlant et il faut sans cesse s'arrêter pomper. Epuisés nous nous rafraichissons à coté d'une mosquée pendant la prière du midi. 15 minutes plus tard, les hommes sortent et l'Imam nous invite chez lui. Nous acceptons volontiers car de toute manière rouler sous le soleil est impossible. Nous n'avons même pas digéré le repas du matin chez les paysans, que l'Imam remet la table pour nous avec sa femme, ses filles et la grand mère.
Ils nous gavent et à chaque fois que l'on croit que c'est fini, ils nous ramènent autre chose à manger. On ne peut presque plus bouger. L'expression « avoir les dents du fond qui baignent », nous convient parfaitement.
A 17h nous repartons et nous arrivons enfin à la tombée de la nuit à ECOTOPIA, un village autogéré par des écolos hippies tous mobilisés contre le projet de centrale nucléaire à Sinop.
18 et 19 août
2 jours à Sinop à Ecotopia où nous découvrons pleins de gens très sympas mobilisés contre le nucléaire Turque. La majorité des participants pour ne pas dire tous, sont venus en vélos, en Stop, en train ou en Bus. Comme le village Ecotopia est autogéré et que nous n'avons pas vraiment trouvé qu'il y avait de coordinateur, le « Morning Circle » (réunion matinale de tous les participants) est censé organiser la journée (pas toujours facile et parfois un peu long). En tout cas, les Turques locaux sont très contents de voir que des gens de tous pays se mobilisent pour les soutenir car, de ces centrales nucléaires, ils n'en veulent vraiment pas. De tous les Turques que nous avons croisé et avec qui nous avons discuté de ce projet, aucun ne veut voir de centrale dans son pays, mais il semble assez difficile pour eux de ce mobiliser car la répression est assez forte.
Cédric : « Un matin, je pars en stop pour Sinop (25 km) afin de trouver une chambre à air. Une voiture s'arrête assez rapidement mais elle est déjà pleine à craquer avec 6 jeunes gens entassés dedans. Peu importe, ils me font monter et nous voilà 7 dans la Renault 12. 5 km avant Sinop, chose peu étonnante, la voiture tombe en panne. Je lève le pouce et la première voiture qui passe s'arrête et m'emmène chez un réparateur de cycles. Pour le retour, une camionnette s'arrête et je parcours les 5 derniers kilomètres sur le scooter d'un vacher. L'après midi nous rencontrons un turque qui s'appelle Cédric aussi (mais ça ne s'écrit pas pareil). Il nous promène sur la mer Noire avec son petit bateau et s'arrête au dessus d'une épave de navire de guerre Russe. Je fais un peu de plongée au milieu de la ferraille en espérant qu'il n'y a pas de restes de missiles nucléaires.>>
20 août (54 km)
Nous repartons de bonne heure avec Dimitri et Youcef vers l'Est de la Turquie. Ils roulent plus vite que nous avec leur vélos droits mais nous attendent en faisant des pauses « Ice cream ». Vers midi, nous arrivons dans la ville étape du jour. Nous pédalons tous ensembles sur la rue principale quand soudain, à 100 m devant nous, une moto déboulant d'une rue à droite percute un minibus arrivant vite d'en face et au milieu de la route. La grosse moto fait un looping et dépasse le toit du minibus ! le motard est projeté directement sur l'asphalte. Il est étalé par terre, nous croyons qu'il est mort. En arrivant à coté nous voyons qu'il bouge encore, mais pour combien de temps ? Des dizaines d'hommes viennent autour et nous devons leur faire comprendre qu'ils doivent appeler une ambulance de toute urgence car ils n'y pensent même pas.
Nous avons les jambes coupées et nous nous arrêtons boire un coup dans le premier bistrot.
L'après midi, nous faisons une bonne sieste à coté du port, puis nous rencontrons 2 jeunes Turques qui nous trouvent une terrasse de bar tranquille pour passer la nuit. Le bar nous donne accès aux WC et nous pouvons facilement nous doucher au dessus des toilettes Turques à l'aide d'un tuyau d'arrosage.
21 août (13 km)
Encore peu de km aujourd'hui. Après 2 grosses montées nous prenons un Bus et nos routes se séparent avec Youcef qui prend la route pour le Sud de la Turquie, et nous nous prenons un bus pour Erzorum où nous devons absolument retrouver Bruno, Sylvie et Benjamin pour tenter d'obtenir nos visas Iraniens. En attendant notre Bus de nuit, une navette nous emmène dans le centre de Samsun. Alice : « Cédric sort sa petite flûte Irlandaise juste en face d'un marchand de glace. Bien joué, en moins de 5 minutes on nous apporte une glace (goût chewing-gum) ». Juste avant le départ nous prenons une douche dans la Gare de Bus. Cédric : « Alice est un peu malade, elle a vomit une fois et est un peu drillouse comme on dit dans le Berry. J'espère que le voyage va bien se passer ».
22, 23 et 24 août : ERZORUM
Après une nuit dans le bus où nous prenons conscience du chemin que nous aurions dû effectuer à vélo, nous ne regrettons pas beaucoup le Bus car même si la route est plus plate, il y a quand même des cols à plus de 2000 mètres et surtout de dangereux tunnels, notamment un de 4 km. Au petit matin, ça y est nous sommes à Erzorum et nous retrouvons rapidement Bruno, Sylvie et Ben. Nous effectuons les démarches nécessaires à l'obtention de nos visas.
Nous passons de bons moments entre Français. Comme nous avons négocié une chambre par cher mais sans douche et sans lavabo, nous allons nous décrasser dans un hamam traditionnel. Du coté des filles, il n'y a presque rien et tout est très vétuste. Du coté des hommes, tout est propre, grand, le service est remarquable, on se fait servir le thé, on est massé, lavé...
Cédric : « Alice est toujours malade et voilà que ça me prend au matin de partir. Comme elle est malade depuis 4 jours, nous décidons d'aller voir un médecin à l'Hôpital où l'on veut la piquer. Mais vu l'état de saleté de l'hôpital, nous leur faisons comprendre que l'on a juste besoin de médicaments contre la diarrhée. Un médecin nous fait une ordonnance et nous trouvons la pharmacie de garde.>>
Sur nos petits vélos nous reprenons quand même la route aujourd'hui vers l'Iran car nous n'avons vraiment plus beaucoup d'argent et nous n'avons plus de quoi payer une nuit d'hôtel. Erzorum se situe à près de 2000 mètres d'altitude et nous sommes vite essoufflés par le manque d'oxygène. Nous prévoyons de rouler tranquille. La route est plate voire descendante, c'est une vraie partie de plaisir. Dimitri est devant, il règle l'allure. Derrière lui se sont les 4 vélos couchés avec Bruno qui ferme le convoi. Le soir nous trouvons une station service pour passer la nuit. On met à notre disposition une ancienne salle de restaurant où il y a encore de la lumière, ce qui est très appréciable car la nuit tombe de plus en plus tôt quand on s'éloigne de l'occident (à 19h il fait nuit). nous en profitons pour faire une petite révision des vélos et un petit nettoyage-graissage complet. Nous rencontrons Aboubaker, un instituteur Turque en vacances dans le coin. Il passe un bon moment à discuter avec nous et est toujours en train de nous proposer son aide. Il nous demande si nous avons faim, si nous avons soifet si nous avons besoin d'aide pour les vélos... Il nous apporte des biscuits et du café. Nous dormons tous sur le sol du restaurant et restons une curiosité pour tous les gens de passage à la station service.
25, 26, 27 août
3 jours sur mars. Après avoir roulé sur les bords verdoyants de la mer Noire, nous voici pédalant en pleine zone désertique. Les paysages sont magnifiques et grandioses. Tout est cahos, montagnes au sommets déchiquetés ou arrondis, il y a autant de formes et de couleurs qu'il y a de roches différentes. Parfois, la couleur rouge brique nous rappelle des images de mars. Nous pédalons sur une route longeant une rivière boueuse qui s'enfonce dans des gorges. De temps en temps, au milieu de tout ce paysage minéral, un village, des vergers et des prés verdoyants nous montrent qu'ici aussi il peut-y avoir de la vie. Mais attention, même si le climat est rude avec un hiver très froid, il est hors de question de couper le peu d'arbres. Ici on se chauffe à la bouse de vache séchée. Devant chaque maison, des stères de briques de bouses sont en train de sécher, empilées sous forme de pyramides. Le premier soir nous installons le camp à 4OO mètres de la route, près de la rivière. Nous sommes complètement fous car nous sommes entrés depuis hier dans la zones où de dangereux terroristes sévissent. mais il aurait été sûrement plus fou de continuer à rouler de nuit sur la route, en attendant le prochain village. D'ailleurs le lendemain nous avons essayé de camper chez des gens très accueillants dans un petit village, mais une fois la tente montée et la nuit bien tombée, la femme de la maison est venue très gentiment nous demander de partir 200 mètres plus loin derrière une station service. Elle redoutait les terroristes kurdes, mais nous ne savons pas vraiment si elle avait plus peur pour elle que pour nous. Finalement nous nous installons derrière la station service à coté de la mosquée. S'il fallait être discret pour ne pas être repéré c'est bien raté car pour nous faire plaisir, l'Imam de la mosquée nous a allumé vers les tentes, les spots hallogène du minaret.
Le dernier jours vers Igdir, nous finissons la journée avec un énorme vent dans le dos qui nous pousse à 30 km/h sur du faux plat montant. c'est un vrai régal, nous nous sentons forts. Après ce gros vent, la journée s'achève logiquement sous l'orage. A Igdir, nous essayons de retirer de l'argent car en Iran, cartes bleues et travellers- chèques ne fonctionnent pas. Tout se que nous pouvons faire, c'est échanger des euros ou des dollars. Le problème, c'est qu'aucune de nos cartes ne fonctionne. En plein Igdir, il est difficile de camper ou de trouver des âmes charitables pour nous héberger. Nous allons donc à l'hôtel et nous prenons une chambre pour 4, avec Sylvie et Benjamin.
Jeudi 28 août
Debout à 5 h du matin, nous prenons un bus pour retourner à Erzorum chercher nos visas. Pour une fois le chauffeur de bus est cool et ne roule pas comme un fou. c'est presque dommage car si nous arrivons trop tard, nous ne pourrons pas avoir nos visas dans la journée et nous serons obligés de rester encore une nuit à Erzorum. A peine arrivés, alors que nous roulons le plus vite possible vers le consulat Iranien, une voiture nous arrête. C'est la télé turque qui veut faire un reportage sur nous. Nous leur expliquons que l'on a pas le temps, que nous allons chercher des visas pour l'Iran. Arrivée au consulat à 11h45, nous commençons les démarches. Les fonctionnaires n'ont pas l'air pressé, nous respectons leur rythme ralenti car nous savons que si nous les poussons un peu, ils peuvent aller encore moins vite. Le policier qui surveille l'entrée du consulat rentre pour nous informer que la télévision nous a retrouvé et nous attend à l'extérieur. 12h30, nous sortons du consulat et nous nous faisons attraper par la télé. Ils nous payent le restaurant et nous questionnent sur le voyage. Le policier du consulat parlant anglais, fait l'interprète. Il ferme sa guérite et nous accompagne au resto (quelle conscience professionnelle, maintenant, on peut rentrer dans le consulat comme dans un moulin). Après le restaurant, nous devons impérativement aller dans une banque pour payer nos visas, mais nos journalistes veulent absolument des images de nous et nos vélos. S'en suit alors un reportage complètement trafiqué où tout est faut, tout est préparé d'avance. Le journaliste nous questionne toujours par l'intermédiaire de notre policier temporairement interprète. Comment trouvez vous la Turquie ? Comment trouvez vous les Turques ? Puis ils nous promènent en ville. Nous sommes à vélo et eux en voiture. Ils nous filment, nous demandent de chanter sur le vélo, de faire des signes comme quoi la Turquie est très belle, de dire bonjour aux passants. Pendant un temps, nous avons l'impression de participer à la réalisation d'un film de propagande. 14h30, nous sommes enfin dans la banque. 15h, de retour au consulat, le policier à repris son poste et nous retrouvons Dimitri qui attend son visa. Nous redonnons les formulaires, photos et justificatifs de paiement et on nous promet des visas pour 17h. Pendant ce temps, nous allons surfer dans un cyber-café. Nous avons pris rendez-vous avec les parents sur skype. Le gérant se débrouille pour nous trouver une webcam et nous autorise à installer skype en Français. 16h30, de retour au consulat, nous attendons nos visas qui arrivent ENFIN !!!
Nous trouvons un Bus à minuit pour retourner à Igdir et même un peu plus loin au pied du mont Ararat. Le trajet est effrayant, le pilote de bus roule comme un fou !!!! le pare brise est fissuré de partout, après chaque virage on se demande comment se fait-il que l'on soit toujours sur la route. Certaines secousses nous font carrément décoller du siège. On entend que ça vomit un peu partout dans le bus. Ca balance dur dur, et dire que les gens payent pour aller dans des manèges.
Vendredi 29 août (10 km)
Arrivés bien fatigués par le trajet en bus, nous trouvons un genre de camping vraiment sympa. Nous y retrouvons une famille de français qui voyage en camion. Ainsi qu'un autre français véritable nomade depuis plus de trente ans, avec ses chèvres, ses chameaux, ses poules et son camion.
Demain nous passons la frontière avec l'Iran et en même temps ce sera le début du ramadan.
Publié par alice.cedric à 16:00:05 dans Carnet de route | Commentaires (1) | Permaliens
Nous voici depuis 2 semaines en Turquie. Le pays est magnifique, les gens sont extras et nous faisons tellement de belles rencontres qu'il est difficile de refuser une tasse de thé et du coup nous manquons de temps pour mettre les nouvelles rapidement sur le site.
Voici quand même le récit d'İstanbul, la suite viendra très bientôt.
du 07 au 12 août : Istanbul
L'arrivée à la gare routière nous impressionne. Des centaines de Bus stationnent dans un parking souterrain, aérien... nous sommes paumés. Nous demandons à tous ceux que nous croisons la route la plus tranquille pour rejoindre le centre d'Istanbul à vélo. Tous nous indiquent l'autoroute. On a un peu hésité, un peu eu peur aussi, puis nous nous sommes lancés ! File de droite, file de gauche ! attention à l'autobus, Oups ! ça freine devant, ça accélère derrière !!! Quand la circulation est complètement bouchée, on est plus tranquille. Mais quand ça devient fluide et qu'il faut traverser une 3 voies où les voitures roulent à 130 km/h, ça se complique et ça devient périlleux !!! Mais on y est arrivé ! quelques sueurs froides ont perlé sur nos tempes, mais nous sommes à l'heure à notre rendez-vous avec Eren Eden, représentant local de l'association « Abolition 2000 », une association pour le désarmement nucléaire mondiale. Eren nous emmène jusqu'à une petite chambre d'hôtel qu'il a trouvé non loin. Enfin, un hôtel... pas vraiment. A l'origine c'est plutôt une caverne d'Ali-baba dans laquelle nous pénètrons depuis la petite rue principale, par un couloir étroit entre deux murs. Puis dans la caverne nous montons 2 étages et nous arrivons dans les chambres. Puis au dessus des chambres, si l'on veut, il y a un toit terrasse pour dormir à la belle étoile.
Le soir Eren nous donne rendez-vous au port pour aller passer une soirée chez lui sur une île dans la mer de Marmara. Nous arrivons au port, Eren doit nous attendre sur le quai, mais le jeune homme qui vend les tickets est complètement bourré. On arrive pas à s'expliquer, le bateau s'en va. Nous contactons Eren pour s'excuser et nous nous donnons rendez vous le lendemain.
Le lendemain donc, (samedi 09 aout) après une longue ballade dans la ville, une visite au consulat français, une bonne sieste et Bruno que nous avons retrouvé, nous allons au rendez-vous d'Eren. la rencontre se passe dans les locaux fraîchement inaugurés du parti politique des verts Turques. Autour du thé, une poignée d'écologistes fait un dernier point sur la préparation de la grande manifestation nationale du lendemain, au Sud du pays. Car c'est là-bas que depuis 10 ans, le gouvernement Turque souhaite implanter la première centrale nucléaire. Evidemment en tant que Français, nous sommes harcelés de questions sur le nucléaire et on nous fait des remarques du genre : « En France, vous avez un super VRP du nucléaire mais il vous manque un Président ». Un journaliste Turque est présent pour rédiger un article sur nous et les objectifs du projet portrait de planète, mais la discussion dérive vite sur ce qui se passe en France au sein de la filière de l'atome : accident au Tricastin, contamination des ouvriers, recherche désespérée pour enfouir des déchets, état du parc nucléaire Français, le rêve d'Iter, le cauchemar d'EPR... A la fin de cet entretien nous rencontrons Umut. Un jeune comme nous avec qui nous sympathisons tout de suite. Nous finissons la journée par manger tous les trois et nous nous donnons rendez-vous le lendemain sur une île pour une ballade à vélo dont le but de promouvoir des alternatives énergétiques.
Troisième jour en Turquie, nous commençons la journée par une visite de Sainte Sophie, puis nous allons retrouver Bruno et ensemble nous partons sur la fameuse île. Quitter la ville en bateau c'est vraiment agréable, surtout pour aller se promener sur une terre où la voiture est interdite. La rencontre avec d'autres cyclosturques est vraiment super, nous repartons avec le drapeau de la Turquie et le drapeau du club cyclo d'Istanbul. Le soir nous allons chez Umut où nous passons une bonne soirée tous les 5 (Umut, son colloc', Bruno et nous). Le lendemain matin, Bruno part de très bonne heure pour tenter de rejoindre la côte Nord pendant que le trafic n'est pas trop dense. Nous passons la journée dans Istanbul avec Umut comme guide. Nous sommes le 10 août et sans que personne s'en rende compte à part elle, c'est l'anniversaire d'Alice. ''JOYEUX ANNIVERSAIRE'' On découvre le Istanbul Turque. Au bord des grands sites touristiques, il y a des grands parcs où les gens viennent en famille. Puis nous essayons le nargilé dans une fameuse place. Il nous fait sortir des rues du Istanbul pour touristes et en moins de 200 mètres, nous entrons dans une autre ville, le Istanbul pour pauvres, une mosquée à moitié en ruine, des maisons qui tombent sur leurs habitants, des enfants qui jouent au milieu des ruines. Ils viennent nous voir, nous disent Hello ! parfois nous demandent de l'argent, parfois veulent simplement être pris en photo.
Après ces quartiers que nous n'aurions jamais osé fréquenter seuls, nous sommes retournés tranquillement chez Umut où nous nous sommes partagé tous les 3 le gâteau d'anniversaire d'Alice.
Pour notre dernière journée à Istanbul, nous allons faire un tour dans le grand bazar. Avant de retrouver Umut à la sortie de son travail. Nous connaissons maintenant certains quartiers du centre de la ville et nous y retournons comme de vieux habitués. En passant, nous saluons les commençants à qui nous avons eu à faire (le marchand de jus d'orange, le cuisinier de riz pilaf, le maître d'hôtel...)
Quand nous nous balladons dans ces beaux quartiers, il est assez difficile d'admettre que la moitié de la population d'Itanbul est considérée comme très pauvre soit 7,5 million de personnes.
Mardi 12 août, Après une mise à jour du site Internet le matin et la consultation de nos mails, nous avons été à la poste l'après midi pour l'envoi de courrier et de cartes postales. Nous nous sommes arretés dans une boulangerie où l'on a essayé de nous arnaquer, mais nous ne nous sommes pas laissé faire et nous sommes restés jusqu'à ce qu'ils nous rendent la monnaie (malgré le prix affiché en gros sur la vitrine, ils voulaient nous faire payer 2 euro de plus les pâtisseries). De retour chez Umut nous avons préparé les vélos pour le départ en Bus de cette nuit : direction Bartim, pour suivre la route au bord de la mer Noire.
Publié par alice.cedric à 17:50:50 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens