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Portrait de Planète
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Bedaurinde, nia blogo estas en franca, tamen, vi povas vidi kelkajn bildojn. Post la voyagxo, ni provos skribi libron esperante pri nia historio
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Et voici la fin du voyage au Vietnam. D'un point de vue relations humaines, nous aurons eu dans ce pays des expériences très difficiles. Heureusement que les espérantistes que nous avons rencontrés ont été formidables et nous ont permis d'apprécier leur beau pays à sa juste valeur.
Du 12 au 20 août 2009 (268km)
Le 12 août au petit matin. Nous avons fini de préparer notre diaporama présentant la première partie de notre voyage. Nous prenons un rapide petit déjeuner sur le toit de l'hôtel puis notre ami Verda Rivero vient nous chercher pour nous guider vers la salle de conférence. A 8h45, nous sommes dans la salle qui a été décorée pour l'occasion. Un grand panneau écrit en espéranto nous souhaite la bienvenue (Bonvenon al Portreto de Planedo). Des espérantistes locaux ainsi que des membres d'associations d'amitié franco-vietnamienne viennent prendre place. 9h30, la conférence commence. Thu traduit l'espéranto en vietnamien et tout se passe bien du début à la fin. Après la présentation du diaporama, le moment des échanges a été très intéressant et nous avons été très agréablement surpris par les questions qui tournaient toujours autour de la protection de l'environnement. Nous ne pouvions pas toujours apporter de réponses précises aux questions du genre : mais alors que faire ? Car les réponses se trouvent probablement en chacun de nous. Nous sommes tous des pollueurs, c'est donc à chacun d'entre nous d'étudier la question et de changer ses comportements pour diminuer la taille de notre empreinte écologique.
Les journalistes nous attendaient à la sortie et nous avons pu nous en donner à coeur joie pour faire passer le message. Espérons seulement que nous aurons été compris.
En fin de matinée, on nous invite à une petite ballade dans Hanoï pour rejoindre un restaurant chic, fréquenté parait-il, par le roi du Cambodge. Nous pédalons dans un peloton d'espérantistes à vélo qui est lui même entouré par un groupe de motos composé de journalistes et d'espérantistes. Tout cet essaim évoluant au sein d'un flot continu et infini de motos. Vu du ciel, l'image devait valoir le coup d'oeil. Arrivés au resto au bord d'un lac, Verda Rivero nous explique qu'au fond des eaux il y a toujours la carcasse d'un avion de guerre américain qui s'est écrasé ici en plein centre ville. Le repas fut très bon, bien meilleur que ce que nous pouvons trouver dans les petits restos de rue. Deux vietnamiens francophones nous invitent au bal ce soir! Comme ça sans trop réfléchir, nous acceptons et le rendez-vous est pris pour 20h00.
20h00 sonne et sans trop savoir où nous allons, nous suivons ces deux hommes. Nous nous retrouvons dans une grande salle de bal où ne dansent que des confirmés ! Nous restons assis à regarder le spectacle. Sur une musique plutôt de style disco les couples dansent la valse, le chacha, le tango, la salsa. C'est du grand, grand spectacle ! Et parfois nous ne pouvons nous empêcher d'éclater de rire en voyant des danseuses pencher et balancer la tête comme des marionnettes, ou bien lorsqu'un homme trop grand danse avec une femme trop petite et que l'air de rien, il la soulève tellement qu'elle n'a plus du tout les pieds par terre. Tous sans exception, on dirait de vraies caricatures. Le film ''Dirty dancing'' version danse de salon. Nos copains nous poussent sur la piste. Finalement on se laisse tenter par une danse traditionnelle du Laos. Heureusement, le ridicule ne tue pas. Vers 23h00, la danse de salon se termine et commence la techno. C'est alors que tout notre stress accumulé au Vietnam, se libère. Tous les trois avec Anne, nous sautons comme des fous, bougeant dans tous les sens et exécutant des pogos (pas vraiment une danse, le pogo consiste à se jeter l'un sur l'autre comme des bêtes), nous évacuons toute cette énergie qui commençait à nous peser. Une fois libérés, nous rejoignons nos deux compères qui visiblement ne sont pas fans de la musique électro et peut-être un peu choqués par nos façons de danser. Nous rejoignons notre chambre d'hôtel où nous passons enfin une bonne nuit.
Le 14 juillet, Anne fait ses valises. Elle a revendu son vélo à une espérantiste. Nous embarquons son gros carton renfermant une tête de dragon et son gros sac à dos sur nos vélos, Anne transporte Hyen sur son vélo. Sur le chemin de l'aéroport, on ne parle pas beaucoup. Hyen et Fouah nous accompagnent. Pendant ce long séjour à Hanoï des liens suffisamment forts se sont tissés et bien entendu, au moment de la séparation, les larmes coulent de tous les cotés. Nous avons beaucoup aimé la visite d'Anne même si le Vietnam ne fut pas un pays facile pour nous. Elle nous aura bien fait rire! Elle n'est pas clown pour rien! On mettra plus tard ses coordonnées sur notre blog pour vous montrer ce qu'elle propose comme spectacles. Si vous voyez le spectacle sur la conférence du dragon, vous verrez la grosse tête de dragon qu'elle a rapporté du Vietnam (on précise pour les enfants, il s'agit d'un vrai dragon)!!! Pour nous, les adieux avec les espérantistes du Vietnam ont lieux le lendemain soir. Hyen et Fouah viennent nous dire au revoir. C'est toujours triste de quitter des gens avec qui nous avons passés de bons moments.
Le 16 août, nous quittons Hanoï mais pas la pollution ni le bruit. Pour rouler, nous devons utiliser nos masques et nos lunettes tellement il y a de poussière. Le dérailleur avant du vélo d'Alice est cassé. Impossible de changer de plateau, il faudra monter sur du 40 dents. En clair, ça va être très dur dans les montées.
En plus des masques et lunettes, nous devons pédaler avec des bouchons d'oreille car tous les véhicules qui nous doublent, klaxonnent. C'est une vraie maladie chez les vietnamiens. En plus il n'y a aucune limite dans les décibels. Les bouchons d'oreilles sont absolument indispensables si on tient à garder un minimum d'audition.
Point de vue climatique, il fait très très chaud et moite. Pour savoir comment nous nous sentons, mettez vous à la place de deux grains de riz perdus dans une cocotte-minute sur le feu. Dans cet enfer, personne ne pédale à part quelques écoliers. Sur cette route vers la Chine, nous nous faisons doubler par d'innombrables camions bourrés de cochons entassés exactement comme des sacs de riz. Si vous parlez de bien-être animal à ces gens la, vous allez les faire beaucoup rire, c'est sûr!
En passant à coté d'un poste de contrôle, un camion de cochons s'arrête. Un policier masqué sort sa pompe à traiter et, avec une grande lance, commence à asperger les cochons. Nous n'avons pas le temps de comprendre ce qui se passe, nous sommes au passage, aussi arrosés. Comme ça, nous ne craignons plus rien, nous avons notre dose d'antibiotique contre la grippe du cochon ! Cette route principale étant vraiment trop bruyante et dangereuse, nous décidons de bifurquer sur une petite route secondaire circulant dans les montagnes. Physiquement, c'est beaucoup plus difficile, mais en même temps, les paysages sont magnifiques et les gens plus tranquilles. Un soir, nous dormons dans un hôtel où se prépare un grand banquet de leaders communistes locaux. Ils n'ont sûrement pas l'habitude de recevoir des étrangers alors c'est la fête avec nos passeports qui passent de mains en mains. Ils sont pliés, froissés et subissent vraiment de mauvais traitements. Ils ont beau être plus nombreux et pas d'accord, nous décidons de récupérer de force nos passeports et nous leur donnons à la place des photocopies. Pour se faire pardonner de ce mauvais accueil, un camarade coco nous invite à boire de la bière. Il est en train de préparer des petits drapeaux communistes avec des baguettes en bambou. Le banquet se prépare, la salle se décore petit à petit et les bouteilles de vins et les plats de viandes commencent à se disperser sur les tables. Pendant qu'à l'extérieur, les paysans vont manger leur bol de riz quotidien, les chefs du parti dans cette petite fête privée, vont s'en mettre jusque là.
Le lendemain, l'étape est très difficile. Le soleil est brûlant et l'ombre très rare car les forêts ont toutes été coupées. Dans une montée particulièrement difficile à 10% sur 5km, nous ne supportons plus les brûlures du soleil à tel point que nous finissons par nous cacher à l'ombre de grandes herbes du bord de la route. Recroquevillés sous cet abri rudimentaire, nous agitons notre éventail jusqu'à ce qu'un nuage nous permette de continuer sur quelques dizaines ou centaines de mètres. Puis nous nous réfugions à nouveau sous un arbuste. Malgré cette torture solaire, nous apprécions quand même ces lieux tranquilles sans circulation, sans humain ou presque et en plus même pas agressif. Quand les enfants rentrent de l'école, ils portent tous leur tabouret de classe en plastique rouge. A notre grand regret, nous n'avons pas eu l'occasion de visiter l'une de ces écoles rurales. Cela aurait sans doute été très instructif. Au vue des panneaux qui ornent parfois les écoles et les camps militaires sur la grandeur du peuple communiste et la gloire de Staline, l'éducation des enfants doit se résumer en priorité à l'apprentissage de l'obéissance et le refoulement de tout questionnement qui mettrait en doute la grandeur de la nation. Bref, ici au Vietnam on n'a pas encore sorti mémé des orties.
Dans la petite ville frontalière, nous essayons de trouver un bureau de change, mais il n'y en a pas. Alors nous cherchons un commerçant avec qui marchander nos Dongs contre des Yuans. La première commerçante veut nous refiler des faux billets à un taux incroyable. Nous allons voir ailleurs et nous marchandons avec un vendeur de fringues ''made in China''. Il nous propose un taux intéressant. On se demande où est l'arnaque ? Mais après tout, nous sommes peut-être tombés dans une maison honnête. Il nous faudra attendre d'être en Chine pour constater que ce voyou, nous a arnaqués en nous refilant des billets de 50 centimes de Yuans au lieu de 5 Yuans, car sur le billet de 50 centimes, il est juste écrit 5. Du début à la fin, on se sera fait arnaqué au Vietnam.
Le passage de la frontière avec la Chine se fait par contre les doigts dans le nez. Nous avions beaucoup de craintes, mais finalement grâce à nos super vélos nous avons esquivé sans le vouloir tous les contrôles. Au premier bureau, nous avons donné nos passeports à tamponner, puis nous avons avancé sans nous arrêter devant le bureau où nous devons remettre notre carte de sortie du territoire puis le bureau de contrôle des bagages et celui de la quarantaine. Aucun contrôle, les gars ont surtout regardé les vélos au lieu de vérifier nos sacoches. Et c'est comme ça que nous nous sommes soudain retrouvés face à des fonctionnaires chinois dans un immense et affreux bâtiment gris. Nous voici en Chine!
Publié par alice.cedric à 12:31:17 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens
Du 05 au 11 août 2009 (65 km)
Extrêmement fatigués par nos trois jours de stress intense, nous récupérons nos vélos à l'hôtel Elisabeth en leur expliquant calmement qu'ils se sont bien foutus de nous et que par conséquent nous ne resterons pas une nuit de plus dans leur établissement. La réceptionniste est au bord des larmes, pourtant nous sommes très calmes et pas du tout agressifs. Nous la consolons comme nous pouvons et lui faisons comprendre qu'elle n'y est pour rien. La pauvre fille travaille 7 jours sur 7 et se fait engueuler du matin au soir par son supérieur et par les clients. Nous reviendrons voir le directeur un autre jour. En quittant l'hôtel nous allons retrouver Lili et Reiku, les deux japonaises, qui louent une chambre dans une guest-house pas cher. Nous prenons une chambre, en précisant au patron que nous avons des vélos. Pas de problème, il nous autorise à les mettre à l'intérieur. Quelques instants plus tard, après avoir payé la chambre à l'avance, nous débarquons avec nos vélos et là, c'est le drame! Le patron a changé d'avis et ne veut plus accepter nos vélos. Ce n'est pas très grave, nous lui demandons de nous rembourser et nous allons voir ailleurs. Impossible pour ce monsieur de nous rembourser. Ce n'est pas très grave nous lui expliquons que nous dormirons ici et que nous garerons les vélos dans la rue pour la nuit. Impossible pour ce monsieur car il ne veut pas risquer que l'on se fasse voler devant chez lui. Pas très grave pour nous, nous lui expliquons qu'il y a assez de place dans son établissement pour mettre nos vélos sans gêner qui que ce soit. Impossible selon ce monsieur qui nous ressort encore un argument bidon. Ce n'est pas très grave et nous lui expliquons que si c'est trop compliqué, vraiment, il n'a qu'à nous rembourser. La négociation dure comme ça longtemps sans que jamais nous ne puissions entrevoir le moindre espoir. Tout compte fait, il fini par nous accepter mais seulement pour une nuit et à condition que l'on parte à la première heure demain matin. Malgré le calme apparent, à l'intérieur, nos nerfs sont à fleur de peau et notre sang est en ébullition. Partout on essaye de nous arnaquer, c'est franchement très fatigant. Si nous étions venus en simples touristes directement de France, nous aurions probablement payé partout sans nous poser trop de questions mais lorsque l'on connaît le prix pour les locaux et celui pour les blancs, il y a franchement de quoi se révolter !
Nous passons plusieurs jours à chercher un logement convenable à un prix raisonnable. En désespoir de cause nous allons voir un hôtel trois étoiles, préférant payer cher au moins en sachant pourquoi. Surprise complètement inattendue, nous arrivons à négocier le tarif et pour 20 dollars (soit le tarif d'une chambre pour trois, vétuste et moisie), nous avons une belle chambre confortable, propre, calme, avec une belle salle de bain et une télé écran plat dont on se passerait volontiers.
Quelques jours avant la conférence, Thu vient nous rendre visite pour voir et corriger le diaporama. C'est une personne d'une gentillesse incroyable et grâce à lui nous pouvons rencontrer l'association VAVA < http://www.vava.org.vn >, Vietnam Association for Victims of Agent orange & dioxin qui tente de soigner les victimes de l'agent orange de Monsanto. Nous rencontrons en particulier le professeur TRAN XUAN THU qui étudie les effets de l'agent orange et de la dioxine sur le corps humain. Son exposé est accablant. Comment une société telle que Monsanto peut exister encore aujourd'hui et se vanter de vouloir le bien de l'humanité en balançant dans la nature ses OGM monstrueux et son Roundup (désherbant très utilisé à travers le monde et aussi en France.
Aparté d'Alice :
Alice : ''Vous vous souvenez de la publicité avec le petit chien Rex qui veut retrouver son os dans la terre du jardin. Malheureusement pour lui une ''mauvaise'' herbe, l'empêche de creuser! Hop un petit coup de Roundup, la plante meurt et le chien peut retrouver son os arrosé de Roundup. Après l'avoir mangé, il aura un bon cancer! Car cette publicité de Monsanto mentait honteusement en disant que ce produit polluant, était BIODEGRADABLE, donc qu'il n'avait aucune incidence sur l'environnement! N'est-ce pas wonderful, ça? Heureusement la justice a condamné (un tout-petit peu) Monsanto pour cette publicité mensongère.
Hélas, la France est sur le podium des plus gros utilisateurs de pesticides dans le monde. Et cette mauvaise habitude est bien ancrée chez les agriculteurs, les municipalités mais aussi et surtout chez les jardiniers amateurs qui s'acharnent à vouloir un jardin PUPQD (Pas Un Poil Qui Dépasse!).
Bon je voulais juste envoyer un message de soutien à mon père qui loue un jardin ouvrier et qui va sûrement arrêter, non pas parce que c'est dur physiquement de cultiver mais que c'est dur psychologiquement. Et oui, car régulièrement il reçoit des lettres d'avis d'expulsion, de l'association des petits jardiniers, parce que son jardin n'est pas ''PUPQD'' et qu'il doit se dépêcher de désherber s'il ne veut pas être viré! En gros dans son jardin, il ne doit pas y avoir un brin d'herbe!!! Incroyable non? Les chemins doivent être désherbés! Ce qui n'est pas agréable car la terre se colle en gros paquet sous les bottes! Alors beaucoup de jardiniers bétonnent, mettent des cailloux, du sable et/ou du ROUNDUP mais surtout pas d'herbe!!! C'est sale dans un jardin!
Mais ce n'est pas tout, entre les légumes aussi, tout doit être ''PUPQD''! Donc la majorité des petits jardiniers chimistes amateurs arrosent de désherbants entre leurs pieds de légumes et aspergent régulièrement le tout d'engrais chimiques. Vous l'aurez compris, mon père veut un jardin biologique, naturel et sans produits chimiques qui donneront le cancer après avoir mangé des légumes empoisonnés.
Si c'est pour produire de la saloperie, autant l'acheter dans les supermarchés, ça fera gagner du temps, ça coûtera moins chers et ce sera peut-être plus sain car une étude a montré que les jardiniers amateurs avaient des légumes contenant plus de produits chimiques que les légumes industriels car ils dosent mal les produits. Je ne veux pas lancer une guerre entre les jardiniers, seulement qu'ils tolèrent mon père jardiner comme il le veut sur son terrain et pourquoi pas échanger des idées de jardinage plus respectueuses de l'environnement et de la santé. Le chiendent n'a jamais tué personne alors, vive l'herbe verte dans les allées!
Bon revenons en au récit sur l'agent orange''.
Comment des agriculteurs, des hommes politiques, des scientifiques peuvent-ils croire Monsanto, cette firme multinationale à l'origine d'un poison aussi terrible que l'agent orange ?
Ce produit (l'Agent Orange) n'a pas été conçu comme un simple pesticide, il contient aussi une grande proportion de dioxine dont le but est ni plus ni moins d'empoisonner les hommes pour des générations et des générations, en altérant leur patrimoine génétique. Résultat, aujourd'hui encore et pour plusieurs générations à venir, des enfants naissent avec des malformations monstrueuses. Le professeur nous explique que l'altération du patrimoine génétique par la dioxine est terrible et en de nombreux points similaires aux effets de l'irradiation suite à l'accident nucléaire de Tchernobyl. Il nous explique aussi que le cocktail entre dioxine et irradiation, même à des doses extrêmement faibles, aurait des conséquences encore plus dramatiques. Cela nous fait frémir et nous ne pouvons nous empêcher de penser à la France. Car dans ce bel hexagone, le cocktail de ces poisons mortels est déjà réuni. Nous avons nos vieilles centrales nucléaires entretenues par des intérimaires surexploités, sur-irradiés et sous antidépresseurs, nos déchets radioactifs qui se promènent un peu partout de la Côte d'Azur à la manche en passant par la Creuse et la Lorraine, nos pesticides chimiques qui ont déjà atteint les nappes phréatiques et puis nos incinérateurs dernières générations qui crachent encore leur nuage de vapeur d'eau et de dioxine!
Par respect pour les victimes de l'agent orange ou de Tchernobyl, tout le monde devrait descendre dans la rue pour réclamer l'arrêt du nucléaire, l'arrêt des incinérateurs, des pesticides, des OGM! Et le comportement de chacun devrait changer tout de suite en devenant responsable. Tous les citoyens riches ou pauvres devraient enfin se sentir concernés par l'avenir de leur propre existence ! Au lieu de cela, nous avons souvent l'impression que la majorité de la population reste anesthésiée par les politiciens et les médias et que les quelques lanceurs d'alerte comme le professeur Tran Xuan Thu ou de simples citoyens ne sont pas soutenus, voire même, pas écoutés et pris au sérieux. Devant un tel constat, nous avons souvent l'impression que l'humanité est à coté de la plaque. Ce ne sont pas les quelques faucheurs d'OGM en sandales et en short qui devraient être jugés mais plutôt les entreprises comme Monsanto et les politiciens complices, qui sont responsables de la mort de millions d'innocents à travers le monde.
Nous n'avons pas eu le temps ou peut-être pas voulu prendre le temps d'aller jusqu'au village des victimes de l'agent orange. Est-ce que nous aurions supporté de rencontrer ces enfants difformes au point que nous nous posions la question : est-ce un enfant ou un monstre ? Contrairement au film d'horreur, nous n'oublions pas ce que nous avons vu. Nous n'oublierons pas les photos que le professeur nous a montrées et qui continuent de nous hanter. Le pire est de savoir que le grand coupable de toute cette horreur est toujours libre et s'appelle MONSANTO. Peut-être que vous avez du Roundup de Monsanto dans votre garage? Ou bien peut-être que vous mangez des biscuits ou de la viande d'animaux nourris avec du maïs ou du soja transgénique de Monsanto? Peut-être que votre tee-shirt est en coton transgénique de Monsanto?
Que faire? Virer au naturel, au bio, faire un jardin sans pesticides, ne plus manger de viande ou alors beaucoup moins et de la bonne, vous avez sûrement plein d'autres idées à partager alors allez y ! Causez-en !
Bon, désolé pour ce passage pas très joyeux, mais on ne pouvait pas ne pas vous en parler et il nous est impossible de plaisanter sur ce sujet extrêmement grave. Donc, revenons en à Hanoï en l'an 2009, le 12 août exactement , jour de notre conférence en Esperanto...
Publié par alice.cedric à 11:50:16 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens
Du 2 au 4 aout 2009.
Pour ne pas rester dans la pollution et le stress de la capitale et découvrir le pays pendant qu'Anne est avec nous, nous décidons de partir visiter la baie d'Halong, cette sois-disant merveille du monde. Pour aller dans cette baie, nous n'avons aucun contact de personnes pouvant nous aider à avoir des tarifs avantageux, ou nous permettant d'échapper à l'industrie touristique. Nous faisons donc confiance à l'agence de voyage de l'hôtel même si le gars qui nous vend le séjour à une vraie tête d'arnaqueur. De toute manière, dans ce pays, dès que nous devons sortir le porte monnaie, c'est pour nous faire arnaquer alors...
Nous négocions 10 dollars de réduction par personnes pour une visite de 3 jours et deux nuits dont une sur un bateau. Pour 45 dollars par personne nous nous engageons à suivre le programme touristique proposé, même si nous nous doutons que cela n'aura rien de très excitant d'être dans un groupe compact agglutiné derrière un guide probablement grotesque qui ne pourra s'empêcher de faire le beau et le monsieur ''je sais tout''. Au moins nous nous disons que pour une fois, nous pourrons nous reposer car nous n'aurons pas à chercher un endroit pour dormir ou pour manger. Nous allons faire les moutons dociles et suivre le groupe bêtement en prenant des photos quand le guide nous dira de prendre des photos.
Départ pour la baie d'Halong le dimanche 02 août 2009. Le bus est plein de touristes en short, comme nous. C'est parti pour être une expérience inoubliable !
Première pause pendant le trajet en bus. Nous nous arrêtons dans une station pleine de touristes blancs, uniquement des occidentaux dont plus de 99% ont traversé la planète en avion pour venir faire du bus et du bateau au Vietnam et acheter des souvenirs du pays fabriqués dans des industries locales ou chinoises. Il faut préciser, quand même, que la plupart de ces objets, nous les voyons vendus uniquement dans ces boutiques à touristes et nous ne les voyons jamais utilisés traditionnellement dans le pays.
Arrivés à Halong vers midi, nous commençons à attendre le guide qui nous emmènera sur le bateau. Nous allons probablement abréger le récit de cette visite touristique car racontée dans les détails, ce serait lassant pour le lecteur et puis cela nous ferait remonter une boule de stress que nous essayons encore d'évacuer. Autant le dire tout net, ce qui devait être pour nous 3 jours de repos, ont été 3 jours de cauchemar!
Nous avons été déshumanisés par l'industrie touristique qui nous a considérés comme du bétail à transporter en échange de l'essorage forcé de nos porte-monnaies. Rien du programme, que nous avons payé, ne s'est déroulé comme prévu. Le premier jour, nous avons été trimbalés de bateau en bateau au lieu de nous reposer et faire les visites prévues. La première nuit, au lieu de la passer sur le bateau, nous avons été déposés dans un autre hôtel que celui décrit par le programme. Le deuxième jour, nous avons fait du bus et attendu toute la matinée au lieu de visiter le parc naturel national de l'île de Cat Ba. Vers 11h00, enfin, un bus nous dépose à l'entrée du parc. Nous avons moins d'une heure pour la visite. Vite, vite !! Comme des centaines de touristes nous marchons dans la boue sur un sentier pas du tout entretenu jusqu'au sommet d'un rocher, surmonter d'une tour métallique rouillée prête à tomber sous le poids d'une demie douzaine de touristes. Aucun entretien ne semble être effectué et les bords du sentiers sont de vraies décharges de bouteilles en plastique, d'emballages divers et de piles (mais où vont les milliards de dollars que rapporte cette industrie touristique). Les gens glissent, tombent, et reviennent maculés de boue. Pas le temps de rester dans le parc, vite vite il faut aller manger puis retourner au port prendre le bateau pour visiter l'île aux singes. En début d'après midi, nous sommes tous prêts à embarquer. Le bateau, lui, arrive au crépuscule. Nous avons passé la journée à l'attendre, harcelés par de pauvres femmes qui ne savent parler anglais que pour vendre des bouteilles d'eau, des boites de chips et des cigarettes.
Le soleil se couche et le bateau arrive. Le guide ment comme il respire en disant que le bateau est tombé en panne. Les touristes qui débarquent nous donnent une toute autre version. Tout le monde est à bout de nerf. De nombreux touristes du groupe craquent et nous ne sommes pas les derniers. L'ambiance est plus que chaude. A chaque instant, nous craignons que la situation n'en vienne au poing. Heureusement le jeune punk anglais avec ses tatouages et ses piercings n'est pas aussi méchant qu'il en a l'air. Notre cabine sur le bateau est très belle, toute en bois, avec une belle petite fenêtre. En sortant, tout nu de la salle de bain, une femme fait son apparition par la fenêtre. Elle a abordé notre bateau avec son petit radeau puis, escaladé la coque pour venir nous harceler et nous vendre des bouteilles de vin bon marché. Nous la renvoyons dans son radeau gentiment mais elle continue son harcèlement pour tenter de nous revendre des bouteilles d'eau, des chips, des cigarettes ou de la bière chaude. Au moment de dormir, nous demandons s'il est possible d'éteindre la musique du bar et le moteur du bateau. C'est que notre chambre se situe exactement au dessus du moteur et que celui-ci va rester en marche toute la nuit pour alimenter en électricité tout notre bateau plus un autre qui s'est branché dessus. En plus de vibrer au rythme du moteur à explosion, nous respirons les gaz d'échappements. Cette fois-ci s'en est trop, malgré l'opposition et les tentatives du guide pour nous en empêcher, nous déménageons la chambre et nous l'installons sur le toit du bateau, plus tranquille. Au petit matin, tout le groupe de touristes ronfle sur le toit à l'exception d'Anne qui est restée sagement toute la nuit dans sa cabine sans pouvoir fermer l'oeil tellement il y faisait chaud et qu'il y avait de bruit.
Troisième et dernier jour, Pas le temps de prendre un petit déjeuner. A 6h30 du matin, on nous débarque pour faire une heure de canoé kayak. L'équipage nous envoi ramer avec le risque de provoquer chez certains des malaises et des crises d'hypoglycémie. Anne préfère rester sur la bateau, mais nous deux, nous partons ramer le plus loin possible dans des coins tranquilles, près de la nature. Un peu d'exercice physique matinal nous fait énormément de bien et libère un peu de tension.
Ces trois jours de ''repos'' nous ont énormément fatigués, physiquement et surtout moralement. Autant le dire tout net, c'est la grosse déprime. Heureusement que les autres touristes qui ont souffert comme nous, sont très sympas. Nous faisons plus ample connaissance avec Lili et Reiku, deux japonaises à qui nous ne manquerons pas de rendre visite lors de notre passage au Japon. Il y a aussi l'américain, professeurs de socio qui tente d'étancher sa soif intense avec de la bière quand l'équipage coupe la ventilation pour nous faire consommer plus. Puis il y a aussi Richard le hollandais tranquille et le jeune couple d'anglais avec leurs jambes couvertes de brûlures de méduses.
Si nous devons faire un rapide bilan de notre visite de la baie d'Halong, nous pouvons considérer qu'effectivement d'un point de vue paysage et naturel, c'est vraiment remarquable. Le seul et unique grand problème qui gâche toute la beauté des lieux, c'est l'industrie touristique ! Avec ces milliers de touristes sur des bateaux souvent en mauvais état, la baie est très polluée et appauvrie. En plus de l'huile de moteur, il y a les vidanges de WC dans l'eau et les plastiques qui flottent. Les embouteillages de bateaux et les klaxons. L'éclairage des grottes qui assèche l'air et les parois, modifiant ainsi complètement la dynamique naturelle des lieux comme la fabrication des stalactites. Sur l'île de Cat Ba, la production industrielle de déchets par les touristes est gérée simplement par l'incinération d'une montagne de plastique en plein coeur de l'île et de la forêt tropicale. Sur cette même île, l'eau douce est pompée par les hôtels pour les douches des touristes. L'eau du robinet est de plus en plus salée, l'eau douce sur l'île est de plus en plus rare. Un guide sincère avec qui nous avons longuement discuté pendant l'une de nos longues attentes, nous a exprimé son dégoût profond pour son travail. Il est payé une misère et passe son temps à gérer les conflits avec les touristes furieux qui en toute légitimité expriment leur rage de s'être fait arnaquer.
Encore une fois, l'industrie touristique rapporte des millions de dollars. Mais où va tout cet argent ? En tout cas, pas dans la rémunération des guides et des ouvriers de cette industrie. Pas non plus dans la protection de ce patrimoine naturel unique. Pas dans l'entretien de l'infrastructure existante ni dans des projets visant, par exemple, à réduire le gaspillage d'eau douce, ou la pollution de la baie, ou le recyclage des déchets.
Nous ne pouvons que vous inviter à ne pas aller là-bas et surtout à ne pas donner un centime à cette industrie touristique destructrice qui a déjà changé ce lieu paradisiaque en enfer sans aucun intérêt.
Pour que vive la baie d'Halong, la seule solution est de développer un tourisme intelligent respectueux de l'environnement et rémunérant directement les habitants locaux qui se chargeraient de l'accueil de touristes responsables respectueux et actifs.
Publié par alice.cedric à 09:57:03 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens
du 30 juillet au 1er aout (38 km)
La première chose que nous faisons arrivés à Hanoï, c'est de prévenir nos amis espérantistes que nous y sommes enfin. Notre première rencontre avec eux se passe chez Thu. C'est Verda Rivero qui vient nous chercher un matin à notre hôtel. Lui est à moto et nous à vélo. Nous essayons de ne pas le perdre au milieu des tonnes de poussières et pollution générées par le trafic des milliers de motocyclistes de la capitale. La pollution et le bruit sont vraiment très très impressionnants !!! Bip bip,pouet pouet et compagnie!
Nous sommes une petite dizaine pour cette première rencontre très conviviale. Les gens avec qui nous sommes, n'ont absolument rien à voir avec le reste des personnes que nous avons croisées. L'ambiance est au beau fixe et surtout, nos amis nous annoncent une grande nouvelle qui nous honore. La première chose qu'ils nous disent en arrivant a été : ''Finfine vi atingas nian landon. Ni atendis vin de antaûe du jarojn !'' En français, cela signifie : ''Finalement vous êtes arrivés dans notre pays. Nous vous attendions depuis deux ans!'' Comment ça ils nous attendent depuis 2ans ? Comment ont-ils su, alors que nous n'étions pas encore partis de France et que nous parlions à peine quelques mots d'esperanto ?
En fait, on ne sait trop comment, ils ont eu l'information de notre voyage lorsque nous le préparions en 2007 et que nous avions envoyé des messages aux espérantistes de l'Europe jusqu'à l'Inde. A partir de ce message de prospection visant à avoir des informations nous permettant de préparer le voyage, les espérantistes vietnamiens sachant que nous envisagions un passage par chez eux ont commencé à nous attendre.
Notre venue ici était donc très attendue, d'autant plus que nous sommes considérés comme les successeurs de Lucien Peraire, un autre français espérantiste qui avait voyagé en vélo dans les années 30. Célèbre voyageur espérantiste, il avait notamment bricolé son vélo pour lui permettre d'utiliser les rails du transsibérien. Ses coups de pédales l'avait conduit au Vietnam à la rencontre du mouvement espérantiste. Pour ces hommes et femmes que nous rencontrons aujourd'hui, nous sommes considérés comme les successeurs de Lucien Péraire et nous symbolisons à nouveau l'espoir de paix entre les peuples. Cette déclaration nous touche énormément et nous émeut, d'autant plus que nos premiers échanges avec les habitants de ce pays ont été plutôt violents. Rencontrer de vrais pacifistes, nous fait très chaud au coeur. Décidemment, ceux qui parlent esperanto sont toujours des gens bien. Savoir que le nombre d'espérantistes au Vietnam est important nous rassure et nous fait très plaisir.
Quelques jours après cette première rencontre, nous nous sommes retrouvé par un après midi pluvieux dans un parc de Hanoï, sous l'arbre de Zamenhof (le créateur de la langue universelle, l'Esperanto), planté à l'occasion du deuxième congrès asiatique d'Esperanto il y a dix ans. Un jeune arbre déjà très beau et suffisamment grand pour nous offrir un bel abri contre la pluie. A cette occasion, nous sympathisons avec des jeunes filles, Yen, Phuong et Trong qui parlent très bien esperanto. Elles nous font découvrir les coins et recoins de la ville et leur culture. Elles nous aident aussi à éviter les arnaques. Lorsque nous avons besoin d'acheter quelques choses, nous demandons le prix aux commerçants, nous essayons en vain de négocier, puis discrètement nous leur demandons d'acheter pour nous. A chaque fois c'est pareil, elles nous font économiser de l'argent grâce à leur nationalité. Nous et nos têtes de blancs becs, ce sera toujours plein tarif !
Yen nous fait visiter sa maison. C'est son père qui a dessiné les plans. En plein coeur d'Hanoï, c'est une maison traditionnelle en bois et en brique alors que toutes les constructions nouvelles sont affreuses et uniquement en béton gris. Le père de Yen, quand même quelqu'un d'écolo, refusait d'avoir la climatisation dans sa maison. Aussi fou que cela puisse paraître, malgré la chaleur tropicale, l'air de la maison est tout à fait supportable grâce à une conception des espaces intérieurs jouant avec les courants d'air. Le principe : rafraîchir au maximum pendant la nuit et limiter au maximum le réchauffement pendant la journée. En plus d'être écologique, agréable et économe la maison est magnifique ! Sans aucun doute la plus belle que nous ayons vue dans tout le Sud Est asiatique. Un phénomène incroyable par exemple, ce sont les racines aériennes d'une plante sur le toit, qui passent à travers la toiture sans l'endommager ni la rendre perméable. Les radicelles de plusieurs mètres tombent dans la chambre jusqu'au plancher. C'est un phénomène vraiment unique dans une maison ! Autre astuce toute simple et évidente pour rafraîchir la maison, des arbres et des plantes lui font de l'ombre. Cela peut paraître simple comme idée, n'empêche que dans ce pays tropical, personne n'y pense et tout le monde s'acharne à gaspiller les ressources de la planète en bâtissant des maisons en béton très mal conçues, étroites, sur plusieurs étages qu'il faudra refroidir a l'aide de climatiseurs énergivores et polluants, coûtants cher au propriétaire et à la planète.
De retour dans notre hôtel le soir, nous faisons la rencontre d'un groupe de voyageurs à vélo, composé d'un américain, un néo-zélandais et un couple de canadiens. Tous sont très sympas et autour d'un repas nous échangeons nos expériences de voyageurs. Ils sont très surpris des mauvaises rencontres que nous avons faites dans les montagnes à l'ouest d'Hanoï car pour eux qui ont longé la côte depuis le Sud du pays, ils ont surtout rencontré des gens accueillants et pacifiques. Comme quoi...
Nous sommes le 31 juillet 2009 et nos amis espérantistes nous proposent de faire une conférence sur le thème de notre voyage en insistant bien sur l'aspect environnement. A notre grande surprise, ils insistent pour que l'on parle de protection de la nature. Cela nous fait très plaisir et ça tombe plutôt bien car c'est quand même le thème de notre voyage. La conférence est prévue pour le 12 août. Impossible pour nous de rester 12 jours à Hanoï et comme tout le monde nous dit que visiter le Vietnam sans voir la baie d'Halong est comme visiter Paris sans voir la tour Eiffel, nous préparons donc une escapade à la découverte de cette merveille du monde.
... à suivre donc, le troisième épisode mémorable sur la baie d'Halong !
Publié par alice.cedric à 10:33:01 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens
Bonjour bonjour et désolé pour cet émorme retard accumulé dans la mise à jour du récit de notre voyage.
Voici le premier épisode de nos aventures au Vietnam. Comme vous allez le découvrir, cela n'a pas été facile tous les jours. Heureusement que les espérantistes que nous avons rencontré ont été géniaux. Ils nous ont permis d'apprecier ce pays !
Du 27 juillet au 1er août 2009 (143 km)
Au tout début, ça partait bien. Les douaniers ne nous ont pas trop ennuyés. L'un d'eux a voulu entamer une fouille de nos sacoches mais devant la quantité de travail que cela représente, il a bien vite laissé tomber l'idée.
Le premier village semble plus peuplé qu'au Laos. En tout cas, c'est plus sale, plus bruyant et les gens sont beaucoup plus curieux et proches que dans les pays précédents. Dès que nous avons le dos tourné, il y en a toujours un qui monte sur nos vélos. On comprend vite qu'il va falloir les avoir à l'oeil beaucoup plus qu'avant. Notre premier repas se résume à une assiette d'épinards bouillis pas bons avec du riz collant. Le restaurant est très sale mais le gérant semble être la personne la plus sympathique du village. Il parle quelques mots d'anglais. Nous lui demandons où on peut changer les quelques kip qui nous restent en dong. Il veut bien le faire pour nous mais on doit négocier très durement le taux de change. Nous réalisons plus tard que ce restaurateur s'est bien moqué de nous, vu le prix que l'on a payé sa nourriture minable et mauvaise et le taux de change désavantageux. Dans les petits magasins, nous voulons acheter des biscuits, mais les commerçants, soit ils nous ignorent et refusent de nous parler, soit ils nous agressent et nous demandent des prix complètement exorbitants !
Cédric : ''En sortant du village frontalier, un jeune homme me crie dessus alors je lui adresse de grands sourires et lui dit sinchao (bonjour en vietnamien). En guise de réponse, il court après moi et tape mon vélo en essayant de viser ma tête. Heureusement que nous ne sommes pas en pleine côte et que je peux le semer facilement. Alice et Anne arrivent derrière et passent sans problème, le jeune fou est essoufflé.''
C'est vraiment dommage comme premier contact avec la population car d'un point de vu paysage, nous sommes servis ! La route est minuscule et se déroule comme un ruban enlaçant les montagnes recouvertes de bouquets de bambous. Ici, le bambou sert à tout. C'est d'ailleurs, la principale activité des habitants des montagnes. Ils abattent de grandes tiges, puis les coupent en tronçons plus petits, puis découpent ces tronçons pour en faire des lattes de bois. Nous sommes impressionnés par l'utilisation de cette plante. Avec le bambou, on fait des charpentes, des toitures, des cloisons intérieures, des murs extérieurs, des planchers, des échafaudages, toute sorte de mobilier, des tuyaux pour acheminer l'eau, des gouttières, des baguettes pour manger, des cuillères, des verres et autres récipients de cuisine, des charrettes, des pipes, des cannes, des moulins à eau, des éventails, du tissu,... et de la nourriture! Bref c'est une plante d'une utilité incroyable et qui à l'avantage de pousser rapidement.
Petit à petit la forêt laisse place à de magnifiques cultures de riz en terrasse. Mais la beauté du paysage ne nous fait pas oublier que le temps avance et nous devons trouver un endroit où dormir avant la nuit. Lorsque l'on demande aux gens où peut-on passer la nuit, ils nous répondent tous qu'il faut continuer notre chemin jusqu'à la prochaine ville. Jamais d'invitation spontanée. Soudain, l'un des très rares véhicules passant par ici, s'arrête au sommet d'un col. Il nous propose gentiment de nous emmener jusqu'à la prochaine ville. Puis en discutant un peu, il nous annonce le prix de sa gentillesse. Complètement sans rapport avec le niveau de vie du pays et nos moyens financiers, nous lui faisons comprendre qu'il peut repartir d'où il vient, nous préférons rouler toute la nuit et dormir dans la jungle plutôt que de satisfaire son besoin de voler des étrangers.
Et c'est ce que nous faisons. La nuit tombe et nous continuons de pédaler à la lueur de nos lampes frontales. Nous sommes vraiment épuisés et malgré la nuit, il fait toujours très chaud. Nous nous arrêtons faire le plein d'eau dans un petit torrent, puis nous continuons vers la prochaine ville où peut-être il y aura un endroit où dormir.
Exténués et à bout de nerf, nous arrivons à quelque chose qui ressemble à une ville. Nous nous arrêtons à la première maison allumée pour demander si l'on peut dormir. Au fond de la pièce mal éclairée, un alignement de vieux ordinateurs. Non ! Nous ne rêvons pas! Les gens nous proposent bien de surfer sur le net : c'est un cybercafé ! Une autre fois peut-être, car pour le moment, nous voudrions seulement manger et dormir. A 21h du soir passé, nous nous retrouvons à suivre un mec bourré en moto jusque dans un hôtel de passe. La négociation du prix de la chambre est délicate. Avec la femme, il est possible de discuter mais le gérant qui est complètement saoul et drogué refuse de baisser son prix. Finalement, il se rend compte qu'Anne est toute seule et apparemment célibataire. Il commence à s'intéresser à elle et lui donne une tape sur les fesses en lui proposant un travail dans son hôtel pourri. Pour laisser à notre amie le temps de réfléchir à son offre, il accepte la négociation du prix de la chambre. Espérons seulement qu'il n'ira pas plus loin. Nous nous retrouvons dans une chambre confortable, presque propre avec tout de même encore des emballages de préservatifs sur la chasse d'eau des toilettes et puis en bordant la moustiquaire sous le matelas, on trouve de vieilles capotes séchées... hmmmm!
Le deuxième jour au Vietnam n'est pas mieux que le premier. Il est même pire et en plus il pleut ! Pour manger, c'est vraiment la galère. On se retrouve à avaler une soupe de nouilles dans un bouiboui dégoutant, où le cuisinier d'une trentaine d'année, en paraît le double avec ses dents déjà toutes pourries. Pour nous remonter le moral, nous essayons de boire un café, mais il est très cher, vraiment pas bon et très très fort (une grande cuillère à soupe pour un verre à goutte). Les commerçants sont toujours aussi grincheux et parfois refusent de nous vendre des biscuits pourtant pas bons. Pour couronner le tout, le relief est toujours très montagneux et les montées sont très difficiles.
Cédric : '' En pleine montée, je finis par semer les filles qui ont décidé à juste titre de pousser les vélos. Avec un rythme lent mais régulier, je grimpe plutôt pas mal et fini par doubler trois mecs en train de pousser leur moto en panne. L'un d'eux se met à me crier dessus à mon passage et alors que je peine déjà à extraire mon poids et celui de mon vélo à la force de gravité, le gars saute se percher sur mes sacoches arrières. Je le dégage d'un coup de bras ! Vexé, il se met à rouer mon vélo et mes sacoches de coups de pied. Ce type est visiblement complètement drogué. L'un de ses copains légèrement moins atteint, arrive à déceler la colère qui monte en moi. Il essaye de s'excuser pour son copain et le tire en arrière. Je n'ai pas du tout envie de taper sur ce pauvre type, mais s'il continue à me tourner autour, je vais bien finir par lui balancer une mandale qui l'enverra cuver dans le fossé. Impossible de redémarrer en pleine côte, je pousse le vélo suffisamment vite pour garder le gars à distance et j'essaye de répondre calmement à ses cris car si j'arrête la ''communication'' avec lui, il va revenir, j'en suis sur aux poings et aux pieds. Arrivé devant la première maison, je m'arrête et laisse faire les choses. Si les gens sont un minimum humain, ils ne laisseront pas un étranger se faire embêter par l'alcoolique du village. Dans la maison, il y a trois hommes en train de boire un alcool artisanal, donc pas d'aide possible de leur part. Par contre des enfants viennent donner au trio de motards drogués, une bouteille remplie d'un liquide jaune. Ce n'est pas encore de l'alcool mais de l'essence pour leur moto. Au moment où le plus nerveux de la bande m'insulte en se rapprochant très près de moi, je sors les mains de mes poches, prêt à esquiver le premier coup, mais une jeune fille de caractère vient me sauver lui donnant un grand coup de poings dans le dos et en le tirant en arrière. Le gars furieux veut se venger mais la moto a redémarré alors ses copains le remettent en selle et ils s'en vont tous les trois. Une demi-heure plus tard, les filles me rejoignent, je leur raconte l'histoire. Elles n'en reviennent pas non plus.''
Le soir, nous arrivons dans une petite ville. Les commerçants nous demandent toujours des prix incroyables du genre, le petit paquet de biscuits chimiques à 2 euros alors qu'en France, un truc si mauvais ne vaudrait pas plus de 30 centimes. Puis quand nous commençons à vouloir négocier, les commerçants arrêtent de nous parler et nous font signe de partir. Le premier hôtel nous propose une chambre sale pour un prix exorbitant. Le second hôtel nous propose une chambre à faire déprimer les plus optimistes, et comme nous avons des têtes d'américain, le gérant n'accepte que les dollars. Désespérés, nous allons voir un peu plus loin et ô miracle, à la sortie de la ville, un troisième hôtel, plus propre, sans escaliers à monter, nous propose une chambre toujours très cher mais nous pouvons négocier le prix et EN PLUS, les gens gardent le sourire !
Troisième jour au Vietnam, il pleut de plus en plus, nous sommes très fatigués et il est hors de question de passer le mois de vacances d'Anne dans ces contrées hostiles. Nous décidons de prendre un bus direct pour Hanoï (si bus il y a). Le gars de l'hôtel nous dit d'attendre au carrefour des trois routes, il y a l'unique bus de la journée qui ne devrait pas tarder. Nous nous dépêchons de plier nos affaires et à peine sur le bord de la route, le bus arrive. Le chauffeur nous demande un prix complètement fou et ne veut pas prendre les vélos. Il refuse de mettre les vélos sur le toit, et il refuse de les mettre dans l'allée centrale. Le souci, c'est qu'ils ne logent pas dans les soutes, vraiment trop petites. Les négociations sont violentes ! Le chauffeur ne veut rien savoir, il nous agresse littéralement et ne veut pas baisser son prix. Il remonte dans son bus, ferme la porte, commence à partir et stop net ! Un vieux monsieur sur le bitume sale et glissant, tombe en arrière. Pauvre vieux, il a dû se faire super mal et aurait pu se briser les os. Mais au lieu de le secourir les gens qui nous regardent depuis le début se tordent de rire en se moquant du vieil homme. Le chauffeur du bus redescend et accepte de baisser un tout petit peu son prix avant de le multiplier par 2. Au lieu de payer 5 fois plus cher qu'un vietnamien, nous ne paierons que 4 fois plus. Les vélos sont tordus et bourrés à coup de pied dans les soutes. Nous avons beau essayer de calmer le chauffeur, rien y fait. Heureusement que nous avons de bons protèges dérailleurs.
''Alice : Voyant le gars du bus forçant sur mon vélo pour le mettre dans les soutes, j'ai préféré monter dans le bus au lieu de m'agacer contre lui. J'ai donc laissé Anne et Cédric gérer cette affaire. A vue d'oeil, c'était évident que mon vélo ne rentrait pas dans les soutes! Résultat, après avoir été trainé dans la boue et le cambouis, mon vélo est installé dans l'allée centrale du bus. Il ne gêne pas du tout et on aurait pu mettre encore un vélo. Le chauffeur prend notre argent sans un merci, ni aucune forme de politesse et nous partons enfin pour Hanoï.
J'ai préféré ne rien dire ni faire, au détriment de mon vélo afin d'être sûrs de prendre le car.''
En route, nous rencontrons un jeune homme qui fait ses études dans le tourisme. C'est la première personne sympathique que nous rencontrons au Vietnam. Nous lui expliquons ce qui vient de nous arriver. Il est désolé pour nous mais il nous explique qu'au Vietnam, les commerçants ont pris l'habitude de faire payer très cher les touristes et que nous soyons riches ou non, notre physique fait de nous de gros porte-monnaie en cuir blanc, bourrés de dollars.
Le voyage en bus nous semble très long. Il pleut toujours et les passagers les plus sensibles ont gardé la tête dans un sac plastique tout le long du trajet. Notre voisine de siège, une vieille dame, n'avait déjà plus rien à vomir au bout d'une heure. Le chauffeur a bien failli tous nous tuer plus d'une fois, en doublant sous la pluie quand des camions venaient en face. Arrivés à Hanoï sous des trombes d'eau, nous sortons les restes de vélos des soutes. Garde-boues arrachés, siège abîmé, guidon tordu, poignées retournées et cerise sur le gâteau, comme les soutes de fermaient pas, tout est plein de boue.
Au niveau du temps, il fait très humide et très chaud, beaucoup plus chaud que dans les montagnes. Nous nous sentons, ou plus exactement, nous sommes moites et très très sales. Nous avons vraiment besoin d'un réconfort et surtout de trouver un endroit correct pour rester à Hanoï. En plus Anne n'est pas venue pour passer un mois de galère mais bien un mois de vacances. Après avoir fait un petit tour des guest-houses et hôtels du quartier touristique, nous finissons par comprendre que cette fois-ci il n'y aura pas d'échappatoire, il va falloir que l'on crache notre pognon et si possible en dollars car aussi étrange que cela puisse paraître, au Vietnam, il est beaucoup plus facile de payer en monnaie américaine qu'en devise locale. Finalement, pour le même prix qu'une chambre miteuse sans fenêtre et avec cafards, nous allons dans un hôtel à premier abord luxueux, avec des lits confortables, télévision, salle de bain, balcon pour sécher les habits, petit déjeuner et même un climatiseur que l'on fini par utiliser car il permet de sécher la moiteur tropicale. Le tout pour 20 dollars par nuit. En voulant négocier le prix, nous nous heurtons à de vrais murs. On ne bouge pas d'un centime, tant pis, c'est l'arnaque. La seule chose qui finalement nous rassure, c'est que nous allons enfin rencontrer les espérantistes du Vietnam.
... à suivre, le deuxième épisode sur le Vietnam et notre rencontre avec les espérantistes.
Publié par alice.cedric à 06:20:01 dans Carnet de route | Commentaires (0) | Permaliens