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Portrait de Planète


C'est ici que vous pourrez suivre
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Vous y trouverez des photos, des vidéos, des sons, le carnet de route des voyageurs et surtout de nombreuses informations sur ceux qui luttent un peu partout dans le monde pour la préservation de l'environnement

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La Bulgarie | 12 août 2008

 

Dimanche 03 Août (95 km)

Le matin, à la fraîche, rouler est un plaisir. Mais très vite, le soleil se place au dessus de nos tête, l'ombre se fait  rare, la chaleur devient insupportable. Heureusement il y a un vent frais qui nous vient droit de la Mer Noire dans la face. La Bulgarie est bien différente de la Roumanie. Les gens surtout sont différents. Peut-être un peu moins curieux et le contact moins rapide que les roumains, les Bulgares ne sont pas moins gentils. Toutefois nous restons méfiants car en Roumanie nous avions entendu toute une série d'histoires sur des bandits Bulgares. Soit-disant que des autocars ont été braqués, de faux policiers pillent les gens et volent leur passeport. Même la police des frontières Roumaine nous avait conseillé d'éviter à tout prix la Bulgarie. Après nous être renseigné auprès de la diplomatie Française, aucune attaque d'étrangers n'a été révélée. Donc nous y allons tranquille en suivant les grands axes. Les gens roulent comme des tarés. Ils doublent n'importe quand et de nombreuses stèles ornent les bords de route. La religion change aussi. Le christianisme est toujours dominant mais des mosquées et des tombes musulmanes apparaissent (restes de l'occupation Turque).
Au moment le plus chaud de la journée, nous trouvons refuge sous un bel arbre à quelques mètres en contrebas de la route. On y mange et on y fait une bonne grosse sieste de quelques heures (faut dire qu'on est un peu crevés).
Le soir nous arrivons à Dobrich et la ville est bien plus grande que ce que nous pensions. Il n'y a pas de camping, il est assez tard et bivouaquer s'annonce difficile. Trouver un hôtel n'est pas simple non plus et il faut déchiffrer l'écriture cyrillique. Nous trouvons d'abord un grand hôtel *** trop luxueux pour nous, puis un autre, encore assez cher mais nous espérons pouvoir négocier le prix. Finalement nous avons une très belle chambre au premier étage, un très grand lit super confortable, un balcon, internet, la télé (avec arte en français), le petit déjeuner compris, le tout 25 euros pour nous deux. Bogdan, le gérant de l'hôtel est très sympa et parle anglais. Il a ouvert son hôtel il y a seulement 3 mois et dès l'an prochain, il espère offrir à ses hôtes de l'eau chaude solaire. Nous discutons une bonne partie de la soirée. Bogdan se renseigne pour nous et téléphone pour savoir s'il existe des bateaux entre la Bulgarie et la Turquie (ce qui nous éviterait le passage périlleux de la frontière avec toutes les voitures.

Lundi 04 août (95 km)
Bogdan la veille au soir nous a invité à passer par Albena, une grosse station Balnéaire qui a la réputation de posséder les plus belles plages de la Mer Noire. Son père y tient un restaurant en face la plage. Il nous donne l'adresse, au cas ou nous aurions envie d'un petit resto. Après le délicieux petit déjeuner à l'hôtel, la jeune employée, bien sympa, nous annonce que Bogdan nous offre la nuit dans son hôtel. Ca nous a tellement touché qu'on a oublié de rendre les clefs de la chambre. Heureusement, son retrouvons son père à Albena à qui nous les rendons. Albena c'est la belle plage. Effectivement c'est la grosse station Balnéaire. La plage est recouverte de parasols (jusqu'à moins de 3 mètres de l'eau, les bars s'installent sur le sable, des surveillants de baignade empêchent les baigneurs d'aller dans l'eau devant les transats des gens qui payent.
C'est notre premier contact avec la Mer Noire et franchement, nous ne pensions pas nous retrouver sur une copie de la Croisette de Cannes. Et puis comme à chaque fois que la zone est infestée de touristes étrangers, les prix grimpent, les arnaques augmentent et la culture locale devient l'ombre d'elle même. De pseudo traditions culinaires, vestimentaires et musicales apparaissent. Tout est faux, tout est bétonné : on aime pas !
Après une sieste sous un arbre et un nettoyage des chaines des vélos, on repart vers Varna, la ville la plus importante sur le littoral Bulgare. On y arrive un peu tard et surprise ! le camping n'existe pas ! on essaye de trouver une place pour camper, mais on ne trouve rien de bien convenable, puis lorsque la nuit arrive, tout devient plus difficile. Finalement, après avoir fait le tour d'un bon paquet d'hôtels, on trouve le moins cher (35 euros quand même !!!). Il y a Internet dans l'hôtel et pour la première fois, nous expérimentons avec succès Skype pour communiquer avec la famille.


Mardi 05 août (86 km)
Nous commençons la journée par craquer devant les fonctionnaires les plus molles qu'on ait jamais vu !!!! Ca se passe dans la gare de Varna, nous voulons savoir s'il y a des trains qui passent de Bulgarie en Turquie. Les fonctionnaires que nous avons en face n'ont rien à foutre de notre demande, elles nous montrent un tableau pourrit, tout écrit en cyrillique. Pour nous, tout ça c'est du chinois. Elles font de grands soupirs forcés lorsqu'elles doivent se lever pour aller chercher un papier de renseignement. Elles nous parlent en Bulgare alors qu'elles comprennent fort bien l'Anglais. Finalement nous partons en leur promettant de ne pas faire une bonne pub pour les trains Bulgares. Voilà qui est fait.
Heureusement, dehors, un homme très gentil nous propose son aide. Il nous donne beaucoup de renseignements, nous accompagne vers la bonne route, nous explique où dormir et il nous achète une carte de la Bulgarie (en remplacement du petit atlas que nous avions perdu la veille).
On reprend la route assez tard, mais nous avançons bien, surtout sur l'autoroute après Varna. En fait, l'autoroute en Bulgarie, c'est très bien pour les vélos car il y a parfois des bandes d'arrêt d'urgence assez large et les véhicules ont généralement un bonne place pour nous doubler. ET SURTOUT !! il ne peut pas y avoir de fous venant d'en face car c'est ce que nous avons craint le plus.
La route qui relie Varna à Burgas est assez importante et tout le long nous avons droit à d'énormes panneaux publicitaires, mais aussi beaucoup de prostituées et de clients.
Le soir nous trouvons un lieu de campement assez tranquille, au pied d'un immeuble pour touristes en construction. A 500 mètres, c'est la grosse station balnéaire. Beaucoup de bruit, beaucoup de lumière et de gaspillage. Nous allons au milieu des piscines des grands hôtels et nous prenons une douche incognito.


Mercredi 6 août (85 km)
Vivement le pétrole à 5 euros le litre et la taxe sur le kérosène.
Même en partant à 7h du matin, la chaleur devient vite insupportable surtout pendant les grosses montées. En ½ heure, Alice a compté 100 4x4. Les gens roulent toujours comme des fous. Nous croisons une dizaine de grosses jeeps pleines de touristes. Pour même pas 40 euros, les gens peuvent passer la journée dans un 4x4. Au programme du Safari, tour dans les montagnes, ballade hors pistes au milieu de la nature, jeux pour tout le monde. Le transport est compris ainsi que le repas, les jeux, le guide etc...
Nous nous arrêtons sur un site historique classé par l'UNESCO, mais finalement sans aucun intérêt car le tourisme de masse a tout englobé. Le littoral est bétonné, les prix ont plus que doublé et la règle ici, c'est de consommer consommer consommer.
Quelques kilomètres avant Burgas, nous passons devant des panneaux publicitaires les pires que nous ayons vu. D'un goût mais d'un goût !!! Imaginez la première pub pour une armurerie : Une blonde à très forte poitrine lèche sauvagement un gros canon de fusil. Derrière elle, un paysage de soleil couchant au dessus d'un lac et des oiseaux qui tombent au bout du canon.
Une deuxième pub dans le même état d'esprit : Une Brune avec des seins comme des pastèques, en tient justement une entre les jambes. Un petit trou triangulaire dans la pastèque est censé rappeler le sien. En Bulgarie, femmes et pastèques sont à vendre au bord des routes.
Burgas ! plus accueillant que Varna, un grand parc longe la côte et nous pouvons rejoindre le centre ville par le bord de mer. Nous trouvons un Bus pour nous faire traverser la frontière Turque. Le départ est à 1h30 du matin. En attendant, nous rencontrons Philippe et Aurélien, 2 français très sympas avec qui nous passons une agréable soirée. Il nous ont emmené dans un petit resto proposant des plats traditionnels Bulgares et nous offrent en plus du resto, la seule bière Bulgare que nous consommerons dans ce pays.
1h30 du matin, nous prenons le Bus, l'équipage est Turque. Il est difficile de dormir car le chauffeur a une conduite un peu sportive. C'est peut-être à cause des canettes de Redbull qu'il s'est enfilé avant. Passage de la Douane a 2h30 du matin, nous avons droit au tampon Turque sur nos passeports. Les informations du super passeport biométrique de Cédric sont collectées. Ca y est, nous sommes en Turquie. La route est défoncée et puis ce sont des montagnes Russes. Ca monte, ça descend, ça monte, ça descend... Au petit matin, nous entrons dans la périphérie d'Istanbul. La circulation est très dense et on a du mal à s'imaginer en vélo au milieu de toutes ces voitures, ces camions, ces autocars, qui déboîtent n'importe comment, sans clignotants. Les véhicules se font une place dans le trafic à coup de klaxons ! Nous nous préparons à affronter cette circulation.

Ca y est, on y est, c'est la Turquie !

Publié par alice.cedric à 11:34:02 dans Carnet de route | Commentaires (0) |

Fin de la Roumanie | 02 août 2008

 

Voici les dernières nouvelles de la Roumanie du 25 juillet au 2 aout

vendredi 25 juillet (51 km)

Demie journée de repos. La traversée des villages le matin est très sympa avec beaucoup de gens dans les rues qui nous saluent, rient ou sont impressionnés par nos vélos. Le midi, notre vitesse escargot nous fait une fois de plus arriver les derniers. Nous trouvons au bord du Danube un faux camping qui s'avère être plutôt une maison bourgeoise en cours de diversification de ses activités dans des domaines culturels. Le jeune homme de la demeure parle très bien Anglais et nous explique que nous pouvons planter la tente et bénéficier des salles de bains. Nous pouvons aussi manger ici ce soir. Le tout pour 20 Lei par personnes. En fait, il semblerait qu'il y ait eu un petit mal-entendu et le soir les « serviteurs » de la demeure sont surpris de nous voir attendre à table. On essaye de leur expliquer. Ils comprennent assez bien mais sont plutôt « mal-embouchés ». Nous aurons droit à des patates, du pain, un peu de cornichons et un peu de choux farcit (spécialité Roumaine). Même pas un verre d'eau sur la table.


samedi 26 juillet (89 km)

Nous continuons la route vers Bucarest et nous nous éloignons du Danube. Les villages que l'on traverse sont très typiques mais il est impossible de trouver des cartes postales relatant ce visage rural de la Roumanie. Les cartes sont vendues dans les bureaux de poste et les seules que l'on trouve montrent des bâtiments Historiques ou des villes modernes. La Roumanie est entrée très tard dans l'Union Européenne, mais elle revendique très fort cette appartenance. A chaque entrée de village, et sur chaque lampadaires, flottent des drapeaux de l'Europe.

Cédric : « Depuis que j'ai réglé mes freins avant, les chiens ne m'attaquent plus mais le problème c'est que je fais peur aux chevaux. A chaque carriole croisée, les chevaux ont peur et foncent vers le fossé. Vers 10h ce matin, un cheval trainant un grand père sur sa charrette pleine de sacs de blé, prend peur en me voyant. Il s'emballe et part au triple galop. Le grand père fait un vol plané derrière le cheval, la charrette se plante dans le fossé, les sacs de blé tombent et l'un est éventré. »

Nous nous arrêtons tout de suite et voulons porter secours au vieil homme. Celui-ci se relève vite et part à la recherche de son cheval. Nous attendons près de la charrette jusqu'à ce qu'un homme s'arrête en voiture. Le grand-père revient bredouille sans son cheval. Il nous explique que ce n'est pas grave et que nous pouvons partir. Mais le malaise persiste. Si le vélo couché n'est pas dangereux pour nous, il l'est pour les autres par l'effet qu'il produit sur les animaux. Le problème semble venir du frein à disque avant du vélo. Comme l'axe de roue est très légèrement tordu, le disque ne tourne pas très rond et frotte à chaque tour de roue sur les plaquettes. Un bruit ultrason doit se produire et énerve les chiens et effraie les chevaux. Dès que possible on changera la roue et la fourche du vélo pour mettre des freins plus classiques. En plus ça fera un peu moins tape à l'oeil car le vélo est très regardé et avec les disques de freins, les gens pensent que l'engin roule très vite, comme une moto !

Ce soir nous trouvons 2 Allemands qui roulent vers la Mer Noire. L'un d'eux est en vélo couché. On fini la journée ensembles et nous sommes maintenant un peloton de 8 vélos ! On dort près d'un lac où comme tous les soirs, les moustiques attaquent à 21h précise.


Dimanche 27 juillet (96 km)

Grosse journée ! nous partons tous de bonne heure, vers 8h. Pendant qu'il ne fait pas trop chaud rouler est très agréable. Mais avec les grosses chaleurs de l'après midi, on s'arrête assez facilement dans les petits villages boire un coup dans les bistrots. Ces pauses sont toujours l'occasion de discuter avec les gens d'ici.

Le soir, nous campons près du Danube, dans un grand pré en contrebas de la ville de Corabia. Cette ville est très glauque avec ses usines textiles en ruines, ses décharges dans les fossés et les chiens errants malades, squelettiques ou mort sur le bord de la route. Nous rencontrons toutefois un vacher très gentil avec qui on discute un bon moment. Très cultivé, il parle un peu l'Anglais, et le Fançais. Il nous explique qu'il garde 11 vaches mais que 4 seulement sont à lui. Il gagne sa vie en vendant le lait sur le marché. Il ne gagne pas grand chose et travail énormément mais il pense faire un bon métier et surtout, il est fier de nourrir les gens au niveau local et trouve absurde les systèmes d'élevages intensifs qui maltraitent l'animal et ne respectent pas la nature.

Après le repas, nous essayons d'aller en ville téléphoner en France, mais nous devons franchir des territoires de meutes de chiens qui ne sont pas décidés à nous laisser passer, sauf quand nous employons la technique du lancer de cailloux dans leur direction. La ville n'étant pas ou peu éclairée la nuit, trouver une cabine de télephone est trop difficile, nous préferons rebrousser chemin.


Lundi 28 juillet (68 km)

Bon anniversaire frangin !!!

Une journée qui commence bien sous le soleil et puis au bout de 10 km c'est la grosse averse ! Nous nous réfugions dans un bistrot à coté duquel un tas de déchet brûle dans le fossé. L'odeur de plastique brûlé est terrible, on pense à la dioxine qui doit émaner de ce tas fumant que la pluie essaye d'éteindre. Nous parlons assez facilement avec les autochtones ! On profite aussi du téléphone pour appeler en France.

Le midi en passant dans une plus grande ville, nous rencontrons une dame de Médecins sans frontières. Elle parle bien le Français et on discute un peu.

En fin d'après midi nous nous arrêtons dans un village où l'on parle un bon moment avec les gens. Nous achetons quelques bricoles pour manger puis la vendeuse nous donne une pastèque et quelques abricots.


Mardi 29 juillet (85 km)

Journée très chaude qui se termine sous la pluie et à l'hôtel. Nous roulons tous les 6 vers Giurgu, la ville frontière avec la Bulgarie. Il fait vraiment très chaud et nous sentons l'orage arriver. A l'entrée de la ville, Bingo ! C'est l'orage. Nous cherchons un bistrot pour nous abriter puis un stade pour aller camper sous la pluie. Soudain, un homme nous croise en voiture, il nous propose un hôtel, nous lui répondons que nous ne sommes pas intéressé, que c'est trop cher, nous préférons camper gratis ! Il s'arrête et nous discutons. Il nous propose une nuit d'hôtel à 10€ par personne. On se rend rapidement dans son établissement. Pendant que les filles vont visiter l'hôtel, Bruno marchande pour un autre lieu moins cher. Finalement, l'hôtel est correct. Nous pouvons y laisser les vélos, aller faire un tour en ville, faire une bonne lessive et surtout prendre une vraie douche !


Mercredi 30 juillet (75 km)

Sortie culturelle en Bulgarie

Nous laissons les bagages à l'hôtel et nous fuyons vers la Bulgarie. Le passage de la frontière de fait facilement par un simple contrôle des passeports.

La Bulgarie semble plus riche et la consommation bien plus importante ! Il y a des écrans partout avec des pubs qui défilent. Par contre, beaucoup moins de déchets dans les fossés. La route est bonne et le relief plus marqué. Nous allons visiter un site historique très impressionnant : les églises troglodytes de Ivanov !

Dans ce qui ressemble à un canyon, des grottes naturelles ont été aménagées en églises orthodoxes. Certaines peintures religieuses sont très bien conservées. Nous sommes fascinés par ces lieux magnifiques, mystérieux et chargés d'histoire.


Jeudi 31 juillet (75 km)

C'est la journée du début de la fin du groupe des 6 français. Valérie va rejoindre demain Bucarest pour regagner la France. Bruno l'accompagne puis filera à toute vitesse vers Istambul. Après nos 75 km, nous arrivons dans la ville par couple. Bruno et Valérie, les plus rapides y sont déjà. Elie et Marie sont 15 minutes derrières nous. Pour nous retrouver ensemble dans la ville on doit toujours chercher un peu dans le centre, les cybercafés, les bistrots ou les parcs. Cette fois-ci, nous n'aurons pas à chercher car un homme avec une casquette orange nous interpelle et nous demande de le suivre. Il nous dit : « Moi Nicos, vous Français ? Bruno ! Valérie ! Suivez moi ! ». Nous le suivons, il nous montre les commerces, le cybercafé, et le parc où se sont installés nos 2 collègues ! 15 minutes plus tard, nous voyons au loin Elie et Marie. Nicos saute sur son vélo et va les chercher. Il est très gentil ce jeune homme, mais aussi très présent. Il a vraiment beaucoup envie de communiquer et de nous aider, mais parfois on a du mettre les freins surtout en fin de journée quand le vélo de Cédric a crevé et qu'il a voulu démonter le pneu avec un petit tournevis plat. Puis quand il a plié le pneu pour montrer qu'il était abimé. Finalement, nous mangeons tous ensemble ce soir dans un petit resto, puis nous plantons une dernière fois les 3 tentes sur un stade au bord de la ville.


Vendredi 1er Août (100 km)

Valérie et Bruno partent à 6h du matin pour profiter de la fraicheur. Avec Elie et Marie, nous décollons à 7h. La température grimpe vite et nous sommes un peu fatigués. Nous nous réjouissons à l'idée de retrouver le camping de Calarasi, pour une bonne douche et une bonne lessive. Une fois arrivé devant l'entrée du camping, où il est écrit sur une énorme plaque en taule « CAMPING ». Un chef de chantier nous dit qu'il n'y a pas de camping ici, nous ne sommes pas welcome, nous devons faire demi-tour. Derrière le panneau en taule se dresse de nouveaux batiments très laids, 100% béton jusque dans le Danube. Finalement on trouve derrière un hôtel ***, une plage de sable fin avec des toilettes ET une douche. On en profite à fond puis nous allons manger dans un festival de musiques traditionnelles d'europe de l'Est. Ce festival n'est pas du tout ce que nous pensions. Il n'y a que du folklore, plein de marchands de pacotilles et des Tziganes qui insistent pour vendre leur graines de tournesol grillées. Sur une table à coté de nous, nous sommes effarés par l'éducation d'un enfant roi. Ce gamin de 4ans s'amuse à narguer les plus pauvres avec sa petite moto électrique. On le regarde partir avec des billets dans les mains puis revenir avec une épée en plastique. Pour le féliciter de ses achats et de ses bonnes manières, les adultes qui l'entourent lui font boire de la bière à la bouteille. Lorsqu'on lui refuse un caprice, il se met en crise et pleure très fort jusqu'à ce que sa volonté soit faite. Cet enfant n'a pas l'air heureux mais en plus, il doit générer une énorme frustration auprès des enfants Tziganes qui essayent de vendre leurs sachets de graines pour faire vivre la famille. Nous repartons en pleine nuit vers la plage derrière l'hôtel à l'extérieur de la ville. Nous dormons tous les 4 sur le sable sous les étoiles.


Samedi 2 août

Bulgarie droit devant !!!

Nous prenons le bâteau avec Elie et Marie pour traverser le Danube. De l'autre coté, nous nous séparons. ils vont suivre le Danube jusqu'à la mer Noire en restant en Roumanie et nous passons la frontière pour la Bulgarie. Avant de nous séparer, on leur laisse quelques bricoles superflues qu'ils ont bien voulu rapporter en France (une assiette, un tee-shirt, des guêtres, un DVD que Eni nous avait donné...). Coté Bulgare, nous trouvons un petit hôtel correct et pas cher. Aujourd'hui, pas de vélo. On s'occupe de l'entretien des affaires : une couture par ci, une réparation par là, l'entretien des vélos, la sauvegarde des photos sur CD envoyés en France, ....


Publié par alice.cedric à 17:40:42 dans Carnet de route | Commentaires (1) |

On pédale à 6 | 26 juillet 2008

En pleine Roumanie nous rencontrons Bruno, Valérie, Elie et Marie. On pédale ensemble encore aujourd'hui !
Voici nos dernières journées de bicyclettes :

Vendredi 18 juillet 2008
Après une courte nuit dans ce camping Roumain, on fait un petit tour dans la ville pour trouver de quoi manger. Il y a encore des gens qui viennent nous voir en nous faisant le signe de l'argent avec les mains et nous demande des euros.

Sur la route vers le Sud-Est de Timisoara, nous sommes complètement effarés par la quantité de déchets sur les bords de route. Il y a franchement de TOUT et surtout du n'importe quoi. Le pire c'est qu'environ 80% de ces déchets pourrait être facilement recyclé (bouteilles en plastique, en verre, tetrapack, cannettes en acier ou en alu). Amis ambassadeurs de tri, venez faire un tour en Roumanie, il y a du boulot !
 

Un nouveau phénomène inauguré aujourd'hui : Les routes goudronnées qui laissent soudainement la place à des pistes de terre plutôt Rock'n Roll. En quittant la grande route pleine d'auto, nous ne pensions pas arriver là. Ce qui est marqué comme une route moyenne sur notre carte devient à partir de la petite ville de Tormac un chemin de terre. En arrivant dans la ville, une quinzaine de gamins nous accueillent. Ils nous suivent en vélo ou à pied et s'amusent beaucoup à nous voir sur nos drôles d'engins. Quand nous voyons les pancartes avec la « route » à suivre, on pense qu'il y a erreur. On demande aux enfants, puis aux adultes, tout le monde nous indique le même chemin. Les enfants nous escortent pendant 2 km sur cette piste en nous promettant que le village prochain est goudronné (seulement le village). Après avoir salué et remercier tout le monde, nous nous sommes séparés. Les enfants sont retournés chez eux, et nous montons le campement sur des chaumes avec les Carpates à l'horizon.

 

Samedi 19 juillet 2008 (70 km)

L'asphalte en pointillés.
Après une nuit tranquille sous une pluie continue, nous démarrons la journée sur le chemin le plus défoncé du voyage. Grâce au relief de plus en plus marqué, les grandes mono-cultures de maïs sont de plus en plus rares et la nature devient de plus en plus intéressante. De grandes étendues de prairies, avec des bergers qui mènent leur troupeau, des paysans qui stockent le foin sous forme de meules (un savoir-faire disparu de France depuis que tout le monde presse le foin en bottes carrées ou rondes). La très faible mécanisation agricole semble laisser la nature et la biodiversité prospérer en paix. MAIS, l'omniprésence de déchets d'emballage, l'incinération des ordures et du plastique dans les villages les plus reculés où la collecte n'est pas organisée, les décharges sauvages un peu partout, finissent par tout polluer. C'est vraiment dommage pour le pays, pour les enfants qui grandissent là dedans, pour la planète.

Aujourd'hui, près d'une ancienne ferme d'Etat, où (on le rappel) l'agriculture appartenait plus au secteur industriel qu'au secteur primaire, nous nous sommes aperçu que rien n'avait changé. De nouveaux bâtiments industriels subventionnés par l'Europe (c'est écrit dessus), fabriquent de la volaille ! Toute la filière est présente. Il y a un grand bâtiment où des poules entassées fabriquent des oeufs, un autre bâtiment où l'on fabrique de la viande de poulet et un autre grand bâtiment neuf où l'on fabrique des poussins.

Quelques kilomètres plus tard, juste avant de quitter la route bitumée pour une nouvelle portion de terre, nous passons à coté d'une iiimmmense décharge. l'odeur est abominable ! à l'entrée, une maison et des gens qui viennent nous regarder passer.

Le soir nous trouvons un campement perché à flan de colline surplombant un village. Loin des routes, nous pensons être tranquille, mais la Roumanie n'est pas la France ou l'Allemagne, et même loin des voitures, nous avons eu la visite d'un berger et d'un homme avec des chevaux.

Dimanche 20 juillet (61 km)

Même en essayant de partir tôt (8h30), nous souffrons vite de la chaleur. A midi nous décidons de manger à l'ombre d'un arbre, puis d'y faire une sieste. Cette dernière sera écourtée par la visite d'un jeune Tzigane qui nous racontera quand il est venu vivre en Roumanie avec sa famille à l'age de treize ans puis, comment il a acheté sa voiture 200 euros à un Lyonnais (la voiture est toujours immatriculée en France mais dans la Marne, pas du tout la région de Lyon). Nous avons croisé plusieurs voitures françaises en Roumanie, mais à chaque fois, les conducteurs étaient de purs Roumains. On se demande s'il n'y a pas un trafic de voitures volées la dessous... Bref, nous reprenons la route plus tôt que prévu et sous les grandes chaleurs. Rejoindre le Danube ne se fait pas sans peine et nous perdons beaucoup d'eau pendant la grande côte de 10 km où des gens s'arrêtent pour nous photographier (on aurait cru une étape de montagne du tour de France, mais en vélos couchés).
A destination, la petite ville de Moldova Noua ne nous semble pas très accueillante, avec ses barres de HLM partout, on a déjà vu mieux. Toutefois en s'arrêtant boire boire boire dans un café, nous rencontrons Ioan, un roumain qui parle très bien Français car il a travaillé en France dans des carrières, près de Lyon. Il se propose de nous héberger, ce que nous acceptons volontier. Avec sa soeur, son Beau-frère et son neveu, nous passons un bon moment agréable à boire et discuter. Nous apprenons beaucoup sur la Roumanie (Histoire, culture, guerre, ...). Nous visitons le coin et nous allons boire un coup dans un bar situé sur les hauteurs, la vue sur le danube et le couché de soleil est splendide !

Nous passons une nuit assez perturbée chez Ioan car dehors, dans la rue, des meutes de chiens errants se battent. On entend hurler, japper toute la nuit.
Alice "En parlant de chien, Il y a un problème avec le vélo de Cédric. depuis hier, les chiens sont devenus comme fous en le voyant. Nous n'avons jamais eu de problèmes avec eux et aujourd'hui nous avons (enfin surtout Cédric), subit 3 attaques ! Les chiens semblent en vouloir personnellement à Cédric. Pourquoi ? est-ce une odeur ? un bruit ? une hormone ?"

 

Lundi 21 Juillet (17 kms)

Aujourd'hui c'est la fête, nous rencontrons d'autres voyageurs ! A Baya en Hongrie, nous avions rencontré Bruno et Valérie qui voyageaient dans la même direction que nous. Eux sont passés en Serbie, nous, directement en Roumanie. On s'est donné rendez-vous dans cette petite ville et nous nous y retrouvons comme prévu avec en plus Elie et Marie, deux autres Français qui suivent le Danube à vélo pendant les vacances. Nous passons tous les 6 de bons moments et le soir nous campons sur le bord du Danube.

 

mardi 22 juillet (80 km)

Après une nuit d'orage, nous passons la journée sous un ciel plus que couvert avec une petite bruine qui nous rafraichit beaucoup par rapport à la canicule de la veille. Nous suivons ce qui sera dans quelques années la GRANDE route touristique de Roumanie, actuellement en travaux. Le Danube coule dans une vallée très encaissée et profonde où la forêt tente de s'accrocher aux parois rocheuses. Le paysage est magnifique bien qu'un peu bouché par les nuages bas qui s'accrochent aux montagnes. Comme nous roulons tous les 6 à des rythmes différents, nous nous donnons rendez-vous dans un village pour le soir. Lorsque nous arrivons, nous nous retrouvons autour d'une bonne bière dans un bistrot, puis on cherche un endroit pour camper. Finalement on trouve une bonne place au bord du Danube grâce à la police des frontières. On passe une excellente soirée sur une plate forme en compagnie d'un fameux pêcheur et des 2 policiers. On essaye de raconter des blagues en Anglais. La pluie ne s'arrête pas de la nuit et cesse seulement au petit matin. 

 

mercredi 23 juillet (63 km)

Le temps est meilleurs le matin. On s'arrête tous les 6 sur un pont pour la photo souvenir devant la gigantesque sculpture de l'empereur Dercebal sur une falaise. Puis nous bicyclons gaiement tous les 6 le long du Danube en pensant aux célèbres thermes de Herculane. L'après-midi le temps se gâte sérieusement et la pluie tombe fort alors que nous cherchons désespérément les fameuses thermes Romaines. Nous pensions trouver de grandes thermes, dans de grands bâtiments, avec de grands bassins ! mais en fait la célèbre therme se trouve, d'après les nombreux renseignements que nous avons collectés et selon ce que nous avons pu en voir, sous un pont où passe les voitures, au bord d'une rivière, au pied d'une falaise. Un peu perplexe devant ce que nous pensions être de gigantesques thermes, nous retournons en ville et trouvons finalement d'autres bassins, dehors, au bord de la rivière. Très rudimentaires, petits, mais conviviaux, des bassins en béton recueillent de l'eau provenant d'une source chaude jaillissant au fond d'un tunnel de 200 mètres environ. Equipés de nos lampes frontales, nous sommes allés au fond de ce trou, mais nous n'y sommes pas restés longtemps car c'est un vrai hammam naturel.
Après le hammam, le bain. Et après le bain, le bistrot, et après le bistrot, le bivouac planté ce soir à coté d'un stade de foot tranquille au bord de la ville.

Les chiens ont cessé leurs attaques, le problème venait très probablement des freins à disque avant du vélo de Cédric. Mal réglés, ils devaient produire un son désagréable pour les chiens.

 

Jeudi 24 juillet (94 km)

Grosse journée. Nous nous rendons compte que rouler en vélo couché n'est pas très compatible avec des vélos debouts. D'une part nous sommes chargés comme des mulets (les plus chargés des voyageurs), et ensuite, le vélo couché va plus vite dans les descentes donc on peut rouler avec le reste du groupe. Mais dans les montées, on roule très largement moins vite. Pendant que les vélos debouts roulent à 15 km/h en côte, nous sommes à 7km/h. Nous sommes par conséquent toujours à la traine alors que l'on fourni plus d'effort car roulant moins vite, on pédale plus longtemps. C'est assez frustrant.

Aujourd'hui le temps est chaud à très chaud. Pour nous réhydrater nous prenons tous les 6 une bonne bière avant le campement dans une forêt infestée de moustiques. Après la canicule du jour, nous avons droit à l'orage de la nuit.

Fait marquant : partout où nous pédalons en Roumanie, nous voyons des chiens errants. Solitaires ou en meutes, ils trainent autour de nous dès que nous nous arrêtons casser la croute.
Cédric : "Depuis que j'ai réglé mes freins avant pour ne plus me faire agresser par les chiens, ça va mieux mais maintenant, ce sont les chevaux qui réagissent à mon vélo. Dès que je croise une charrette (et elles sont nombreuses) le cheval s'emballe et traine l'attelage dans le fossé. C'est assez gênant."

Publié par alice.cedric à 14:15:36 dans Carnet de route | Commentaires (0) |

L'entrée dans la Roumanie | 18 juillet 2008

Mercredi 16 Juillet (45 km) Bienvenue en Roumanie !

Après un très bon repas chez nos hôtes et une interview pour le journal local, nous reprenons la route vers la Roumanie. Le passage de la frontière se fait sans problème. Les douaniers Hongrois nous demandent le passeport pour sortir du pays et les Roumains nous disent bonjour, ne demandent rien, et nous font de grands signes de bienvenue.

Notre première pause dans une station service où nous pensions regonfler nos pneus, nous met tout de suite dans le bain. Cédric « En appuyant mon vélo sur une grosse benne à ordure à coté du compresseur, j'ai pas pu m'empêcher de jeter un oeil dedans (c'est mon coté ambassadeur de tri). Mais quand j'ai vu cet enfant de 8 ans assis en tailleur au milieu des ordures, dans la benne !!! ça m'a fait quand même un choc ! » Nous lui avons présenté nos vélos et il a essayé de nous aider à faire marcher le compresseur, en vain. Les villages qui suivent sont complètement différents de tout ce que nous avons pu voir jusqu'à aujourd'hui. Même si d'un point de vue « urbanisme », ça ressemble un peu à la Hongrie, se qui est normal puisqu'il n'y a pas si longtemps cette partie de la Roumanie était Hongroise. Les maisons sont très belles ou très délabrées. Les gens d'ici sont plus pauvres, et tout est moins motorisé. A part les bagnoles toujours trop présentes sur les routes, ici les tondeuses sont herbivores (chèvres, vaches et chevaux), les débroussailleuses sont les faux, les tracteurs sont les chevaux, etc. Dans les villages, des dizaines de corniauds de chiens se baladent et sont parfois en putréfaction sur le bord de la route. Le soir, peu avant de trouver un campement au milieu des champs de maïs, nous avons demandé de l'eau à des jeunes filles dans un village situé à coté d'une ancienne ferme d'Etat. La Roumanie est très marquée par son histoire récente, l'exemple avec cette ferme gigantesque aujourd'hui en ruine. Quelques familles très modestes y habitent, mais la plus grande partie des bâtiments sont en ruines. A en croire les enseignes encore présentes sur les grilles, Les gens qui travaillaient là étaient plus des ouvriers spécialisés que des paysans « secteur 1 : Mécanique tracteur », secteur 2 : production avicole », « secteur 3 : production maraîchère ».


Jeudi 17 juillet 2008 (60 km)

Est-ce qu'on a une tête de porte-monnaie ?

Aujourd'hui, nous « bicyclons couchés » vers Timisuara. Il fait très chaud et on respire un paquet de saloperies. Tout d'abord sur la route il y a des camions qui fument comme c'est pas permis ! (à un moment on croyait qu'il y avait le feu dans un village, en fait c'était juste une camionnette pleine de pastèques). Ensuite, on brûle pas mal de plastiques par ici, on a même l'impression que dans certaines maisons on cuisine au feu de pneus, vu la fumée noire et puante qui sort des cheminées. On  ne vous parle pas de la dioxine qu'il doit y avoir dans les terres des maraîchers autour des villages.

Lors d'une pause, nous nous sommes offerts une limonade que nous aurions pu vraiment apprécier si un gentil couple ne nous avait pas harcelé pour que l'on donne notre argent. L'homme en particulier, savait parler Italien, Allemand, Anglais, Hongrois, mais heureusement, pas Français. Il savait nous demander de l'argent dans toutes ces langues, Il voulait qu'on lui paye à boire, du chocolat, un repas, ... Il nous a harcelé un bon moment pendant qu'à la table voisine, un vieil homme nous faisait discrètement des signes très clairs comme quoi il ne fallait pas céder, que ces gens sont fous et qu'il fallait qu'on leur colle le poing dans la face s'ils continuaient. Nous en sommes resté là et nous sommes repartis sans rien donner.

A timisoara, c'est la ville comme on aime pas ! A part un bout de piste cyclable sur 500 mètres, nous naviguons le reste du temps entre les files de voitures, les gros nids de poules et les trottoirs. Si les automobilistes sont sympas en dehors de la ville, ici c'est la jungle, il faut s'imposer à coups de siffler contre klaxons. On trouve UN magasin Bio complètement hors de prix pour les gens d'ici et même pour nous les « portes-monnaies sur pattes ». En plus il n'y a pas beaucoup de choix. On se contentera d'un pamplemousse et d'un pot de sauce tomate. A l'extérieur du magasin un homme observe nos vélos de près. Peut-être cherchait-il quelque chose à prendre ? toujours est-il qu'il s'appelle Elie, parle l'Anglais et pense que « c'est bien de manger bio, car le corps en a besoin pour voyager loin ». Avant le voyage, nous avions commencé à correspondre en Espéranto avec Aurora. Maintenant que nous arrivons dans sa ville, elle nous envoie un message comme quoi elle est malheureusement absente. Nous aurions aimé la rencontrer. Dommage. On contacte d'autres Epérantophones à Timisoara, mais personne n'est présent car c'est les grandes vacances. On finit au Camping de la ville (qui nous a été déconseillé par une policière). Le seul camping pour touristes, entre une grosse route et la ligne de chemin de fer, 15€ la nuit pour un minimum de confort et un maximum de bruit. Mais c'est pas grave on prend la vie du bon coté, on se dit qu'on va se coucher tôt jusqu'à ce que ...

Cédric : « Je vais prendre ma douche et trouve un papa hollandais dans la salle d'eau, tout nu, il essaye de gérer la crise entre ses trois enfants et court de la douche aux lavabos, des lavabos à la douche, bref il est à fond. Moi je m'agace sur les robinets qui, froids ou chauds, ne proposent que de m'ébouillanter, jusqu'à ce que papa hollandais pousse un cri de terreur !!! Je me fais pas trop de soucis et imagine qu'il a crié ainsi car il est à bout de nerf et qu'il n'arrive pas à gérer ses diables de gamins. Finalement je sors de la douche pour aller voir si c'est mieux chez les filles quand je vois mon papa plié en deux, le pied trempant dans un bidet, du sang partout parterre. Maman hollandaise vient vite à son secours mais ça ne suffira pas, l'histoire se terminera à l'hospital »

Nous acceptons sans problème de garder les enfants jusqu'à leur retour (à minuit). Bilan de la cascade à papa, un pied ouvert et une clavicule de cassée. C'était leur 2ème jours en Roumanie. Et nous qui voulions nous coucher tôt ...

Publié par alice.cedric à 13:29:54 dans Carnet de route | Commentaires (0) |

La Fin de la Hongrie | 18 juillet 2008

Jeudi 10 juillet (65 km)

Après une bonne nuit et un réveil au son des claquements de becs des cigognes, l'angoisse de la veille d'être viré de notre campement sauvage disparaît avec la visite de tous les gens du village. On passe par curiosité, pour voir les deux zigotos que nous sommes. Un paysan qui ramassait le reste de foin qui n'avait pas été pressé, est venu nous saluer. Pour se faire comprendre, on utilise les quelques phrases que nous a traduit Eni, puis bien sur, les gestes.

Avec tout ça nous décampons tard dans la matinée. Dans la ville la plus proche nous trouvons un café-internet où nous mettons quelques nouvelles sur le blog.

Plus tard, sur le bord de la route au milieu d'une immense zone de maïs, on trouve un chaton sur le bas coté, il n'est pas mort et il miaule très fort. Traumatisé, plein de tiques, les yeux gonflés, on dirait qu'il est là depuis plusieurs jours. Tenter un sauvetage en le ramenant dans un village est impossible, il ne se laisse pas prendre.

Ce soir, nous devons trouver le camping de Fadd (s'il existe). Arrivé dans le village à la tombée de la nuit : pas de camping ! On s'arrête demander à une grand-mère qui nous dit « Dumbolro » en nous montrant une direction, puis elle nous répète la même chose en nous montrant la direction inverse. Ce n'est que plus tard, alors que la nuit nous entoure, une femme qui maîtrise l'anglais nous oriente correctement. Nous comprenons que la grand mère avait raison dans les 2 sens. Il y avait la route à suivre au début, puis la direction du camping à vol d'oiseau (c'est pas la même chose).

Dans le camping qui est en fait à plus de 5 kms du village de Fadd, nous nous installons vers 23h (il fait nuit depuis 2 heures). Heureusement il y a tout le confort. Douches, toilettes, éviers de cuisines, eau chaude, tables, bancs, lumière... Cependant, quelque chose nous frappe, le camping, s'il est confortable, est presque vide (seulement 2 tentes). Pourquoi ? Nous comprenons l'arnaque peu avant minuit, lorsque la discothèque extérieur à 100 m de notre tentes, commence à faire péter les Watts !!!! Quasiment impossible de dormir, même avec les boules quies. Le boucan cessera à 5 h du matin pour être reprit par les oiseaux de l'aube puis par la débroussailleuse du camping.


Vendredi 11 juillet (65km)

Ce soir on arrive chez nos hôtes Esperantophones. Nous y sommes très bien accueillis et invités au festival de la soupe de poisson. C'est encore une famille où tout le monde parle Esperanto à la maison. Comme pour la première famille en Hongrie, leur habitude de la langue nous impose une concentration extrème pour comprendre ce qui se dit.



Samedi 12 juillet : Pas de vélos aujourd'hui car c'est la fête de la soupe de poisson !

Vous prenez une ville de la taille de Châteauroux (Baja > 40000 habs) vous y mettez 2000 habitants pour faire la cuisine. à chacun vous mettez une marmite, de quoi faire du feu et bien sur les ingrédients pour la fameuse soupe de poisson, c'est à dire : du paprika, de l'oignon, de la tomate de l'eau et bien sur, du poisson (de la carpe importé peut-être de la Brenne où elles sont nourries aux soja OGM). A 18h, le maire de la ville lance le signal pour que les quelques tonnes de bois s'enflamment sous les marmites. Imaginez un instant, alors qu'il fait ici une chaleur à crever (en France on serait en alerte rouge, plan canicule etc...) des centaines de feux démarrant au même moment dans toutes les rues ! la chaleur, la fumée, les yeux qui piquent, mais tout le monde est content. Nous passons une agréable soirée en compagnie de nos hôtes qui avaient à leur table l'ambassadeur de Lutuanie et autres diplomates. Leur présence à d'ailleurs attiré la télé locale qui en a profité pour nous interviewer sur notre voyage, l'Espéranto nous permettant de nous exprimer plus correctement.

Après la soupe et l'alcool qui a coulé à flots. Nous faisons un tour dans les ruelles où la fête bas son plein ! On découvre des bals traditionnels improvisés, les musiciens en bout de tables, les danseurs sur le bitume. On retrouve l'ambiance des fêtes de notre Berry de départ.


Dimanche 13 juillet (85 kms)

Nous enfourchons les bents au moment le plus chaud de la journée et nous rencontrons à peine partis, Bruno et Valérie, 2 autres voyageurs autour du monde Français ! La probabilité de se rencontrer était infime car ils roulent plutôt le matin de bonne heure pendant que nous faisons la grasse mat' et ils se reposent l'après midi pendant que nous pédalons sous un soleil de plomb.

On mange ensemble puis on se donne RDV dans le sud de la Roumanie.

La chaleur est accablante. Heureusement il y a des petites fontaines dans chaque village. Lors d'un coup de chaud, nous nous arrêtons boire un verre à l'ombre d'un bistrot. On tombe sur une tribue de piliers de comptoir assez alcoolisée mais très sympa. Ils ont tous essayé de nous expliquer le bon chemin. L'un d'eux parlait un peu Esperanto.


La route 55 : la route de la mort. Sur 8 kms, 12 galettes de hamsters écrasés.

Chats, Renards, Perdix, Faisans, Lièvres, Sangliers, tortues, chouettes, tout le monde y passe et à en croire le nombre de croix et couronnes de fleurs au bord de la route, on commémore plus ici les accidents mortels que les apparitions de la vierge.

Par chance, on est dimanche, il n'y a pas de camions et peu de circulation.


Seuls au monde dans un camping abandonné au milieu de la forêt !

Nous arrivons à Ottomos, là où sur notre carte, il est écrit la présence d'un camping. Évidemment, dans le village, on ne voit aucun panneau, la nuit tombe et 2 hommes nous arrêtent pour nous offrir un coup à boire (on doit avoir la mine desséchée). Ils ont l'air sympas et téléphonent au camping (enfin c'est ce que l'on imagine). Après une bière, ils décident de nous y conduire. A la sortie du village, les deux compères nous montrent du doigt un panneau avec un nom Hongrois et dessous écrit en petit « 1 km ». Avec nos vélos chargés à bloc et nos 85 km de la journée dans les jambes, nous commençons à suivre 2 mecs sur une moto, en plein milieu d'une forêt, au crépuscule et surtout sur un chemin si sableux qu'il faut qu'on s'y mette parfois à 2 pour pousser un vélo. Finalement, en plein milieu de la forêt, une grande clairière avec se qui pourrait ressembler à un camping, ou un ancien goulag. Toujours est-il que nous sommes accueillis par une femme qui nous prendra 1500 forints pour dormir dans son camping abandonné. Sans eau potable puisque celle-ci provient d'un puit à quelques mètres des toilettes à l'ancienne, c'est à dire, un trou dans le sol sableux où s'entassent les tonnes de crottes et d'urines qui finissent par polluer la nappe. Même si les toilettes sont propres, l'odeur est insuportable et nous ne vous parlons pas des mouches et du paysage dans le fond des toilettes. En France, nous avions dans notre maison des toilettes sèches. Souvent quand nous abordions le sujet, les gens trouvaient ça un peu dégueulasse, c'était pour eux un retour à l'ancien temps, ça sent mauvais, bref, pour beaucoup les toilettes sèches, c'est le vieux trou qu'il y avait avant chez les parents, les grands parents ou ici dans ce camping. Mais les toilettes sèches de notre maison n'avaient rien à voir avec cela car elles étaient nettoyées toutes les semaines et après chaque besoin on remplaçait les 10 litres d'eau potable de la chasse d'eau par 2 poignées de sciures et de copeaux de bois. Le mélange de bois (riche et Carbone) et de « pipi caca » (riche en azote) permet de fabriquer un bon compost qui peut être ensuite mélangé à la terre du jardin. La encore, beaucoup sont « dégoûtés » à l'idée de faire pousser des salades sur du compost issu des toilettes sèches. Mais savent t-ils que derrière la chasse d'eau, il y a la station d'épuration et qu'après un retraitement coûteux pour essayer de dépolluer l'eau, les boues sont répandues dans les champs, ou sont servies comme repas complémentaires aux élevages industriels de porcs ou de volailles ?

Pour en savoir plus : le livre de Christophe Elain, un petit coin pour sauver la planète.


lundi 14 juillet (95 km)

Après une nuit trop calme loin de tout dans ce camping où nous avons eu la visite nocturne de chiens errants à la recherche de nourriture. Nous sommes repartis par le même chemin sableux, direction Mako, une ville proche de la frontière Roumaine. Aujourd'hui il fait très lourd et on sent l'orage approcher.

A Szeged, on fait une pause près d'une belle fontaine place de la mairie. Les moineaux viennent presque nous voler le pain dans le creux de la main. Ensuite nous reprenons la route, mais pas la bonne. La route numéro 43 nous emmène directement à Mako. Comme c'est une route importante pleine de camions et de fous du volant, nous bénéficions sur plusieurs kilomètres d'une piste cyclable en bonne état et bien balisée. Puis d'un coup, plus rien, on se retrouve sur cette route hyper dangereuse. Notre écarteur de dangers, même rallongé, ne sert à rien. Nous savons qu'il y a une rivière plus au nord et on distingue une digue au loin. On décide de tenter le coup, car s'il y a une digue il y a peut-être un chemin qui la longe. BINGO !!! Un super chemin de sable bien tassé sur la digue, bien roulant, nous sommes tous les deux, on profite du paysage, on discute, on observe plein de gibiers et notamment une quantité assez phénoménale de lièvres. De violentes rafales de vent nous poussent mais l'orage nous rattrape et il a l'air très violent ! comme nous avons toujours beaucoup de chance, on trouve 3 km avant Mako une gare désaffectée qui nous servira d'abris pendant l'un des pires moment de l'orage.

La tempête terminée on reprend notre route en essayant un chemin plus tranquille que la numéro 43. Nous étions à coté de Mako et voilà qu'on roule 4 km sur une route au milieu des champs. L'orage fait demi tour et nous revient droit dessus. Au loin, des bâtiments, on fonce sous la pluie pendant que ça pète de tous les cotés. Soudain un poteau électrique proche de nous est foudroyé ! Nos muscles se figent, on accélère !!! Et on arrive ... en Roumanie ! On s'est planté de route. Nous faisons donc demi-tour, après avoir attendu 15 minutes la fin de l'épisode orageux. Nous sommes trempés et comme un malheur n'arrive jamais seul, Alice crève son pneu arrière presque devant 2 voitures de la police. A 10 mètres des policiers, on commence les réparations sous leurs yeux amusés.

L'orage nous revient droit dessus, ça devient de moins en moins drôle. Quand nous leur demandons un portable pour prévenir Mihaly qui nous attend à Mako ce soir, ils nous répondent qu'il y a des cabines téléphoniques à 5 km de la .... à Mako ! Merci la Police, on s'en souviendra !

On pédale comme des fous et on arrive vite à Mako où Mihaly nous attend depuis longtemps à l'entrée de la ville. Il prend nos sacoches et nous le suivons jusqu'à chez lui. Enfin au sec, l'orage reprend dehors, mais nous passons une très agréable soirée à discuter et manger un bon repas préparé par Suzanne, sa fille.


mardi 15 juillet

Nous devions rester une seule nuit chez Mihaly mais ils est tellement sympa que finalement nous restons une journée de plus. Avec Suzanne, Il nous fait découvrir sa ville, puis la therme municipale. Nous restons une bonne partie de l'après midi dans l'eau chaude ferrugineuse et nous discutons de tout. Nous apprenons beaucoup de choses sur la vie, l'histoire, la politique en Hongrie. Comme en France, le gouvernement Hongrois privatise les services publics et rend la vie de plus en plus difficile pour les classes sociales les moins aisées.

Le soir après un bon repas, on s'amuse à se traduire en Esperanto des blagues et des jeux de mots Hongrois ou Français. Ca ne veut souvent plus rien dire du tout mais c'est très marrant et on rigole bien.


Mercredi 16 juillet

Au revoir la Hongrie, bonjour la Roumanie.


Publié par alice.cedric à 13:25:11 dans Carnet de route | Commentaires (1) |

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